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Dominique Pelicot : un rapport accablant dévoile les ratés de la justice qui auraient pu éviter l'affaire des viols de Mazan

Un rapport de l’Inspection générale de la Justice, que RTL a pu consulter, dévoile qu'une pièce cruciale qui aurait pu confondre Dominique Pelicot n'a pas été examinée par les magistrats en 2010, soit avant le début des viols dits de Mazan. Le rapport explique toutefois qu'"un dysfonctionnement judiciaire" ne peut être établi "avec certitude".

Gisèle et Dominique Pelicot, lors du procès qui se tient à Avignon, le 17 septembre 2024

Crédit : Benoit PEYRUCQ / AFP

Ce rapport de l'Inspection générale de la Justice qui évoque Dominique Pelicot

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Sophie Neumayer & Fanny Rocher

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La justice française a-t-elle failli face à Dominique Pelicot ? Un rapport de l'Inspection générale de la Justice révélé par nos confrères du Parisien et que RTL a pu consulter, explique que le principal accusé et condamné dans l'affaire des viols de Mazan aurait pu être interpellé dès 2010. 

Le 13 juillet 2010, Dominique Pelicot est surpris alors qu'il filmait sous les jupes de femmes dans un supermarché de Collégien, en Seine-et-Marne, comme il l'a fait dix ans plus tard dans le Vaucluse. Interpellé et placé en garde à vue, son ADN a été prélevé. Un rapprochement est très vite réalisé par les services du Fichier des empreintes génétiques avec une autre affaire : une tentative de viol en 1999 à Villeparisis, également en Seine-et-Marne

Une lettre perdue ou jamais traitée

Dominique Pelicot aurait pu être arrêté à ce moment-là mais le rapprochement d'ADN n'a jamais été constaté par le tribunal de Meaux. Les premiers viols sur Gisèle Pelicot ont débuté en juillet 2011, soit un an après l'arrestation de Dominique Pelicot à Collégien. 

Ce rapprochement génétique a été envoyé par courrier, une lettre simple sans accusé de réception au parquet de Meaux, destinée à un magistrat qui venait de quitter la ville. Rien n'indique que la lettre a bien été reçue par la juridiction et rien ne permet non plus de savoir si elle a été traitée. 

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Ce n'est que quelques mois plus tard que l'envoi systématique en doublon au service enquêteur a été mis en place. Dans son rapport de 27 pages, l’Inspection générale de la Justice estime qu'"un dysfonctionnement judiciaire" ne peut être établi "avec certitude" mais émet plusieurs recommandations pour une meilleure réception et un meilleur traitement des courriers. 

À écouter

Les mémoires de Gisèle Pelicot

00:03:12

Depuis décembre 2025, une expérimentation a été mise en place, pour permettre la transmission de l’ensemble des rapports de rapprochement par voie numérique sécurisée. Une généralisation du dispositif à l'ensemble du pays est prévue dès février 2026.


Dominique Pelicot a été condamné en 2024 à 20 ans de réclusion pour avoir drogué sa femme Gisèle afin de la violer et de la livrer à des dizaines d'inconnus dans leur maison de Mazan, entre 2011 et 2020. Il est également mis en examen pour deux crimes sur lesquels enquête le pôle pôle cold cases de Nanterre : un viol suivi d'un meurtre à Paris en 1991 et cette tentative de viol à Villeparisis en 1999.

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