2 min de lecture Orthographe

New York, New-Yorkais : les subtilités du trait d'union

Ce samedi, Muriel Gilbert fait le point sur un trait. On ne sait jamais quand il en faut ou non : c’est le trait d’union.

Un bonbon sur la langue - Un bonbon sur la langue Muriel Gilbert iTunes RSS
>
New York, New-Yorkais : les subtilités du trait d'union Crédit Image : iStock / Getty Images Plus | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Muriel Gilbert
Muriel Gilbert édité par Florian Soenen

Il porte un joli nom, le trait d’union. C’est un "signe graphique en forme de petit tiret, nous explique Larousse.fr, que l’on met notamment entre les éléments de certains mots composés [tire-fesses, passe-muraille, presse-citron…] ou entre le verbe et un pronom postposé [suis-moi, écoute-la, tais-toi…]". Il existe dans les textes français depuis le XVIe siècle.

Le problème, c’est qu’on a souvent envie d’en mettre là où il n’en faut pas… Et parfois, on oublie d’en mettre là où il en faut. La dernière réforme de l’orthographe, celle de 1990, propose de souder quantité de mots composés, comme millefeuille, bienaimé, sagefemme, tirebouchon, fairepart, etc. C’est optionnel puisque, je le rappelle, cette réforme n’impose rien. 

Pour certains mots, personnellement, j’adopte : minijupe, par exemple, ça me va bien en un mot, c’est plus court, comme une minijupe, quoi ! Mais pour d’autres, j’ai plus de mal à m’y faire : croquemonsieur, chauvesouris ou boutentrain en un seul mot, ça me donne de l’urticaire. La bonne nouvelle, c’est que les deux graphies sont possibles. Donc, amis des mots, on fait ce qu’on veut.

Des traits en trop

En revanche, je corrige souvent des traits d’union qui ont été ajoutés là où il n’en faut pas.
Je crois que les deux que je corrige le plus souvent portent sur Moyen Age et New York. Rien à voir, mais c’est comme ça ! Moyen Age s’écrit donc bien en deux mots, sans trait d’union, de même que New York. En revanche, et c’est sans doute ce qui cause l’erreur dans ce dernier cas, New-Yorkais prend un trait d’union. Pourquoi ? New York est le nom américain d’une ville américaine, on ne le francise pas, on l’écrit comme le font les Américains. New-Yorkais, en revanche, c’est du français. Et on peut "trait-d’unioniser".

À lire aussi
La Lune vue le 17 juillet 2019 depuis Jakarta, en Indonésie langue française
Con comme la Lune ? Mais pourquoi elle ?

D’autres pièges à éviter : on écrit "chez moi" en deux mots, sans trait d’union, mais "mon chez-moi" avec un trait d’union, parce que alors on parle d’un "chez-soi", on a transformé ces deux mots en un nom commun. C’est la même chose pour déjà-vu ou jamais-vu. "Je n’ai jamais vu ça" ou "il en a déjà vu", pas de trait d’union avant vu, mais "c’est du déjà-vu", "c’est du jamais-vu", les deux éléments forment un nom commun, et cette transformation est matérialisée bien commodément par un trait d’union, qui les "unit", comme son nom l’indique.

Autre erreur fréquente : "ici même" s’écrit sans trait d’union. Même n’est précédé d’un trait d’union que lorsqu’il renforce un pronom personnel (moi-même, toi-même, lui-même). Autrement, souvenez-vous : "Même, même pas de trait d’union !".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Orthographe Mots langue française
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants