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Pourquoi le nombre d’avortement a-t-il augmenté en France ?

ÉCLAIRAGE - Le nombre d'avortements est au plus haut depuis 30 ans, mais montre surtout de fortes inégalités d'accès aux soins et à l'information.

Illustration d'une pilute abortive
Illustration d'une pilute abortive
Crédit : MANOOCHER DEGHATI / AFP
Coline Daclin

Plus de 232.000 avortements ont été pratiqués en France en 2019. C'est le plus haut niveau constaté depuis trente ans, selon une étude de la Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques (Drees), publiée ce jeudi 24 septembre. Et le mouvement n'est pas nouveau : le taux global de recours à l'IVG augmente depuis 1995, précise la Drees. 

À première vue, ce chiffre peut paraître inquiétant. Mais pour le comprendre, il faut l'analyser un peu. D'abord, on ne parle pas d'une explosion soudaine du nombre d'avortements. 

Le taux global de recours à l'IVG, soit le nombre d'avortements rapporté au nombre de femmes en âge de procréer, n'augmente pas tant que cela. On compte moins d'un avortement en plus pour 1.000 femmes (+0,6 en France métropolitaine, et +0,4 en outre-mer).

Des inégalités d'accès aux soins et à l'information

Ce que met en valeur l'étude de la Drees, ce sont aussi les inégalités de recours à l'IVG. Entre les régions, le nombre de recours à l'avortement peut varier "du simple au triple", souligne la Drees. On compte ainsi plus d'IVG en Île-de-France, dans le Sud-Est, et dans certains départements et régions d'outre-mer.

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La Drees a aussi croisé pour la première fois les données sur les IVG avec les données fiscales. Et fait un constat édifiant : les femmes "les plus précaires" ont plus recours à l'avortement que les femmes aisées.

Selon Marianne Niosi, directrice du Planning familial, il y a "un énorme problème d'accès au droit". "On voit qu'il existe un problème d'accès aux soins et à l'information. Certaines femmes ont de plus en plus de difficultés à obtenir une contraception", soutient-elle auprès de RTL.fr. Elle évoque la précarité de certaines femmes, et les médecins qui refusent celles qui sont affiliées à la CMU, ou encore le problème des déserts médicaux

L'avortement n'est "pas un problème en soi"

"Il faut un accès à une information de qualité", poursuit-elle. Cela passe par une information sur la contraception, mais aussi sur l'avortement. Marianne Niosi se dit "complètement d'accord" avec les conclusions du dernier rapport de la délégation aux droits des femmes à l'Assemblée nationale, qui préconise des "campagnes nationales d'information" sur l'IVG, ou encore l'allongement du délai autorisé pour avorter.

Si Marianne Niosi déplore les inégalités face à l'avortement, elle soutient que cette augmentation du nombre d'IVG n'est pas un mauvais signe. "Cela signifie que plus de femmes ont pu éviter une grossesse non désirée, qu'un plus grand nombre de femmes ont eu accès à ce droit", explique-t-elle. 

"L'avortement est une solution à un problème, pas un problème en soi. Les femmes qui avortent font ce choix pour de bonnes raisons", poursuit-elle, en soulignant que beaucoup de femmes renoncent encore à avorter, notamment pour des raisons financières.

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