2 min de lecture langue française

Con comme la Lune ? Mais pourquoi elle ?

Les expressions françaises sont des délices d’inventivité et d’humour. Muriel Gilbert revient sur d’étonnantes comparaisons.

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Con comme la Lune ? Mais pourquoi elle ? Crédit Image : BAY ISMOYO / AFP | Crédit Média : RTL / Muriel Gilbert | Durée : | Date : La page de l'émission
Muriel Gilbert
Muriel Gilbert édité par Louis Rigaudière

Vous savez, amis des mots, que j’adore les expressions. Elles sont pour moi les bonbons suprêmes de la langue, de véritables délices de drôlerie et d’expressivité – au point que j’ai commis moi-même deux livres sur les expressions de tous les pays, Quand le pou éternuera et Que votre moustache pousse comme la broussaille ! (éd. Ateliers Henry Dougier)

Ce sont des expressions qui existent, ça ? Eh oui ! "Quand le pou éternuera" veut dire "Quand les poules auront des dents" en Ukraine, et "Que votre moustache pousse comme la broussaille", c’est "A vos souhaits" en Mongolie ! Mais la langue française ne manque pas de fantaisie, elle non plus. Catherine Guennec et Jean-Jacques Delattre viennent de publier chez First un petit livre génial qui s’appelle Con comme la Lune – et 99 autres comparaisons (vraiment) inattendues. J’adore !

C’est vrai, c’est bizarre, pourquoi "comme la Lune", la pauvre ? D’après les auteurs, "la Lune évoque un visage rond, sans expression, associé à la balourdise, voire au dérangement mental" et la pleine lune rappelle "en argot le postérieur, une partie du corps mal considérée, comme les pieds, opposée à la tête, siège de l’intelligence". Mais l’astre nocturne n’est pas le seul à faire les frais des expressions populaires. 

De multiples "con-paraison"

On dit aussi "con comme un manche", "comme un balai", bien sûr, et les deux auteurs répertorient des "con-paraisons" plus rares : "con comme un adjoint, comme un bocal, con comme un petit coin sans i" - celle-là, elle est quasiment littéraire, je l’adopte ! Evidemment, le livre fourmille d’autres comparaisons délirantes. Pourquoi dit-on "frais comme un gardon" ? Frédéric Dard disait "frais comme un nez de chien". Pour les fans de bêtes à truffe comme moi, c’est une perle. Il y a aussi "moche comme un pou".

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Là, on comprend l’idée : un pou, c’est pas ce qu’il y a de plus glamour, mais je préfère l’invention d’Eric-Emmanuel Schmitt qui écrit "moche comme une machine à laver qui vous lâche quand vous en avez besoin" (spéciale dédicace à mon éditeur, celle-là, Grégory Martin, c’est pour vous).

Une aubaine pour les créatifs

Mais tenez, pourquoi dit-on "beau comme un camion" ? Au féminin, j’ai découvert "belle comme une tractopelle". Et puis il y a les créations, toujours poétiques, celle de Paul Morand "belle comme la femme d’un autre", et celle d’Alain Bashung "belle comme un pétard qu’attend plus qu’une allumette".

Vous voyez, les expressions, c’est étrange, à la fois il ne faut pas se tromper quand on les utilise (on dit "bête comme ses pieds", pas "imbécile comme ses pieds")… mais en même temps, si on a envie d’être créatif, on peut sans cesse en inventer de nouvelles. Finalement, vous savez quoi ? C’est simple comme bonjour. En somme, c’est bête comme chou !

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