2 min de lecture Médecine

Coronavirus : atteindra-t-on un jour l'immunité collective ?

Pour atteindre l'immunité collective, il faudrait être certain qu'une fois contaminé, on ne peut pas attraper de nouveau le virus. Quelques cas montrent le contraire.

Le coronavirus "SARS-CoV-2" (illustration)
Le coronavirus "SARS-CoV-2" (illustration) Crédit : Handout / National Institute of Allergy and Infectious Diseases / AFP
Coline Daclin Journaliste

Peut-on encore vraiment atteindre l'immunité collective face au coronavirus ? C'est l'une des grandes questions qui se posent face à la crise sanitaire. Normalement, l'immunité collective intervient lorsque le pourcentage de personnes qui ont été contaminées et sont désormais immunisées contre le virus est suffisamment important pour que la population soit protégée. Le problème, c'est que dans le cas du coronavirus, on n'est pas encore certain que l'immunité après une contamination dure

En effet, certaines personnes ayant déjà attrapé la Covid-19 ont été testées positives une deuxième fois, après avoir guéri. Quelques cas ont été confirmés à Hong-Kong, en Belgique, aux Pays-Bas, en Equateur ou encore aux États-Unis. Pour autant, difficile de savoir si ces quelques cas sont des exceptions, ou indiquent une norme.

Selon le professeur Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du Conseil scientifique, il y aurait "un peu d'immunité collective en population", mais rien n'indique que celle-ci dure sur le long terme. "Les coronavirus saisonniers qui donnent des formes mineures de la maladie [...] développent une immunité d'un an environ", explique-t-il sur Franceinfo ce jeudi 12 novembre. Il émet donc l'hypothèse que les personnes atteintes d'une forme mineure de la Covid-19 seront protégées "à peu près un an". "On verra l'année prochaine", conclut-il. 

En attendant, pas question de laisser circuler le virus

Même constat d'impuissance du côté de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) : "La plupart des personnes infectées par le virus développent une réponse immunitaire au cours des premières semaines, mais nous ne savons pas si cette réponse est forte ou durable, ni si elle diffère d'une personne à l'autre", a déclaré à la mi-octobre son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus à l'AFP.

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En France, une étude publiée dans la revue Nature estime qu'il faudrait environ 67% de la population immunisée pour arriver à l'immunité collective, 50% dans les estimations les plus positives. Laisser tous ces gens se contaminer conduirait à des centaines de milliers de morts. 

Pour l'heure, la méthode qui consisterait à laisser se propager librement le virus afin d'atteindre l'immunité collective n'est donc pas envisagée en France, ni même pas l'OMS, qui considère que ce serait "problématique du point de vue scientifique et contraire à l’éthique". Le Royaume-Uni, qui l'avait choisie au début de l'épidémie, est depuis revenu sur sa décision et a confiné sa population. Quant à la Suède, qui a choisi cette stratégie de l'immunité collective, elle observe un rebond de l'épidémie.

En attendant, reste l'espoir d'un vaccin pour lutter contre l'épidémie. Si l'immunité à la Covid-19 ne durait pas, il faudrait alors le refaire régulièrement, comme c'est le cas pour la grippe

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