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Coronavirus : Macron doit "écouter les gens qui sont sur le terrain", dit un médecin

INVITÉ RTL - Le docteur François Salachas appelle Emmanuel Macron à écouter les "gens qui sont sur le terrain" et demande plus de "personnel soignant."

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Coronavirus : "Il faut absolument qu'on ait du personnel soignant", déplore un médecin Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Yves Calvi Journaliste RTL

Le docteur François Salachas avait interpellé le président Macron lors d'une visite à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière le 27 février. "On est au bout", disait-il à l'époque. 15 jours après, alors que l'épidémie s'étend : "Je crois que les choses n'ont pas beaucoup changé en terme de forces en présence à l'hôpital. Actuellement, on est sur des techniques de redéploiement, de faire de la place pour se préparer à l'onde de choc qui arrive. Mais ce qu'on a demandé, c'est-à-dire du personnel, qui revienne dans les jours ou dans les semaines à l'hôpital, pour l'instant, rien n'a été fait pour que ce soit possible."

"Or, on va être confronté à une épidémie très probablement de grande ampleur avec des patients graves, avec des patients qui vont être en réanimation, donc on essaye de s'organiser dans le cadre de ce qu'on appelle un plan blanc pour être en mesure d'accueillir ces patients. Ce qu'il faut comprendre, c'est que des lits, on en a d'une certaine façon, ce qu'on n'a pas c'est du personnel pour s'occuper des patients. Il faut donc les faire revenir en urgence à l'hôpital. C'est un ordre de mobilisation générale."

Il faut sécuriser le personnel qui va accepter de venir travailler à l'hôpital parce que ça comporte des risques.

Docteur François Salachas
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Mais du personnel hospitalier, ça ne s'invente pas comme ça du jour au lendemain. "Je pense qu'on peut les trouver au sens où il y a une réserve, mais il faut les motiver pour revenir dans les jours ou les semaines qui viennent à l'hôpital. Ce qui suppose, d'une part, une revalorisation des salaires, et surtout de leur promettre une chose très simple : vous n'aurez pas à vous occuper de plus de six ou huit patients. C'est-à-dire que vous ne revenez pas dans des conditions de travail absolument impossibles, vous aurez le temps de vous habiller, de vous protéger vous-même. Il faut sécuriser le personnel qui va accepter de venir travailler à l'hôpital parce que ça comporte des risques."

Mais si ça ne se fait pas en temps normal, comment cela peut-il se faire en temps de crise épidémique ? "Il paraît que le peuple français sait se mobiliser quand il y a des crises. Là on est dans une situation quasiment de taxis de la Marne pour vous donner une image. Et les taxis de la Marne, ça ne va pas suffire. Il faut que les gouvernants, Emmanuel Macron, prennent la mesure de ce qu'il se passe actuellement."

Ce que j'aimerais, c'est que notre président ait l'intelligence d'écouter les gens qui sont sur le terrain.

Docteur François Salachas
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Pour ce médecin, à l'hôpital, "nous, on n'a absolument rien vu venir qui va être opérationnel dans les jours et dans les semaines qui viennent. L'échelle de temps maintenant on la connaît. L'épidémie on va la prendre, c'est sûr. La vague, elle va être plus ou moins haute. On est dans une situation où, je ne sais pas si vous vous rappelez du tsunami, cette mère a pu être sauvée parce que son enfant de 10 ans lui a dit 'Maman, il va y avoir un tsunami', et elle l'a écouté. Elle a eu l'intelligence de l'écouter. Et là, moi, ce que j'aimerai, c'est que notre président ait l'intelligence d'écouter les gens qui sont sur le terrain actuellement et pas des conseillers qui lui disent ce qu'il veut entendre."

Concrètement, "ça veut dire que les lits d'hospitalisation nécessaires pour accueillir ces patients doivent être en nombre suffisants et qu'il faut se débrouiller comme on veut mais il faut absolument qu'on ait du personnel soignant."

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