2 min de lecture Société

Euthanasie : 2.000 amendements déjà déposés, Falorni dénonce une "obstruction"

Vendredi 2 avril, la proposition de loi créant un droit à l'euthanasie pour les personnes souffrant d'une pathologie incurable, rassemblait déjà 2.000 amendements.

Photo de l’Assemblée nationale prise à Paris le 17 décembre 2020.
Photo de l’Assemblée nationale prise à Paris le 17 décembre 2020. Crédit : THOMAS COEX / AFP
Venantia
Venantia Petillault et AFP

La proposition de loi controversée créant un droit à l'euthanasie pour les personnes souffrant d'une pathologie incurable, qui doit être débattue jeudi à l'Assemblée nationale, faisait déjà l'objet d'environ 2.000 amendements vendredi 2 avril au soir, une volonté "d'obstruction parlementaire" selon son auteur.

La date limite de dépôt des amendements sur ce texte est prévue samedi en fin d'après-midi, mais déjà un peu moins de 2.000 amendements ont été déposés en vue de la discussion dans l'hémicycle, a-t-on appris de sources parlementaires. Un tel nombre d'amendements devrait rendre impossible l'examen du texte instituant un "droit à une fin de vie libre et choisie" du député Olivier Falorni (groupe Libertés et Territoires), prévu dans le cadre de la niche parlementaire attribuée à ce groupe.

"Un quarteron de députés prétend par l'obstruction parlementaire empêcher l'Assemblée de débattre sur un sujet de société majeure", a dénoncé auprès de l'AFP M. Falorni, dont le texte a été adopté mercredi soir en commission. "C'est la démocratie parlementaire qui est mise en cause", a-t-il fustigé, visant "une poignée de députés LR" qui ont multiplié les amendements "copié-collé". "Cela va scandaliser des millions de Français qui espèrent que cette loi soit enfin votée". En commission des Affaires sociales, la proposition de loi n'avait fait l'objet que de 262 amendements.

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"Questions existentielles"

Le texte du député de Charente-Maritime veut apporter une nouvelle réponse au douloureux et sensible débat sur la fin de vie et l'euthanasie, cinq ans après la loi Claeys-Leonetti, qui autorise la sédation profonde et continue. En commission M. Falorni, un ancien socialiste, a reconnu que son texte abordait des "questions existentielles". Ouvrir un droit à "l'ultime liberté" de décider d'une mort médicalement assistée permettrait de répondre à une "hypocrisie" : laisser les personnes partir en "exil" en Belgique ou en Suisse pour y avoir recours, et fermer les yeux sur les "2.000 à 4.000" euthanasies clandestines pratiquées chaque année en France"parfois à l'insu des proches" des malades, selon lui.

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Le sujet divise tous les groupes parlementaires et suscite l'embarras du gouvernement mais plusieurs figures de la majorité ont apporté leur soutien à la proposition de M. Falorni, dont la présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet. Certains opposants estiment qu'un tel sujet ne peut être débattu dans le temps réduit d'une niche parlementaire quand d'autres sont radicalement hostiles à la mesure pour des principes philosophiques et religieux.

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