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La dette se creuse mais ce n'est plus un problème

ÉDITO - La Cour des comptes a publié un rapport au vitriol sur la gestion des finances publiques. Mais le financement de la dette n'est plus un problème, du moins à court terme.

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La dette se creuse, mais ce n'est pas un problème Crédit Image : LCHAM/SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Nicolas Scheffer

La Cour des comptes a publié mardi 25 février son rapport annuel qui est sévère pour le gouvernement. Les magistrats ont délivré leur bulletin de note sur la gestion de l'argent public par l'exécutif. Ils pointent : "Le redressement des finances publiques, déjà très graduel au cours des dernières années, est aujourd'hui quasiment à l'arrêt".

La Cour reproche au gouvernement de ne pas avoir assez profité de la conjoncture pour réduire le déficit et d'avoir privilégié les baisses d'impôt. Avec un déficit de 2,2 % du PIB en 2020 soit une soixantaine de milliards d'euros, nous sommes dans les toutes dernières places du classement européen. La moyenne des pays de l'Union est à 0,8 % de PIB de déficit.

Mais il n'y aura aucune conséquence de ce rapport. Seuls quelques experts lisent cette admonestation. Le sujet, ce n'est pas le déficit, qui n'intéresse plus personne, même pas les marchés financiers. En 2012, la France a perdu sa notation AAA, à cause des finances publiques, la dette inquiétait. Mais aujourd'hui, cette dette est encore plus importante qu'à l'époque mais tout le monde s'en fiche. 

La BCE finance désormais la dette

Tout a changé parce que la Banque centrale européenne est intervenue à l'été 2012 pour calmer la crise financière qui menaçait de faire sauter l'euro. En baissant les taux d'intérêt, les États ont pu se financer à bon compte. Mais surtout, en achetant elle-même les obligations d'État de la zone euro : ce qui faisait peur, c'est qu'il n'y ait plus d'investisseurs pour acheter de la dette française qui puisse financer le déficit. Nous aurions alors fait faillite. Aujourd'hui, la BCE apparaît comme un acheteur inconditionnel, qui avale les obligations. Mardi 25 février, le taux auquel la France emprunte à 10 ans était de moins de 0,25 %, un taux négatif

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Mais faut-il arrêter de s'inquiéter ? Probablement à court terme car ce régime des taux bas est désormais mondial. Aux États-Unis, par exemple, le déficit va être supérieur à 1.000 milliards de dollars, alors que la croissance est meilleure que chez nous. Si elle devait juger les comptes de Donald Trump, la Cour des comptes serait écarlate. 

La croissance n'a pas été utilisée pour réduire le déficit

Le gouvernement n'a, toutefois, pas profité de la situation exceptionnelle pour assainir les comptes. C'est une maladie bien française, nous étions dans la même posture au tournant des années 2000, lors de la dernière période de forte croissance. À la différence que la crise sociale de l'hiver dernier l'a obligé à redistribuer davantage. C'est un curieux ménage que celui des gilets jaunes et de la Banque centrale européenne, qui se sont associés pour creuser le déficit français.

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