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Coronavirus : "On ne pourra pas sauver tout le monde", prévient un urgentiste à Mulhouse

REPORTAGE - Depuis plusieurs semaines, toute une chaîne de personnels soignants est mobilisée pour faire face à la pandémie du coronavirus. À raison de 15 malades placés en réanimation chaque jour, les équipes sont épuisées.

Yves Calvi 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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Coronavirus : plongée dans les urgences de l'hôpital de Mulhouse Crédit Image : SEBASTIEN BOZON / AFP | Crédit Média : Brice Dugénie | Durée : | Date : La page de l'émission
Brice Dugénie édité par Venantia Petillault

C'est l'hôpital le plus touché de France par la pandémie de Covid-19. Malgré les transferts vers des régions moins touchées et malgré la mise en place de l'hôpital militaire, le nombre de patients ne diminue pas. En moyenne, 15 malades sont placés en réanimation chaque jour.

L'établissement est pratiquement entièrement dédiée au Covid-19. Le médecin Sami Kacem est urgentiste depuis 36 ans. Crâne rasé, lunettes et masques de protection, il explique comment les urgences ont été repensées pour faire face au coronavirus : "On a transformé le service de la pathologie quotidienne en Covid. On ne peut pas mélanger les deux flux pour éviter au maximum de contaminer d'autres personnes."

Tout autour de lui, des patients sont en assistance respiratoire. Certains emprunteront bientôt le couloir de droite, celui des réanimations : "On a trois salles d'accueil des urgences vitales". D'un coup surgit d'une salle Adeline Grosser, elle était en vacances il y a quelques jours. Cette médecin urgentiste, gère un cas grave qui vient d'arriver : "Il s'agit d'un homme de 50 ans qui n'avait pas de problèmes de santé jusqu'à aujourd'hui. On a du le mettre dans le coma pour l'aider à respirer. On est en attente d'un transfert vers un autre hôpital car nous n'avons plus de place ici.

"On ne pourra pas sauver tout le monde"

"Le flux de malades graves ne s'arrête pas. On n'a jamais vu ça, c'est l'usine. Nous n'avons plus de ressources humaines et matérielles". Le docteur Schmitt, lui, s'occupe de transférer des patients vers d'autres régions : "Le moindre lit est précieux. Tous les lits qui sont libérés après ces transferts, sont quasiment occupés une heure après."

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Les médecins vont de moins en moins bien. Physiquement usés, psychologiquement atteins, le docteur Schmitt préfère d'ailleurs ne pas y penser : "Cela devient épuisant. Le moral on y pense pas." Romain, urgentiste depuis 10 ans, déplore aussi cette situation dramatique : "On ne pourra pas sauver tout le monde".

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