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Coronavirus : que sait-on des variants anglais, brésilien et sud-africain ?

ÉCLAIRAGE - Que savons-nous exactement de ces mutations qui nous inquiètent tant ? RTL fait le point avec nos correspondantes au Brésil, en Afrique du Sud et au Royaume-Uni.

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Coronavirus : que sait-on du variant brésilien ? Crédit Image : DENIS CHARLET / AFP | Crédit Média : Sarah Cozzolino / RTL | Durée : | Date :
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Correspondants RTL à l'étranger édité par Thomas Pierre

Anglais, brésilien, sud-africain... Sur le front du Covid-19, la France fait la course avec les variants. Le département de la Moselle, très touché par la souche sud-africaine, va recevoir 30.000 doses de vaccins supplémentaires. À Dunkerque, c'est le variant britannique qui fait des ravages. Le troisième, c'est le variant brésilien, d'abord apparu à Manaus, en Amazonie. 

Des variants qui préoccupent Paris mais aussi Bruxelles. La Commission européenne va lancer un programme ayant vocation à étudier ces mutations. Baptisé "Hera incubator", il "réunira les laboratoires, les autorités sanitaires, les scientifiques, et la Commission européenne, avec d'importants fonds dédiés", a expliqué sa présidente Ursula von der Leyen. 

Que savons-nous exactement de ces mutations qui nous inquiètent tant ? RTL a décidé de vous faire découvrir ces variants qui compliquent la lutte contre la pandémie, avec nos correspondantes au Brésil, en Afrique du Sud et au Royaume-Uni.

Que sait-on du variant brésilien ?

D’abord apparu en Amazonie, le variant brésilien inquiète au vu de l’explosion des cas, alors que la ville avait atteint la supposée "immunité collective". La ville de Manaus a en effet été ravagée une seconde fois par le Covid-19, et le variant y est sans doute pour quelque chose. 

Car, selon Alexandre Naime, médecin infectiologue de l’université de Sao Paulo, le variant comporte deux mutations principales. "La première mutation rend le virus plus transmissible", explique-t-il. "Il y a une plus grande activité entre le virus, les cellules et le patient a une charge virale plus importante et le transmet davantage". 

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C’est la seconde mutation qui permet au virus d’échapper à la réponse immunologique"

Pr. Alexandre Naime, médecin infectiologue de l’université de Sao Paulo
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Alors qu’il est déjà présent dans d’autres Etats brésiliens, et à l’étranger, c’est la seconde mutation du variant qui inquiète particulièrement le scientifique. "C’est la seconde mutation, contenue dans ce variant 'P-1', qui permet au virus d’échapper à la réponse immunologique, et donc favorise les cas de réinfection. Vous comprenez la dangerosité que ça peut avoir", assure Alexandre Naime. 


Après avoir détecté des cas du variant britannique et amazonien à Sao Paulo, la ville a décrété un confinement pour les deux prochaines semaines. Impossible d’affirmer pour le moment si ce variant est plus mortel, ni s’il est résistant aux vaccins. Les scientifiques brésiliens continuent leurs recherches et rappellent l’importance des gestes barrières, dans un pays où en moyenne plus de mille personnes meurent chaque jour du Covid-19.

Que sait-on du variant sud-africain ?

Le variant sud-africain est, quant à lui, encore peu présent en France, en tout cas par rapport au variant anglais. Mais il est à l'origine d'une vague impressionnante en Afrique du Sud depuis début janvier. Que sait-on de cette nouvelle souche, qu'on dit potentiellement plus résistante aux vaccins? 

Dans son unité de soins intensifs de l'hôpital Melomed Gatesville au Cap, Zaraina Solomons a soigné jusqu'à 107 patients du Covid-19 au plus fort de la deuxième vague provoquée par le variant sud-africain. "Le nouveau variant s'attache plus profondément dans le couloir nasal", explique la médecin. "

Si on le compare aux virus d'origine, les symptômes cliniques sont assez similaires, mais on voit plus de cas, car il est plus contagieux", indique encore Zaraina Solomons. "Mais il n'est pas plus dangereux", insiste-t-elle. "L'Institut national des maladies infectieuses a comparé les décès pendant la première et la deuxième vague et le pourcentage est le même". 

Les vaccins actuels (...) sont moins efficaces que contre le virus d'origine"

Pr. Amadi Ihunwo, de l'université Wits de Johannesbourg.
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Amadi Ihunwo enseigne la vaccinologie à l'université Wits de Johannesbourg. Il a conduit des recherches sur le vaccin AstraZeneca qui ont montré qu'il était peu efficace contre le variant sud-africain pour prévenir les infections modérées provoquées par la Covid-19,  comme la perte de goût de carbone. 

"Les vaccins actuels montrent qu'ils sont moins efficaces que contre le virus d'origine quand on les teste en Afrique du Sud", assure-t-il, "mais ils sont encore efficaces pour prévenir le développement des maladies graves. Car nous pensons que le type de réponses pour empêcher les hospitalisations n'est pas le même que pour prévenir les formes légères du Covid-19".

"Mais il va y avoir une nouvelle génération de vaccins qui sera plus efficace contre le variant", insiste le professeur Amadi Ihunwo, qui est en contact avec des collègues du monde entier qui suivent de près ses recherches en Afrique du Sud. 

Que sait-on du variant anglais ?

Enfin, le variant anglais, appelé "variant du Kent" en Grande-Bretagnequ'on sait plus contagieux. Dans son hôpital du sud-est de Londres, Chidi Ejimofo, médecin aux urgences, n'en doute pas : la majorité de ses patients souffrent du "variant du Kent." "Cela ne change pas la manière dont on traite les malades, assure-t-il, mais ce qu'on sait du 'variant du Kent 'c'est qu'il est 70% plus contagieux et 30% plus mortel, surtout chez les plus âgés." 

Si le "variant du Kent" se propage plus vite, il peut aussi se transformer plus rapidement, il a d'ailleurs déjà généré d'autres mutations, explique le professeur Hunter : "Il y a le variant dit de 'Bristol' qui a acquis la mutation qui rend le virus résistant au vaccin et il reste plus contagieux aussi. 'Le variant de Liverpool', lui, n'a pas cette capacité à être plus contagieux mais il est aussi résistant au vaccin."

Environ 10% des tests positifs britanniques sont analysés pour étudier le génome du virus. Le Royaume-Uni est un des pays qui procède le plus à ce genre d'analyses qui permet de repérer les mutations. Tous ces travaux, les scientifiques les partagent avec l'organisation mondiale de la santé et les postent sur des portails internationaux accessibles à tous.

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