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À l'hôpital de Saint-Brieuc, la musicothérapie égaye le quotidien des malades

REPORTAGE - Le personnel médical de l'hôpital de Saint-Brieuc constate chaque jour les bienfaits de la musicothérapie, qui stimule et redonne le sourire aux patients.

Musicothérapie active et enjouée pour Monique, victime d'un AVC il y a une vingtaine de jours.
Musicothérapie active et enjouée pour Monique, victime d'un AVC il y a une vingtaine de jours.
Crédit : Patrice Gabard/RTL
À l'hôpital de Saint-Brieuc, la musicothérapie égaye le quotidien des malades
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À l'hôpital de Saint-Brieuc, la musicothérapie égaye le quotidien des malades
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Patrice Gabard

Un proverbe populaire dit que la musique adoucit les mœurs. Mais elle est aussi très bonne pour la santé. Selon les scientifiques, elle réduit le stress, l’anxiété et même la douleur. À l’hôpital de Saint-Brieuc, un musicothérapeute intervient depuis 2013, et les soignants des services de gériatrie et de neurologie sont désormais formés à la médiation musicale qui stimule et redonne le sourire aux patients. Reportage dans les couloirs du centre hospitalier de Saint-Brieuc, où l'on met ce soin innovant en pratique.


"Alors on est dans le service de neurologie. On va aller dans une chambre chez une patiente qui a eu un AVC. On va essayer avec la musique d’améliorer la séquelle dysarthrique puis stimuler aussi", explique Jean-Pierre Praud, musicothérapeute, qui porte sa guitare en bandoulière.

Il s'adresse directement à la patiente : "Bonjour ! On va prendre une chanson, alors une chanson que vous connaissez sûrement. Ça s’appelle les Champs Elysées. Vous vous souvenez de ça les Champs Elysées ? Alors on y va ensemble." "Je ne sais plus les paroles", répond la dame. Jean-Pierre Praud l'aide et ils chantent ensemble.

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Fin de séance de musicothérapie... bonne humeur partagée.
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Les progrès sont énormes : il y a dix jours seulement, Monique ne parlait plus. "La musicothérapie en fait ce qui est intéressant c’est que c’est un stimulant. On sait que l’on va fabriquer d’abord beaucoup de plaisir. Ce plaisir va permettre une sécrétion de deux hormones : une qui est la sérotonine, l’hormone du moral, et l'autre la dopamine, extrêmement importante dans les réparations que le cerveau va mettre en place pour pouvoir essayer de récupérer le maximum de choses."  

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Retour aux exercices en présence de Pauline Perrin, aide-soignante, et Françoise Leboucher, infirmière. Toutes deux formées à la médiation musicale. "De voir l’effort que fait la personne et le sourire sur les lèvres alors qu’elle est dépressive, c’est génial."

Avec la musique, Monique oublie son mal-être

Monique ne s'arrête pas de chanter. Elle reprend La Digue du cul. Vous l'aurez compris, elle a un faible pour les chansons paillardes. "Ça me donne le sourire. Avant, je n’avais plus envie de sourire."

"En faisant les soins ce soir on va reprendre, comme on sait ce qu’elle a chanté, on va rechanter Couleur Café. On va rechanter La digue, la digue peut-être… On va voir mais bon on va accompagner le soin qu’on fait avec une chanson", confie son infirmière. Monique fait écho à ces mots : "Je vais chanter des chansons dans ma tête dans mon lit au lieu de penser à mon mal-être !"

Dans la chambre d'Henriette, bercée par la médiation musicale dans le service de médecine gériatrique de l'hôpital de Saint-Brieuc.
Dans la chambre d'Henriette, bercée par la médiation musicale dans le service de médecine gériatrique de l'hôpital de Saint-Brieuc.
Crédit : Patrice Gabard/RTL

Avec son bloc-notes, une petite table ambulante équipée d’un ordinateur et ses enceintes pour diffuser la musique, Laëtitia Nizon, aide-soignante, rejoint la chambre d’Henriette. "Alors est-ce que vous pouvez me dire le genre de musique que vous aimez bien ? Des chanteurs en particulier ?" "Enrico", répond Henriette. "Ah Enrico. Et l’accordéon vous aimez bien ?" C'est un grand "oui".

Alors c'est parti pour la Java Bleue. Henriette se souvient des bals de sa jeunesse. "On la laisse généralement cinq, dix minutes, seule. On revient voir, on évalue comment ça se passe. Si elle est bien, si ça lui plait, ça peut durer jusqu’à 30 minutes, une heure même", explique Laëtitia.

"Ça change un petit peu le quotidien"

Mireille, la fille d'Henriette, venue lui rendre visite à l’hôpital, découvre, elle aussi, la médiation musicale. "Je trouve ça très bien, qu’elle puisse se rappeler des choses d’autrefois et puis ça change un petit peu le quotidien."

"L’utilisation de la musique comme thérapie améliore plusieurs fonctions cérébrales. Ça remplace certains médicaments. Déjà c’est le seul traitement sans effet secondaire. Ça j’aime bien cette phrase donc je la dis chaque fois. On retrouve le sourire. On capte plus l’attention, aussi la vie sociale du patient, les relations avec les autres, les patients s’ouvrent plus après avoir fait de la musicothérapie", assure pour sa part le docteur Claudia Vaduva, chef du service de neurologie de l’hôpital de Saint-Brieuc

Tous les dimanches, le matin, c’est musique dans les couloirs des services gériatrie et neurologie. On peut y entendre des chants et parfois même apercevoir quelques petits pas de danse des patients.

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