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Didier Raoult se défend face à Martin Hirsch qui l'accuse de "faux témoignage"

Accusé d'avoir délivré un "faux témoignage" face aux députés de la commission d'enquête sur la gestion de la Covid-19 lors de son audition le 24 juin dernier, Didier Raoult se défend face à ses détracteurs.

Le professeur Didier Raoult, dans son bureau à Marseille le 26 février 2020.
Le professeur Didier Raoult, dans son bureau à Marseille le 26 février 2020. Crédit : GERARD JULIEN / AFP
Nicolas Barreiro

"Calomnie", "propos infamants"... Les accusations contre Didier Raoult fleurissent depuis son audition devant la commission d'enquête sur la gestion de la Covid-19. C'est d'abord Martin Hirsch, président de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui l'incrimine pour "faux témoignage" dans une lettre adressée au Président de l'Assemblée nationale le mercredi 1er juillet. 

Le même jour, le Conseil Scientifique et la Haute autorité de Santé s'en prennent aussi à l'infectiologue. Ils estiment ses propos "infamants" et relevant de la "calomnie".
Le jeudi 2 juillet, le Pr. Raoult se défend sur son compte Twitter, suivi par plus de 630.000 abonnés. Il signe trois tweets, sur lesquels il note "Réponse à M. Hirsch". Il y partage deux vidéos et un article. Chacun d'entre eux a été aimé et partagé plusieurs milliers de fois.

Face à la Commission d'enquête, Didier Raoult avançait que le taux de mortalité en réanimation s'élevait à 43%. Martin Hirsch le contredit dans sa lettre, il affirme que "nous n'avons aucune donnée qui place à 43% la mortalité dans les réanimations de l'AP-HP".

Raoult riposte

Cette défense en trois actes du Professeur Raoult débute par un court extrait vidéo d'une interview du Professeur Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Dans la vidéo, ce dernier confirme qu'à Paris, le taux de mortalité en réanimation est "de l'ordre de 40%".

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Afin d'appuyer son argumentaire, il partage ensuite une autre vidéo, plus longue. Il s'agit de l'extrait d'une interview de Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine.

"Certains patients se dégradent en salle de médecine et doivent passer en réanimation [...] à peu près 40 à 50% de ces personnes vont décéder", explique-t-elle. Cet extrait souligne les propos de Didier Raoult, mais restent à nuancer.

Les chiffres évoqués ci-dessus sont authentiques, mais ne suffisent pas. L'infectiologue ne considère pas la gravité de l'état de santé des patients qui arrivent dans les hôpitaux parisiens. C'est d'ailleurs ce que lui reproche le corps scientifique. En effet, un patient qui arrive à l'hôpital dans un état grave aura plus de risque de mourir, ce qui augmentera de fait le taux de mortalité. 

Le troisième et dernier tweet du Professeur Raoult concerne le premier décès lié à la Covid-19 en France. Lors de son audition, il assurait que le patient, un Chinois de 80 ans, était passé une première fois à la Pitié-Salpêtrière, avant de se présenter une seconde fois "7 jours après". Selon lui, il est venu "mourir dans un hôpital".

Dans sa lettre, Martin Hirsch rétorque : "le seul patient chinois de 80 ans auquel peut faire référence le Pr Didier Raoult a été admis le 25 janvier 2020 à l'hôpital européen Georges Pompidou. Il n'a jamais été renvoyé chez lui".

L'article de CNews partagé dans le tweet contient un témoignage de Yazdan Yazdanpanah, chef du service maladies infectieuses à l'hôpital Bichat. Il y évoque le patient en question : "Il avait de la fièvre mais il n’avait absolument pas de signes respiratoires [...] Il y a eu un premier appel au SAMU puis à la Pitié, qui n'ont pas retenu le cas". Emmené à l'hôpital Bichat ensuite, "on n'a pas pu le détecter", affirmait-il.

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