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Coronavirus : ce que l'on sait du variant indien

ÉCLAIRAGE - Désormais détecté dans au moins 44 pays, le variant indien du coronavirus, en partie lié à l'explosion de l'épidémie en Inde, inquiète depuis plusieurs semaines. Mais ses effets en terme de transmission et de dangerosité sont toujours très mal connus.

Un centre de vaccination contre la Covid-19 à New Delhi (Inde) le 4 mai 2021
Un centre de vaccination contre la Covid-19 à New Delhi (Inde) le 4 mai 2021
Crédit : Prakash SINGH / AFP
Céline Morin
Journaliste

Repéré pour la première fois en octobre 2020 dans le pays-continent, le variant indien a été classé lundi 10 mai par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme "préoccupant", rejoignant ainsi dans cette catégorie les variants britannique, sud-africain et brésilien. Désigné par le nom de sa lignée, B.1.617, il regroupe en réalité trois sous-lignées distinctes qui comportent certaines mutations en commun mais aussi d'autres différentes. 

Dans son dernier rapport publié mardi 11 mai, l'OMS note qu'il "pourrait y avoir des différences importantes entre les trois sous-lignages" mais que "les données actuellement disponibles sont trop limitées" pour permettre une caractérisation différenciée, ce qui explique le classement en bloc comme "variant préoccupant". 

Si les deux premières sous-lignées ont été décelées dans plus de 30 pays, la troisième, en revanche, n'a elle été détectée que faiblement hors d'Inde et reste minoritaire. En France, la sous-lignée B.1.617.2 est majoritaire, avec 18 des 24 épisodes identifiés. Sur ces 24 épisodes impliquant au moins un cas de variant indien - un chiffre en légère augmentation -, seuls deux ont pu être liés à l'Inde. 

Possiblement plus transmissible

Avec l'explosion de l'épidémie en Inde, où le nombre de décès de malades du Covid-19 vient de franchir la barre des 250.000, le variant a vite été montré du doigt, soupçonné d'en être responsable. 

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Pourtant, d'après l'OMS, cette accélération doit être mise en relation avec "plusieurs facteurs potentiels" : un variant possiblement plus transmissible, mais également la tenue de "plusieurs rassemblements religieux et politiques de masse", ainsi que "un respect réduit des mesures sociales de santé publique" destinées à freiner la transmission du virus. 

Bien que "la contribution exacte de chacun de ces facteurs à l'augmentation des contaminations en Inde n'est pas bien connue", les trois variants "semblent avoir un taux de transmission plus élevé" estime l'OMS. Le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC), mais aussi Santé Publique France partagent d'ailleurs cette opinion. 

Peu d'informations sur l'efficacité des vaccins

Ainsi, les trois versions du variant contiennent deux mutations associées à une plus grande transmissibilité du virus (L452R et D614G). Public Health England, dans un rapport communiqué jeudi dernier, s'est penché sur la sous-lignée B.1.617.2, qui "a rapidement augmenté en Angleterre", avec plus de 1.300 cas identifiés au total dans le pays. 

L'Agence pense ainsi que cette sous-lignée serait moins transmissible que le variant britannique, ce dernier étant pour sa part plus contagieux que la souche historique. Malgré tout, l'ECDC met en garde contre une possible "surreprésentation" du variant indien dans les cas détectés et séquencés au Royaume-Uni et dans l'UE en raison du ciblage des voyageurs arrivés d'Inde. 

Concernant les dangers que ces lignées échappent à l'immunité ou aux vaccins, peu d'informations sont disponibles à l'heure actuelle. "Les impacts potentiels des lignées B.1.617 sur l'efficacité des vaccins ou des traitements, ou sur les risques de réinfection restent incertains", résume l'OMS. 

BioNtech/Pfizer et Moderna moins efficaces sur la sous-lignée 1 ?

D'autres scientifiques se sont penchés sur une autre étude non-évaluée et remarquent que les vaccins BioNtech/Pfizer et Moderna seraient moins efficaces sur la sous-lignée B.1.617.1. Cette sous-lignée, tout comme la troisième sous-lignée B.1.617.3, comportent la mutation E484Q, proche de celle déjà observée sur les variants sud-africain et brésilien (E484K) et soupçonnée d'entraîner une moindre efficacité de la vaccination et un risque accru de réinfection. 

Pour autant, l'ECDC, tout en prenant en compte ces études, tient à  relever que les anticorps monoclonaux tout comme le plasma de personnes précédemment infectées ou de personnes vaccinées "peuvent neutraliser B.1.617.1 de façon aussi efficace ou plus efficace que d'autres variants préoccupants en circulation". 

Pas d'étude sur la deuxième sous-lignée

Ainsi, Marco Cavaleri, responsable de la stratégie vaccinale de l'Agence européenne des médicaments (EMA), affirme pour le moment, être relativement convaincu de l'efficacité des vaccins sur ce variant. Concernant la deuxième sous-lignée, qui ne comporte pas la mutation E484Q, il n'existe pas d'études sur l'échappement immunitaire, souligne l'ECDC. 

Face à toutes ces incertitudes, "il faut d'urgence de nouvelles études robustes" sur les impacts du variant indien, de ses caractéristiques épidémiologiques (transmission, gravité, risque de réinfection...) aux conséquences sur les mesures mises en place contre l'épidémie, plaide l'OMS.

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