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"Surtout pas le 2 mai !" : Bruno Retailleau accuse Emmanuel Macron de vouloir "bordéliser" le second tour de la présidentielle

Après les violences du week-end, le candidat des Républicains au scrutin présidentiel a de nouveau fustigé le choix de l'exécutif de fixer les deux tours aux dimanches 18 avril et 2 mai 2027. Selon le RN, il s'agit également d'une "manipulation" d'Emmanuel Macron.

Bruno Retailleau, candidat des Républicains à l'élection présidentielle, lors d'un discours à Paris, le 14 octobre 2026.

Crédit : Dimitar DILKOFF / AFP

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"Comme par hasard." Au sortir d'un week-end de mobilisation marqué par des pillages dans certaines communes de France, Bruno Retailleau en a remis une couche sur la date du second tour de la présidentielle, fixée au 2 mai 2027, accusant le gouvernement de vouloir "bordéliser" le scrutin, lundi 19 octobre. À six mois de l'événement, il "remet en cause" une "mauvaise date pour l'expression de la démocratie".


"Surtout pas le 2 mai : on ne va pas prendre le risque qu'il y ait des manifestations, des troubles à l'ordre public, pour le lendemain aller aux urnes", a jugé le candidat des Républicains à l'élection sur BFMTV. "Si on voulait bordéliser le second tour, on ne s'y prendrait pas différemment", a-t-il ajouté, en référence à la tenue du vote quelques heures après le 1er-Mai, susceptible de voir les traditionnels rassemblements de la Journée internationale des travailleurs se heurter à la période de réserve.
Selon l'ex-ministre de l'Intérieur, il existe des risques de dégradations au vu de la situation extrêmement tendue observée dans le pays ces 17 et 18 octobre. "Comme par hasard, le gouvernement et le président de la République ont choisi d'organiser le second tour de l’élection présidentielle le 2 mai", a-t-il dénoncé.

"Tous les Français qui ont vu ce triste spectacle honteux d'une France humiliée, pillée et saccagée voient bien le risque qu'il y a à organiser un second tour, alors que l'élection présidentielle va déterminer le destin de la France", a-t-il encore dit, parlant de l'élection de "la dernière chance". "Si la veille jusqu'à tôt le matin, vous avez des exactions, c'est totalement contraire à l'idée qu'on se fait dans les démocraties de l'organisation des scrutins", a affirmé Bruno Retailleau, expliquant être "stupéfait" par ce choix, alors que "la majorité des partis politiques avaient déconseillé cette date-là".

"La moins mauvaise des solutions" ?

Ce n'est pas la première fois que le patron des LR se dresse contre cette date du 2 mai 2027. L'annonce des dates du scrutin avaient déjà fait l'objet d'une levée de boucliers, durant l'été. En "colère", il avait martelé début juillet sur CNews "s'inscrire totalement contre ce choix-là", d'une campagne d'entre-deux-tours s'achèverait le vendredi précédant le 1er-Mai, dont la symbolique est hautement politique. "Qu'on ne me fasse pas croire que dans les cortèges, dans les prises de position, il n'y aura aucun écho politique", pointait-il, face à cette décision "pas neutre".


Deux options étaient sur la table : organiser le scrutin les 11 et 25 avril ou le décaler d’une semaine, l'exécutif retenant la seconde qui correspond à celle la plus proche de la fin effective du quinquennat d'Emmanuel Macron. Sur RTL, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet avait expliqué que l’Élysée avait "choisi la moins mauvaise des solutions", en raison des vacances scolaires.

"S'il y a une unanimité de tous les partis politiques pour considérer que ce n’est pas une bonne date, il faut écouter les partis politiques. Mais je crois qu'ils ont été consultés. Il y avait deux mauvais choix à disposition", étayait-elle. Seule une zone se trouvera en période de congés pour le second tour : la zone B, contre deux en cas de vote le 25 avril.

Le RN dénonce aussi la date

En fixant le second tour au 2 mai, Emmanuel Macron a aussi choisi une date proche des prochaines élections législatives. La campagne qui précédera ce nouveau scrutin sera donc plus courte, ce qui généralement, profite au chef de l'État fraîchement élu.


En vertu de la Constitution, le scrutin doit se tenir entre 20 et 35 jours avant l'"expiration des pouvoirs du président en exercice". Il devait donc impérativement se tenir avant le 14 mai 2027, date de la fin de mandat d'Emmanuel Macron, qui a commencé sa seconde présidence cinq ans plus tôt, le 14 mai 2022.

"Évidemment, choisir le 2 mai est une manipulation du président de la République", a accusé à son tour ce mardi, Jean-Philippe Tanguy, sur RMC. "Il a pris cette décision volontaire, en voulant utiliser le mouvement social pour ennuyer le débat politique", selon le député RN.

En tant que porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon avait répondu en juillet que les règles de silence politique "seront les mêmes que d'habitude", jurant que l'exécutif "sait gérer un 1er-Mai". "Je veux bien qu'on polémique sur beaucoup de choses, je vous propose qu'on ne polémique pas sur les dates des élections présidentielles. J'entends que ça ne convienne jamais parfaitement, mais il va y avoir des mois de campagne et les candidats pourront exposer leurs programmes".

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