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Coronavirus : "On a choisi la santé contre l'économie", assure François Lenglet

ÉDITO - Pour protéger la santé, les états ont pris le risque de tuer l'économie. La récession devrait être bien plus forte qu'en 2009 et ce sont les états qui compensent pour éviter les faillites en chaîne avec des mesures de soutien. Ils sont en quelque sort les gestes barrières de l'économie.

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Coronavirus : "On a choisi la santé contre l'économie", assure François Lenglet Crédit Image : Gerd Altmann / Pixabay | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Sarah Ugolini

Les gouvernements projettent de gigantesques plans de soutien à l'économie. Ce n'est pas une pluie de milliards, mais de centaines de milliards qui vont être injectés dans l'économie française. En France, 300 milliards de garanties bancaires sont prévues pour les entreprises, et 45 milliards d'euros pour le soutien à l'économie

En Espagne, c'est 100 milliards de garanties et 100 milliards de relance. Au Royaume-Uni, 350 milliards de garanties sont prévus, en Allemagne ce sont 400 milliards et ce sont plus de 1.000 milliards qui ont été annoncés ce mardi 17 mars au soir. 200 milliards ont été ajoutés dans la soirée, par rapport aux 800 milliards prévus dans l'après-midi. Le président des États-Unis Donald Trump réfléchit à envoyer un chèque de 1.000 dollars à chaque Américain.

Au total, ce sont 2.500 milliards d'euros qui ont été promis, soit en garanties de prêts, soit en actions de soutien à l'économie sur ces seules dernières 48 heures. Si vous comptez un euro toutes les secondes, pour obtenir 2.500 milliards, il aurait fallu commencer à compter il y a 77.500 ans, quand il y avait encore des hommes de Néandertal. Tout cet argent mis sur la table ne sera quand même pas dépensé. Les garanties bancaires offertes par l'État ne seront par exemple pas encore intégralement décaissées

La récession devrait être bien plus forte qu'en 2009

Il s'agit de frapper fort por compenser l'épidémie. En réalité, il a fallu que les gouvernements choisissent de, soit prendre des mesures drastiques pour protéger la santé des citoyens, avec le confinement notamment, au risque de tuer la croissance, soit préserver l'économie, sans confinement, au risque que le virus ne tue davantage de malades. En fait, on a choisi la santé contre l'économie, et tant mieux. Mais du coup, la récession devrait être bien plus forte qu'en 2009 et ce sont les États qui compensent pour éviter les faillites en chaîne avec les mesures de soutien. Ils sont en quelque sort les gestes barrières de l'économie. 

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Mais pour financer ces mesures, il faudra bien sûr passer par la dette, car tous les pays dont je vous ai parlé n'ont ni excédent, ni réserves, à part l'Allemagne. Ces pays sont déjà endettés aux alentours de 100% du PIB. Ce sont très certainement les banques centrales qui vont financer ces actions exceptionnelles en prêtant elles-mêmes aux États.

Qui va sauver les banques centrales après l'épidémie ?

Privilège des banques centrales, elles impriment elles-mêmes des billets, alors autant qu'elles veulent, même s'il ne s'agit pas de déstabiliser l'économie avec trop de monnaie. Le risque serait de provoquer un risque d'inflation, voire d'hyper-inflation. Pourtant cette fois-ci, elles vont y aller à fond. Si je résume, les états vont sauver les entreprises en payant leurs dettes à leur place pour éviter la faillite. Les banques centrales vont elles sauver les états, en payant leur dette à leur place, pour leur éviter la faillite. Mais qui va sauver les banques centrales le jour où elles risqueront la faillite à cause de l'excès de dette ? Cela sera la question de l'après-épidémie.  

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