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Crise des hôpitaux : "On n'a toujours pas été entendus", déplore un chef de service

INVITÉ RTL - Stéphane Dauger, chef du service de réanimation pédiatrique à l’hôpital Robert Debré de Paris, fait partie des médecins qui se disent prêts à quitter leurs fonctions. Il alerte sur un manque de moyens criant et déplore le manque d'écoute du gouvernement.

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Crise des hôpitaux : "Nous n'avons pas été beaucoup entendus" déplore un chef de service Crédit Image : Philippe HUGUEN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Yves Calvi édité par Quentin Marchal

Taper du poing sur la table pour mieux se faire entendre. Plus de 1.000 médecins, dont 600 chefs de service, menacent de démissionner de leurs fonctions administratives ce mardi 14 janvier pour dénoncer le manque de moyens des hôpitaux en France. Stéphane Dauger, chef du service de réanimation pédiatrique à l’hôpital Robert Debré de Paris, fait partie de ceux qui se disent prêt à quitter leurs fonctions.

Malgré ce mouvement contestataire, il rappelle que "l'une des particularités de (sa) profession est, évidemment, de refuser une mise en otage des patients", mais il estime que, lors de cette crise des hôpitaux qui dure depuis plusieurs mois, "nous avons été un peu entendus mais pas beaucoup". Face au malaise des soignants, le gouvernement a commencé à apporter quelques réponses et notamment le plan d'urgence de novembre dernier qui est doté de près d'un milliard et demi d'euros sur trois ans. 

Toutefois, Stéphane Dauger regrette que "cela ne soit pas à la hauteur des revendications que nous avons formulées depuis le début, avec des calculs faits par les médecins mais aussi des économistes de la santé". "Il faut augmenter le financement global de la sécurité sociale et surtout de l'hôpital public pour éviter d'être endetté dès les mois de l'année suivante". 

Des menaces bientôt mises à exécution

Stéphane Dauger estime qu'il faut faire très attention car "on n'est pas les seuls et cela fait plusieurs mois, voire quelques années que de nombreux médecins, toutes activités confondues, crient et lancent des signaux d'alerte importants". Si ce malaise persiste, "nous ne serons plus en mesure de soigner correctement notre population " alerte-t-il en estimant même que "nous y sommes déjà". 

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Pour y remédier, le gouvernement et certains économistes de la santé estiment que c'est d'abord une question d'organisation avant d'être une question de moyens. Ce chef de service de réanimation pédiatrique souligne néanmoins que les hôpitaux français ont "fait d'énormes efforts depuis 10 ans et il y en a sans doute encore à faire puisque nous voulons toujours nous fonder sur la qualité et les besoins de la population". 

Il compare toutefois le système français avec ses voisins européens et pense que par rapport aux autres pays qui ont le même niveau économique, "ce n'est pas possible d'être à ce niveau de salaire pour les personnels". Augmenter les rémunérations, c'est la première chose à faire selon lui.

Cette menace de démission qui concerne plus de 1.000 médecins, "n'est pas symbolique" car "on n'a toujours pas été entendus et reçus par le gouvernement, de manière cohérente et constructive". Les médecins et chefs de service concernés arrêteront donc leur fonctions administratives "si dans les jours qui viennent, la ministre ne nous reçoit pas". "C'est très clair" conclut-il.

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