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ÉDITO - Présidentielle 2022 : la planification, stratégie économique d'Emmanuel Macron

Lors de la présentation de son programme ce jeudi, Emmanuel Macron a prononcé le mot "planification", pour transformer l’économie du pays sur plusieurs années.

Emmanuel Macron, le 16 mars 2022
Emmanuel Macron, le 16 mars 2022
Crédit : IAN LANGSDON / POOL / AFP
ÉDITO - Présidentielle 2022 : la planification, stratégie économique d'Emmanuel Macron
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ÉDITO - Présidentielle 2022 : la planification, stratégie économique d'Emmanuel Macron
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François Lenglet - édité par William Vuillez

Le candidat Emmanuel Macron a présenté son programme jeudi, c’était long et touffu, que peut-on retenir de cette intervention ? L’étatisme délibéré et revendiqué du candidat, qui contraste avec la philosophie économique du prétendant de 2017. Le promoteur de la start-up nation s’est envolé, au profit du thuriféraire de la puissance publique. Dans le monde projeté par le président-candidat jeudi, l’État s’occupe de tout, de la formation professionnelle jusqu’à encadrer la rémunération des dirigeants d’entreprises, de la fixation des prix de l’électricité jusqu’au financement des baignoires à porte pour les personnes âgées, du leasing des véhicules électriques jusqu’au développement des médicaments du futur. 

C’est l’État omnivore. Un mot incroyable dans sa bouche a même été prononcé : la planification. La planification c’est lorsque l’État établit un schéma, des directives, un plan pour transformer l’économie du pays sur plusieurs années. La France a été reconstruite ainsi après la guerre, lorsque l’État avait planifié le réseau de transports, d’énergie, de communications téléphoniques et, plus largement, l’aménagement du territoire, avec par exemple la création des villes nouvelles. 

Les hauts fonctionnaires faisaient les plans, les entreprises réalisaient sous leur contrôle. Cette politique a été abandonnée dans les années 1990, à l’époque où l’État s’est retiré de la régulation économique. On a alors laissé faire les entreprises. C’est à ce moment-là aussi que la mondialisation s’est accélérée, tout comme la construction du grand marché européen. Le marché et la concurrence ont alors remplacé la puissance publique.

Macron empiète sur l'extrême-gauche

Macron a évoqué cette planification à propos de la production d’énergie et de la transition énergétique qu’il faut, dit-il, "organiser par secteur et par territoire", en sous-entendant qu’il fallait justement un plan d’ensemble pour réussir cette opération qui touche à la fois aux technologies, aux usages des ménages et des entreprises, à la formation à de nouveaux métiers. Soulignons en passant que la planification écologique est le cœur du programme économique de Jean-Luc Mélenchon.
 
Macron vient braconner sur les terres de l’extrême-gauche parce que cette idée est en phase avec l’esprit des temps. Pendant nos deux crises, l’épidémie et la guerre russe, nous avons touché du doigt les limites du système de marché. Avec les pénuries, les ruptures d’approvisionnement, les désordres engendrés par les fluctuations des prix du pétrole et des matières premières. 

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Parce que la demande de souveraineté est désormais la pulsion politique principale, dans nos pays, et que pour la satisfaire, il n’y a guère que l’État. Parce que la transition écologique ressemble aux grands plans d’équipements de la reconstruction de la France après-guerre.

Une stratégie efficace ?

Il y a de brillants précédents à cette planification. La France des années 50 à 70, on l’a dit. Mais aussi le décollage économique du Japon, celui de la Chine, de Taiwan, qui procèdent tous d’un État fort et très investi dans l’industrie. À l’inverse, il y a aussi le plus gros ratage de l’histoire économique mondiale, la faillite de l’union soviétique russe, au XXe siècle. 

Vous vous souvenez de la formule de Jacques Lesourne : "La France est une union soviétique qui a réussi". C’était un peu vrai pour l’après-guerre. Reste une question : a-t-on encore, dans la haute fonction publique, les meilleurs esprits français pour conduire ces transformations, après des années de paupérisation et de bureaucratisation de la sphère publique ? Ambitieux pour le pays, pragmatiques comme leurs aînés ? Rien n’est moins sûr. 

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