1. Accueil
  2. Actu
  3. Conso
  4. Coronavirus : comment les entreprises vont-elles rembourser leur prêt garanti par l'État ?
3 min de lecture

Coronavirus : comment les entreprises vont-elles rembourser leur prêt garanti par l'État ?

Confinement, fermetures, couvre-feu... Une majorité d'entreprises ont décidé de repousser d'un an la date butoir pour rembourser leur prêt garanti par l'État. Cela suffira-t-il ?

Prêt Garanti par l'État : le remboursement est-il supportable pour les PME ?
Prêt Garanti par l'État : le remboursement est-il supportable pour les PME ?
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
La majorité des entreprises veulent différer le remboursement des PGE
03:43
Comment les entreprises vont-elles rembourser leur prêt garanti par l'État ?
03:43
L'Eco and You - Martial You
Martial You
Journaliste

Plus de la moitié des entreprises qui ont reçu un Prêt Garanti par l'État (PGE) ont décidé de repousser d'un an le début de leurs remboursements. Au total, 670.000 entreprises françaises qui en ont bénéficié. Cela représente 136 milliards d'euros d'aides. On en rappelle le principe : c'est un prêt bancaire qui représente jusqu'à 3 mois de chiffre d'affaires maximum.

En moyenne, cela représente une enveloppe de 180.000 euros pour des PME. La banque prête l'argent et si l'entreprise ne peut pas rembourser, c'est l'État qui réglera 90% de la somme. Les banques ne prennent pas trop de risques sur ce financement et d'ailleurs, il y a eu très peu de refus : 2,8% des dossiers...

Elles avaient obtenu le droit de retarder le remboursement d'un an et elles actionnent cette option. Ce qui est assez logique tant qu'on enchaîne les restrictions, les fermetures et les confinements. Pour l'instant, la situation est un peu comme la ligne d'horizon, on a l'impression que la sortie s'éloigne à mesure qu'on s'en approche.

La moitié des entreprises ont mis de côté l'argent qu'elles ont touché

Martial You

Néanmoins, sans jouer à se faire peur, on voit que les pays comme ceux d'Asie ou les États-Unis sont en train de repartir grâce à la vaccination de masse. Ce qui est rassurant à ce stade avec les entreprises, c'est que la moitié d'entre elles ont mis de côté l'argent qu'elles ont touché. C'est donc vraiment un trésor de guerre, une somme Airbag en attendant de savoir comment l'économie va repartir.
 
Mais vont-elles rembourser un jour ? C'est toute la question ! On a en tête quelques grandes entreprises comme Fnac-Darty qui a annoncé avoir déjà remboursé l'intégralité de son prêt. Cela représente un PGE sur 10. En fait, les entreprises sont en train de faire avec l'État, ce que l'État fait avec sa dette. C'est l'arroseur arrosé version Bercy !

À lire aussi

À ce stade, l'État ne sait pas comment il va rembourser sa dette Covid à la Banque Centrale Européenne... Et, à ce stade, on évalue à 5 ou 10% des PGE qui pourraient ne jamais être remboursés, ça nous fait un trou de l'ordre de 10 milliards quand même ! Pour l'instant, ce prêt a été négocié avec l'Union Européenne et le calendrier n'est pas négociable. Tout doit être remboursé pour 2026 dernier carat : 5% des entreprises l'auront fait dans 2 ans, 9% d'ici 4 ans et le reste iront au bout du délais.

C'est comme un crédit revolving à l'ancienne !

Martial You

Ce n'est pas sans conséquence pour la trésorerie de ces entreprises, donc il y a une part de risque car les taux d'intérêts de 2,5% en moyenne ne sont pas très intéressants quand on regarde ce qui se pratique actuellement sur le marché. Et si les PME remboursent en 4 ans au lieu de 6, ça augmente mathématiquement leurs mensualités. C'est comme un crédit revolving à l'ancienne ! Cela peut donc accentuer les difficultés des entreprises qui ne repartiraient pas correctement après le confinement... ces fameuses sociétés zombie.
 
Tout cela veut dire qu'on va repousser l'échéance de ce prêt pour donner un peu plus de temps aux entreprises. On sent bien que c'est ce que le gouvernement va tenter de négocier auprès de Bruxelles dans les prochains mois. Étirer le calendrier. Si Bruxelles dit non, on pourra transformer ces prêts en fonds propres, c'est-à-dire une participation de l'État au capital de ces PME.

Un peu comme ce que vient de faire l'État avec Air France. Mais on voit bien que c'est une stratégie un peu perdante, ça voudrait dire que notre économie ne repart pas assez fortement pour faire redécoller nos entreprises.

Le plus : 4 nouveaux milliardaires français (Forbes)

Le plus emblématique de l'époque, c'est le marseillais Stéphane Bancel. Au total, 3 milliards et demi pour le patron de Moderna et son vaccin anti-covid. Mais on trouve aussi Olivier Pamel de Datablog qui surveille le cloud, François Feuillet, le patron de Trigano le leader des camping-cars et Yves-Loïc Martin des laboratoires Eurofins Scientifique. (Il y a aussi Kim Kardashian qui fait son entrée dans le club)

La note : 5/20 pour les indépendants

À leur corps défendant... Plus de la moitié des 3,6 millions d'indépendants qui travaillent dans ce pays ont vu leur rémunération baisser au cours des derniers mois (des chauffeurs VTC, des conseillers en communication ou dans l'événementiel, des acteurs du tourisme..) Un tiers d'entre eux gagne moins de 1.000 euros par mois.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/