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Coronavirus : où en est-on de l'immunité collective ?

ÉCLAIRAGE - En mai 2020, seule 4,5% de la population vivant en France métropolitaine avait développé des anticorps contre le coronavirus. Une stratégie de plus en plus remise en doute, notamment au vu de la hausse des cas en Suède et des quelques réinfections observées à travers le monde.

En mai 2020, seuls 4,5% de la population vivant en France métropolitaine avait développé des anticorps contre le coronavirus (Image d'illustration).
En mai 2020, seuls 4,5% de la population vivant en France métropolitaine avait développé des anticorps contre le coronavirus (Image d'illustration). Crédit : KEVIN WINTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
Sarah Ugolini
Sarah Ugolini
et AFP

L'immunité collective est-elle encore un objectif à atteindre pour parvenir à éradiquer le coronavirus ? C'est une question qui peut susciter de nombreux doutes quand on sait qu'en mai 2020, 4,5% de la population vivant en France métropolitaine seulement avait déjà développé des anticorps contre la coronavirus. C'est ce qu'il ressort de l’enquête EpiCoV élaborée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et la DREES. 

"Jamais dans l'histoire de la santé publique, l'immunité collective n'a été utilisée comme stratégie pour répondre à une épidémie, et encore moins à une pandémie. C'est scientifiquement et éthiquement problématique", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse lundi 12 octobre. L’OMS a ainsi considéré qu’il n'était pas envisageable de laisser la Covid-19 circuler librement dans le but de développer une immunité collective. 

La plupart des personnes contaminées par le coronavirus "développent une réponse immunitaire au cours des premières semaines, mais nous ne savons pas si cette réponse est forte ou durable, ni si elle diffère d'une personne à l'autre", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Plusieurs cas de réinfection dans le monde

Plusieurs cas de réinfection ont été trouvés dans le monde, dont le premier le 24 août 2020 à Hong Kong. Le virus pourrait donc frapper deux fois en un laps de temps très réduit, même si cela reste rare. Toute la question est donc de savoir combien de temps sont immunisées les personnes ayant contracté le virus

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Olivier Schwartz, directeur de l’unité virus et immunité à l’Institut Pasteur, assure à Ouest-France que qu'on voit "au bout de six mois une baisse significative des anticorps". Selon lui, "ce que l’on cherche à savoir maintenant, c’est combien de temps ils restent vraiment, car c’est différent selon les patients".

Olivier Schwartz précise aussi que "même s’ils ne sont plus visibles", les anticorps "sont performants face à une réinfection". Les anticorps même non-détectables pourraient ainsi nous protéger du virus en cas de réinfection. Malgré tout, aucune étude ne permet de prouver à 100% qu'avoir eu la coronavirus nous immunise contre la Covid-19. 

Quand la population est-elle protégée contre le virus ?

En pratique, le moment où une population atteint ce qu'on appelle "l'immunité collective", c'est quand le pourcentage de personnes qui sont immunisées contre le virus est suffisamment important pour que la population soit protégée du virus. Concrètement, si une personne contaminée arrive, elle ne pourra pas transmettre le virus, car elle rencontrera trop de personnes déjà immunisées. 

Au mois de juillet dernier, 57% des habitants testés dans les bidonvilles de Bombay présentaient des anticorps. Avant de se réjouir, il faut aussi réaliser que le principal problème de l'immunité collective, c'est qu'elle peut avoir un coût important en terme de vies humaines. Avec un aussi grand nombre de personnes infectées, le nombre de morts augmente aussi significativement.  En Inde, plus de 47.000 personnes sont déjà mortes de la Covid-19.

Le Royaume-Uni est déjà revenu sur sa décision

Ainsi, le Royaume-Uni, qui avait choisi de favoriser cette méthode au début de l'épidémie, est finalement revenu sur sa décision et a à son tour confiné sa population. Même inefficacité pour la Suède, qui a choisi cette stratégie de l'immunité collective et voit un rebond de l'épidémie. Le 21 septembre dernier, Gabriel Attal a également expliqué qu'en France, on ne tablait pas sur l'immunité collective, qui consiste à laisser une partie de la population s'infecter au virus. "On ne mise pas dessus, ce qu'on veut, c'est que le virus circule le moins possible", a martelé le porte-parole du gouvernement au micro de France Inter.

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