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Une image de femme endormie (réalisée par l'IA) illustrant une annonce publiée sur un site libertin
Crédit : RTL
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Un an après le procès des viols de Mazan, une telle affaire pourrait-elle se reproduire aujourd'hui ? Pour enquêter, RTL s'est fait passer pour Mathieu, un homme âgé de 63 ans, et a posté plusieurs annonces sur différents sites libertins proposant un rapport sexuel avec sa femme Christelle, 50 ans. À chaque fois accompagnées d'une photo d'une femme endormie, générée par intelligence artificielle.
La première annonce évoque un jeu d'endormissement. La seconde décrit "un couple qui propose une relation entre un homme et une femme. Je veux voir un homme coucher avec elle pendant qu'elle dort". Cette description est volontairement explicite, afin de voir si elle reste en ligne. Le constat est sans appel : en moins de 48 heures, une trentaine d'hommes ont répondu à l'annonce de RTL.
La plupart des profils ayant répondu sont anonymes, mais pour les hommes ayant donné plus de détails sur leur identité, les similitudes avec l'affaire des viols de Mazan sont frappantes : des hommes de tous âges, ici de 26 à 64 ans, des "monsieur tout le monde" dont l'un explique même à RTL être pompier. Un autre est responsable d'une boutique de vêtements, tandis qu'un autre évoque des déplacements réguliers à Paris pour le travail, et propose de fixer un rendez-vous à ce moment-là.
RTL a pu contacter plusieurs de ces hommes par téléphone. Lorsque l'un des hommes se voit poser la question "Tu as compris ce que j'attendais ?", il répond : "Oui, c'est clair. C'est vous qui décidez. C'est un fantasme." Quand il lui est rappelé que la femme sera endormie, il répond un simple "oui, ça marche", et assure que "non", ça ne le dérange pas, "c'est idéal". À la fin de l'appel, l'homme accepte d'être recontacté pour fixer un rendez-vous, et c'est même lui qui reprendra contact dans la journée.
Contacté par RTL, Arnaud Gallais, porte-parole de l'association M'endors pas, qui lutte contre la soumission chimique, dit n'être "malheureusement pas surpris" par les résultats de cette enquête, même s'il reconnaît que de telles réponses "en 48 heures, c'est assez fulgurant". Les réponses à la fausse annonce, tout comme l'affaire Pelicot, témoignent selon lui "du rapport qu'on entretient en société sur le corps des femmes".
Mais cette enquête révèle aussi "un sujet en matière de modération au niveau des plateformes", puisque l'annonce de RTL est restée en ligne malgré la description explicite de rapports non consentis. Selon Arnaud Gallais, il en va également de la "responsabilité des personnes qui répondent, et c'est là-dessus qu'il faut prendre le sujet de manière globale si on veut éradiquer ce type de phénomène".
Contacté par RTL, le ministère en charge du Numérique assure travailler en lien avec les forces de l'ordre et rappelle qu'il en est de la responsabilité de la plateforme et des utilisateurs de signaler ce type de contenus. Les hommes qui répondent à ces annonces peuvent être poursuivis en justice.
Pour rappel, selon le Code pénal, "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, ou tout acte bucco-génital ou bucco-anal commis sur la personne d'autrui ou sur la personne de l'auteur par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol", passible de 15 ans de réclusion criminelle.
Les résultats d'une enquête similaire avaient été diffusés il y a quelques jours sur une chaîne québécoise, lorsqu'un journaliste s'était demandé si une telle affaire pouvait se produire dans son pays. En 48 heures, plus de 100 hommes avaient répondu à son annonce, postée sur un site de fantasmes sexuels. Parmi tous ces hommes, seuls trois avaient cherché à savoir si la femme de l'annonce était consentante.
Sur les 3 annonces publiées sur des sites français, une seule a été supprimée à l'heure de publication de cet article
Dans l'affaire des viols de Mazan, Dominique Pelicot a écopé de 20 ans de réclusion pour avoir drogué sa femme Gisèle afin de la violer et de la livrer à des dizaines d'inconnus dans leur maison de Mazan (Vaucluse), entre 2011 et 2020. Au total, dans ce dossier, 51 hommes ont été condamnés définitivement, la plupart pour viols aggravés sur Gisèle Pelicot, alors que celle-ci était assommée de médicaments par son époux.
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