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Coronavirus : comment les pompiers font face à la pandémie

REPORTAGE - En Île-de-France, les pompiers sont en première ligne face au coronavirus. Les deux tiers de leurs interventions concernent désormais des suspicions de Covid 19.

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Coronavirus : les pompiers en première ligne Crédit Image : Nicolas Burnens | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Nicolas Burnens édité par Camille Sarazin

Alors que l’Ile-de-France est désormais la région la plus touchée par l'épidémie de coronavirus, les sapeurs-pompiers sont de plus en plus sollicités, en première ligne, face au coronavirus. En Seine-et-Marne, le quotidien des pompiers de la caserne de Lognes a bien changé, loin de leurs missions traditionnelles. 

Sur l’autoroute, gyrophares allumés, l’une des trois ambulances du centre de secours, fonce sur une intervention. "On part pour une femme de 51 ans, en détresse respiratoire, avec antécédent d’asthme. Il y a une suspicion de Covid", explique un secouriste. 

Le véhicule s’arrête au pied d’un pavillon. Là, les pompiers s’équipent : combinaison complète, sur-chaussures, masque et lunette de protection. Puis, ils montent au deuxième étage de la maison. Une femme, est assise sur un lit, la bouche ouverte, le souffle coupé

À côté de la victime, sa fille, est perdue et paniquée. "Je voyais qu’elle n’était pas bien du tout, elle a eu du mal à respirer, je sais qu'elle est asthmatique", raconte-t-elle. "Je sais qu'il y a le Covid qui traîne donc j'ai dit là il faut vraiment appeler les pompiers."

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Les secouristes font un bilan médical, prennent la température et la tension. Franck, le chef d’équipage, intervient avec beaucoup de précaution. "On a commencé par isoler la famille, ils peuvent être porteurs aussi, comme ça on évite les regroupements de personnes dans un espace restreint. On lui a appliqué un masque sur le visage pour éviter tout ce qui est projections de postillons sur nous. On évite de toucher à tout, on reste très pragmatique", détaille le professionnel. 

La femme, qui présente les symptômes du Covid-19, va être emmenée au centre hospitalier. Elle est transportée, à la seule force des bras, dans les escaliers. Le lieutenant Jérémy Lerch sait qu’il faut faire vite. "On s’aperçoit que les victimes qui sont atteintes du coronavirus peuvent très rapidement se dégrader au niveau de la détresse respiratoire, au lieu de faire venir un médecin peut-être qu'on gagnera du temps à transporter directement la victime au centre hospitalier auprès de la régulation du SAMU", explique-t-il. 

Transportée à l’hôpital de Jossigny, la victime est soigneusement allongée sur un brancard. Elle disparaît, sous une grande tente blanche de triage, afin d’être prise en charge par les urgences. 

Deux interventions sur trois liées au Covid-19

Ce type d'intervention est maintenant le quotidien des pompiers. Avec le confinement, fini les accidents de la route et les incendies. Désormais, deux interventions sur trois sont liées au Covid-19. 

"On est en effet habitués à faire face à une crise, mais souvent pour nous l'ennemi est palpable. Lorsque vous allez sur un tremblement de terre, c'est visible, vous connaissez les zones de dangerosité. Lorsque vous allez sur des feux de forêt, c'est la même chose", explique le commandant Alexandre Jouassard, porte-parole des pompiers de Seine-et-Marne. "Là l'ennemi est invisible, il faut faire très attention à la décontamination. Tout ce qu'on met en place aujourd'hui a un impact dans dix jours, quinze jours, et on doit continuer à garder le même sérieux pour pouvoir durer dans le temps."

Les véhicules d’intervention, les espaces communs, la cantine, la salle de jeux, sont régulièrement désinfectés, les hommes ne mangent jamais l’un en face de l’autre et effectuent, seuls, leur séance de sport.

Des pompiers contaminés à leur tour

Mais sur les 150 pompiers professionnels et volontaires que comptent la caserne, certains ont été touchés par la maladie. C’est le cas de Franck, cheveux courts, mâchoire carrée, ce pompier professionnel de 37 ans vient de reprendre le travail, après deux semaines d’arrêt. 

Lors d’une mission, quelques minutes de relâchement lui ont suffi pour être infecté. "Quand j’arrive sur intervention, la personne qui m'ouvre la porte présente une douleur au niveau du thorax mais également une grosse difficulté respiratoire", raconte-t-il. "J'ai retiré la capuche et les lunettes de protection, je pense que c’est là que je l’ai attrapé."

Aujourd’hui, ce père de deux enfants a parfois encore de la peine à reprendre son souffle, porte un masque pour protéger ses proches. "Cette maladie, c’est très fatigant. Une grosse douleur au niveau de la poitrine, des poumons", détaille-t-il. "Et psychologiquement, je me dis si je reviens chez moi et que je transmets le virus... potentiellement ça peut se finir en tragédie et je serais vraiment pas bien."

Comme Franck, plusieurs pompiers de la caserne, ont donc décidé de vivre, seul, à l’écart de leur femme et de leurs enfants, le temps que durera le confinement.

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