3 min de lecture Épidémie

Virus en Chine : qu’est-ce qu’un coronavirus ?

ÉCLAIRAGE - Alors que l'épidémie a fait 17 morts, l'OMS se donne encore 24 heures pour décider si "l'urgence de santé publique de portée internationale" doit être déclenchée, redoutant que le coronavirus découvert en Chine ne se propage dans le monde.

Le coronavirus vu au microscope (illustration).
Le coronavirus vu au microscope (illustration). Crédit : HO / BRITISH HEALTH PROTECTION AGENCY / AFP
Florise Vaubien
Florise Vaubien Journaliste

Une "urgence de santé publique de portée internationale" ? C’est la question au centre des débats tenus lors d’une réunion exceptionnelle de l’Organisation Internationale de la Santé (OMS), mercredi 22 janvier. Et pour cause : 17 personnes sont mortes sur les 440 personnes infectées par le 2019nCov, un coronavirus dont la force de propagation est particulièrement redoutée par les autorités sanitaires. D’autant plus qu’aucun vaccin n’est au point et que l’ombre d’une menace mondiale plane après la découverte d'un premier cas aux États-Unis.

Pour l'heure, des mesures de sécurité s'appliquent dans le monde entier : alors que la Chine vient d'annuler les festivités du Nouvel An chinois, prévu le 25 janvier, la Cité interdite, le monument historique le plus célèbre du pays, vient de fermer ses portes. Les autorités chinoises ont également décidé de mettre en quarantaine la ville de Wuhan, qui semble être au centre de cette épidémie et celle de Huanggang, deux villes qui concentrent entre 17 et 18 millions d'habitants. Par ailleurs, les voyageurs en provenance de Chine sont désormais soumis aux caméras thermiques à leur arrivée à l’aéroport de Dubaï, ont annoncé les autorités jeudi 23 janvier. Des méthodes similaires sont appliquées par plusieurs aéroports internationaux notamment aux Etats-Unis, en Russie, en Australie, au Népal, à Singapour, en Malaisie, au Vietnam, au Bangladesh, en Inde et en Thaïlande.

L’OMS attend encore 24 heures, a-t-elle décidé lors de cette réunion de crise sanitaire. Un délai supplémentaire pour savoir si oui ou non l’alarme doit être déclenchée, et pas n’importe laquelle. D’après le site de l’organisation, ce type d’alerte intervient lorsqu’un "événement extraordinaire (...) constitue un risque pour la santé publique dans d’autres États en raison du risque de propagation internationale de maladies et qu’il peut requérir une action internationale coordonnée". Ce n'est pas la première fois qu'un coronavirus laisse craindre une épidémie mondiale. Explications. 

Qu'est-ce qu'un coronavirus ?

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Un coronavirus est une famille composée d’un grand nombre de virus. Selon le Centre américain de prévention et de contrôle des maladies (CDC), chez l’homme, les coronavirus les plus bénins entraînent de simples symptômes grippaux : écoulement nasal, maux de crâne, toux, irritation de la gorge et fièvre. 

D’autres, plus fatales comme le SRAS-CoV (Syndrome respiratoire aigu sévère), peuvent causer de graves épidémies, rapporte BFM TV. En 2003, il avait fait 774 morts dans le monde, selon le bilan dressé par l’OMS. En six mois, le virus avait touché une trentaine de pays et infecté près de 10.000 personnes. Un autre coronavirus, le Mers-CoV, dont le taux de mortalité s’élevait à 35%, avait lui aussi causé un lourd bilan : 813 morts et 2.100 personnes infectées depuis 2012, notamment au Moyen-Orient.

Comment se transmettent-ils ?

Les coronavirus se transmettent "par voie aérienne, par contact direct avec des sécrétions ou par l’intermédiaire d’un objet contaminé." précise l’Institut Pasteur de Lille. Dans le cas du Sras et du MERS-CoV, les animaux ont joué un rôle dans la propagation, notamment la chauve-souris. D’après le Huffington Post, cela expliquerait pourquoi le marché de Wuhan en Chine, où des milliers d’animaux sont vendus chaque jour, pourrait être l’épicentre du virus.

À la sortie de la réunion, mercredi 22 janvier,  l'OMS a assuré vouloir prendre "dûment en compte les preuves disponibles" alors qu’une équipe continuait d'enquêter à Wuhan (Chine). L'organisation a rappelé la difficulté de prendre "une décision ferme", indiquant "manquer d’informations", notamment sur le nombre précis de victimes et sur le mode de transmission. 

En 2002, l'organisation de santé publique avait vivement critiqué la Chine pour avoir dissimulé les premiers cas. "La première erreur a été de dissimuler l’existence même du coronavirus, puis l’ampleur de la contamination en Chine même, en niant la dangerosité, puis de retarder les mesures de prophylaxie qui ont entraîné une diffusion plus grande du virus y compris à l’étranger.", avait déploré chez France Inter l'historien François Godement, conseiller pour l'Asie à l'Institut Montaigne

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