3 min de lecture Confinement

Confinement : au Panama, hommes et femmes ne peuvent pas sortir le même jour

Cette mesure inquiète les personnes transgenres qui craignent les arrestations.

Une vue de Panama
Une vue de Panama Crédit : AFP
Chloé
Chloé Richard-Le Bris et AFP

Une moitié de la semaine, seuls les hommes peuvent sortir faire des courses. L'autre, c'est au tour des femmes. Une mesure qui vient d’être mise en place au Panama pour combattre la pandémie de coronavirus.

La décision, prise lundi, est entrée en vigueur mercredi dans ce pays d'Amérique centrale qui compte 1.317 cas officiellement recensés de coronavirus, dont 32 décès. Jusqu'à présent, le Panama avait fermé ses frontières, suspendu les classes, interdit l'entrée aux étrangers et mis en place un confinement obligatoire, avec des sorties limitées à deux heures par jour pour les achats essentiels.

Désormais, les hommes sont autorisés à quitter leur domicile pour se rendre au supermarché ou à la pharmacie le mardi, le jeudi et le samedi, tandis que les femmes peuvent le faire le lundi, le mercredi et le vendredi. Et le dimanche, personne ne sort, sans exception. "Ce confinement total n'a qu'un objectif : sauver des vies", a déclaré le ministre de l'Intérieur Juan Pino, lors d'une conférence de presse.

À l'image d'autres pays, les autorités panaméennes dénoncent le non-respect des mesures de confinement prises par les autorités depuis le 24 mars dans ce pays d'un peu plus de quatre millions d'habitants. Le gouvernement a donc décidé de les renforcer. Le "mécanisme le plus simple" à mettre en place pour réduire le nombre de personnes dans la rue était donc "d'attribuer certains jours pour circuler aux femmes et certains jours pour circuler aux hommes", a expliqué Juan Pino. Les sorties sont limitées à deux heures.

Ma plus grande peur, évidemment, c'est les policiers qui ne sont pas formés, ni sensibilisés à ce sujet

Ali, 25 ans, transgenre
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Ces décisions font croître la crainte des arrestations pour les personnes transgenres. Ali, un illustrateur de 25 ans travaillant comme tatoueur, est une personne transgenre. Mais sa carte d'identité est celle d'une femme. "Ma plus grande peur, évidemment, c'est les policiers qui ne sont pas formés, ni sensibilisés à ce sujet et je ne sais pas quelle attitude ils vont adopter avec moi".

L'Association des hommes et femmes neufs du Panama (AHMNP), qui défend les droits de la communauté LGBT+, dénonce "l'effroi" provoqué par cette mesure. "Il y a encore des patrouilles de police qui utilisent l'argument selon lequel Dieu a seulement créé Adam et Eve (...) Alors, que fait une personne transgenre dans cette situation ?", interroge Ricardo Beteta. Ces jours-ci, les barrages de police et les contrôles se sont multipliés dans les rues de la capitale panaméenne. Des vigiles contrôlent aussi l'identité des clients à l'entrée des supermarchés.

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