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Coronavirus : 4 fake news sur les masques

FACT CHECKING - Le port du masque obligatoire depuis ce lundi 19 juillet alimente les fausses informations qui circule à ce sujet sur les réseaux sociaux.

Port du masque obligatoire (illustration)
Port du masque obligatoire (illustration) Crédit : THOMAS COEX / AFP
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Paul Turban et AFP

Depuis ce lundi 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos partout en France. Face à une reprise des contaminations, le gouvernement entend ainsi limiter la diffusion du coronavirus. Mais cela ne va pas sans un lot de fausses informations qui fleurissent sur Internet.

Les masques sont ainsi tour à tour accusés dans le monde entier d'être inutiles, voire nocifs. Ils sont pour certains l'occasion pour des puissants d'empoisonner les populations, pour d'autres, ils ne seraient qu'un moyen supplémentaire pour faire de l'argent

Ces publications, qui prennent la forme de longs articles faussement détaillés ou de vidéos angoissantes, ont en commun de chercher à dissuader les internautes dubitatifs de porter des masques, explicitement ou implicitement. Voici quatre vérifications d'informations virales.

1. Non, ils n'entraînent pas un dangereux manque d'oxygène

L'"hypoxie", manque d'oxygène, est une des fausses idées les plus répandues. Certains expliquent le masque "peut entraîner la mort" pour cette raison. Or, les masques ne provoquent pas de manque d'oxygène, comme le confirment de nombreux médecins. 

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Il peut en revanche y avoir "une sensation d'inconfort qui provoque une impression d'étouffer, mais c'est psychologique. Mais dans le cas d'une personne en bonne santé, il n'empêche pas du tout d'effectuer des activités quotidiennes normalement", explique le Professeur Coppieters, médecin épidémiologiste et professeur de santé publique à l'Université Libre de Bruxelles (ULB). 

Aussi, lorsqu'une personne est trop anxieuse ou angoissé, il est possible de faire de l'hyperventilation et de se sentir étourdi et affaibli, expliquent des médecins. 

2. Non, ils n'empoisonnent pas au dioxyde de carbone

Comme ils ne laisseraient pas l'oxygène entrer, les masques seraient responsables d'intoxication au dioxyde de carbone (CO2) que l'on expire. Une fois de plus, c'est faux. "Un masque n'est pas un circuit fermé. Presque tout l'air expiré s'échappe du masque donc vous ne respirez pas votre propre CO2", explique ainsi Shane Shapera, directeur du programme des maladies pulmonaires de l'hôpital public de Toronto (Canada). 

De plus, une petite accumulation de CO2 ne provoquerait pas de problèmes de santé, d'après le professeur Vinita Dubey, médecin hygiéniste à l'agence de santé publique de Toronto. 

On retrouve aussi régulièrement l'idée voisine selon laquelle le masque ferait ré-inspirer ses propres "toxines". Or, "on n'exhale pas de toxines", rappelle Jean-Luc Gala, chef de clinique à la clinique universitaire Saint-Luc à Bruxelles et spécialiste des maladies infectieuses. 

3. Non, ils ne sont pas un "nid" ou une "usine" à virus

Jonathan Karn, professeur en microbiologie à l'université Case Western Reserve, dans l'État américain de l'Ohio, qui a étudié la propagation de virus dans le système nerveux, assure qu'il "est faux d'affirmer que le virus se retrouve piégé dans le masque" qui deviendrait ainsi une "usine à virus". 

"Si quelqu'un est déjà infecté, alors le virus aura probablement déjà touché les tissus exposés du nez, de la gorge et de la bouche, et se propagera par contact de cellule en cellule plutôt que par la réinspiration de gouttelettes",  explique-t-il. 

L'affirmation selon laquelle ils "contaminent davantage" n'a pas de sens : les masques ne servent qu'à faire barrage aux particules - en particulier les postillons -, souligne auprès de l'AFP le Dr Shelley Payne, directrice du Centre LaMontagne pour les maladies infectieuses de l'Université du Texas à Austin (Etats-Unis). 

4. Non, ils ne laissent pas passer le virus

Au contraire de la thèse d'une trop grande étanchéité des masques, la thèse selon laquelle les masques sont des passoires à virus circule aussi et est populaire. "Le masque filtre le virus, mais pas les molécules. Un virus est beaucoup plus gros qu'une molécule d'oxygène ou de dioxyde de carbone",  souligne Jean-Luc Gala, de l'Université libre de Bruxelles. 

En mai, une étude publiée dans la revue scientifique de la Royal Society au Royaume-Uni a montré que les masques réduisent la projection de gouttelettes contaminées. Ils sont donc un moyen simple, efficace et non dangereux de réduire les risques de diffusion du virus. 

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