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Troubles dépressifs : pourquoi une IRM du cerveau peut parfois être prescrite

PODCAST - Dans le dernier épisode de "Symptômes", la psychiatre Clara Brichant raconte comment une patiente, initialement venue pour des troubles dépressifs, a fini par être diagnostiquée d'une toute autre pathologie grâce à une IRM du cerveau.

Symptomes
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Crédit : RTL Originals
20. Dépression : une patiente aux symptômes atypiques
00:29:01
Éléonore Merlin & Jeanne Rouxel

Dans le dernier épisode de "Symptômes", la psychiatre Clara Brichant raconte le cas d'une patiente qui a particulièrement marqué sa démarche médicale et sa carrière : celui d'une jeune femme, adressée par sa médecin généraliste, pour cause d'un absentéisme régulier au travail. C’est le patron de la patiente, qui a donné l’alerte, alors que cette employée d'une trentaine d'années n'avait jamais fait parler d'elle et refuse désomais de fournir des justifications à ses absences.

Durant les consultations, la psychiatre, alors toute jeune médecin, est déconcertée par l’attitude passive et par les changements d’humeur soudains de sa patiente. "Les dépressions peuvent être inaugurales d'un trouble bipolaire de l'humeur, ce qui est le cas dans la moitié des cas", explique la docteure.

Face à ces symptômes, la psychiatre lui prescrit deux traitements, d'abord des antidépresseurs puis des régulateurs d’humeur. En vain. "La symptomatologie ne bouge pas du tout. Ce qui, là encore, me décontenance puisque ça s'avère efficace sur certains symptômes", déplore la médecin. Généralement, les traitements pour la dépression qui combinent thérapie et antidépresseurs fonctionnent dans 70% des cas. 

On peut se perdre dans des explications psychologiques face à des situations et des tableaux qu'on rencontre, alors qu'effectivement, on peut aussi avoir une réalité neurobiologique

Les doutes de la psychiatre l’amènent sur une autre piste, cette fois-ci, somatique. Clara Brichant contacte alors la médecin généraliste qui lui a adressé cette patiente pour lui faire part de son intuition et de la nécessité de réaliser une imagerie cérébrale. 

Plusieurs semaines après, la jeune médecin reçoit le compte rendu opératoire de la patiente qui confirme son intuition. Le résultat est sans appel : la patiente a été opérée en urgence d’un méningiome du lobe frontal. 

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Les méningiomes sont des tumeurs bénignes dans 90% des cas. Selon leurs localisations, ils peuvent créer des troubles de la personnalité qui peuvent mimer des symptômes psychiatriques. "C'est toute la difficulté, on peut se perdre dans des explications psychologiques face à des situations et des tableaux qu'on rencontre, alors qu'effectivement, on peut aussi avoir une réalité neurobiologique qui peut être à l'origine de ce que l'on constate", explique Clara Brichant. 

Dans le cas de cette patiente, ses symptômes s'expliquent clairement par la localisation de la tumeur. "Le lobe frontal va renfermer des centres ou des aires qu'on appelle QI, qui sont associés à des fonctions intellectuelles assez complexes, qui sont en général la planification, l'organisation, la prise de décision, le raisonnement et le comportement social", indique la psychiatre. 

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L'absence d'émotions, de ressentis, la non-réaction aux médicaments et l'apparition d'un état dépressif sont des éléments qui peuvent alerter les professionnels de santé sur la présence d'une autre maladie. Les méningiomes ne sont pas les seuls concernés par ces symptômes dépressifs parfois trompeurs. Plusieurs autres tumeurs cérébrales, primitives ou secondaires, peuvent induire des syndromes maniaques, des troubles psychotiques ou du comportement, en fonction de leur localisation mais aussi de facteurs propres à la tumeur et au patient. 

Selon le journal du CNRS, 25 % des patients hospitalisés pour un problème de santé présentent des symptômes dépressifs, et 35 à 50 % des personnes suivies pour dépression souffrent d’une autre maladie. Souvent, le diagnostic s'avère compliqué et la prise en charge somatique est souvent délaissée. "Cette expérience m'a montré qu'il ne faut pas hésiter à demander une imagerie cérébrale au moindre doute. En pratique courante, on ne le fait pas assez finalement", explique la psychiatre Clara Brichant. 

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