6 min de lecture Présidentielle américaine 2016

Donald Trump : il y a un an, il devenait le président des États-Unis

RÉCIT - Dans la nuit du 8 au 9 novembre, l'Europe et le monde entier ont retenu leur souffle en attendant de découvrir les résultats de l'élection américaine. Vers 3 heures du matin, l'inimaginable est devenu réalité.

Donald Trump le soir de son élection le 9 novembre 2016
Donald Trump le soir de son élection le 9 novembre 2016 Crédit : MANDEL NGAN / AFP
Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Depuis quelques semaines, la tendance s'inverse. Nous sommes le 8 novembre 2016, aux États-Unis, et la première puissance économique mondiale s'apprête à changer de dirigeant. Une journée historique pour les Américains qui disent au revoir à huit années de présidence Obama. La France et l'Europe vont suivre cet événement au cours de la nuit et connaîtront le nouveau président le 9 novembre, au matin.

À l'approche de cette date, le rapport de force entre les deux candidats, Hillary Clinton et Donald Trump, s'équilibre peu à peu, alors que les sondages donnaient l'avantage à la candidate démocrate pendant toute la campagne. Si elle reste en tête, sa victoire paraît de plus en plus incertaine et le suspense sera l'invité d'honneur de cette nuit du 8 au 9 novembre 2016. 

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Tout Hollywood s'est mobilisé pour que l'ancienne secrétaire d'État devienne la première présidente des États-Unis. Les chefs d'État et de gouvernements étrangers affichent plus ou mois ouvertement leur préférence pour l'ancienne première dame. Pendant des mois, personne n'a imaginé Donald Trump entrer à la Maison blanche. Cette possibilité se dessine toutefois de plus en plus, à mesure que la soirée avance.

Il a l'image du candidat sulfureux, outrancier, anti-système et anti-médias. Le multi-milliardaire, ancien animateur de télé-réalité, a déjà créé la surprise dans son propre camp, où personne ne l'attendait. Candidat des Républicains, son ascension dans les sondages inquiète en Europe, même si personne n'y croit. Mais sa victoire paraît de plus en plus possible, surtout cinq mois après le "oui" au Brexit au Royaume-Uni.

Une campagne longue et douloureuse

C'est État après État que la réalité s'impose à tous. Dès 20h10 (heure française), les deux adversaires ont voté. Ils sortent d'une campagne agitée par de nombreux scandales, qualifiée par l'éditorialiste Alain Duhamel de "pire campagne de l'histoire des États-Unis". En cause, la violence des débats, des échanges indirects via les médias, mais aussi le scandale des mails d'Hillary Clinton lorsqu'elle était secrétaire d'État, et l'accusation d'ingérence russe dans la campagne électorale, dénoncée par la candidate elle-même.

La violence du candidat Trump envers son adversaire, notamment dans ses paroles jugées souvent sexistes voire diffamatoires, a entraîné la campagne dans une escalade de la violence verbale. Les commentateurs du monde entier donnent leur avis sur ces sorties houleuses et quotidiennes outre-Atlantique. 

La presse américaine se heurte au discours de Donald Trump, qui séduit une partie des Américains avec des promesses telles que la suppression de l'Obamacare, la construction d'un mur de 15 mètres entre les États-Unis et le Mexique, l'arrêt total et complet de l'entrée des musulmans ou encore la torture des terroristes

Les relations entre Donald Trump et les médias, qui tentent de vérifier la faisabilité de son programme, sont houleuses. Le candidat républicain les attaque régulièrement et qualifie leurs informations de "fake news". Ce dernier ne fait confiance qu'à une seule chaîne : Fox News. Hillary Clinton, de son côté, tente tant bien que mal de se maintenir dans les intentions de vote, malgré l'image de "candidate du système" dont ses opposants l'affublent.

Le doute jusqu'à l'évidente victoire de Trump

Les bureaux de vote ferment petit à petit. Une fusillade éclate près d'un bureau de vote en Californie. Peu d'informations filtrent mais elle fait un mort et trois blessés. Les yeux sont désormais rivés sur les premières estimations. Le monde retient son souffle. À minuit et demi (heure française), sept États ont fermé leurs bureaux de votes et à 1 heure, les premiers résultats tombent. Hillary Clinton est déclarée gagnante dans le Vermont, tandis que Donald Trump l'emporte dans le Kentucky et l'Indiana. Quelques minutes plus tard, on apprend qu'il est également gagnant en Caroline du Sud. La démocrate est en difficulté. Le scénario jusqu'ici jugé improbable peut devenir réalité. 

Les heures s'égrainent et les deux candidats se partagent toujours les États. Hillary Clinton parvient, à 2h15 passées, à comptabiliser 68 grands électeurs contre 48 pour son adversaire. Le match est serré toute la soirée. Les Républicains réussissent à conserver le contrôle de la Chambre des représentants. Après 3 heures du matin (heure française), la victoire de Trump se dessine. Selon les estimations, la Démocrate a remporté 104 grands électeurs contre 138 pour le Républicain. En Europe, comme à peu près partout dans le monde, on ne veut pas encore y croire. 

Les marchés s'affolent et dévissent face à cette page historique qui est en train de s'écrire de plus en plus nettement. Un peu avant 6 heures, les derniers bureaux commencent à fermer. La Démocrate est toujours devancée par le Républicain. L'évidence ne peut plus se nier même si les résultats sont encore particulièrement serrés dans trois États : le New Hampshire, le Michigan et la Pennsylvanie. 

Les larmes commencent à couler sur les joues des militants pro-Clinton. Au QG de la candidate, la déception est immense, alors que la soirée avait bien commencé. Et après 7 heures (heure française), quand les derniers bureaux de vote ont fermé, le New York Times enterre une possible victoire d'Hillary Clinton en prédisant une victoire de Donald Trump à 95%

Une heure et demie plus tard, l'agence de presse américaine Associated Press annonce que Donald Trump est élu président des États-Unis. C'est le choc mondial. RTL démarre son édition et alerte sur le "coup de tonnerre". Un ton adopté par les autres titres de presse : "American Psycho", titre Libération, "L'ouragan" pour le Figaro, ou encore "Trump apocalypse" pour le magazine britannique New Statesman. 

"Merci beaucoup. Désolé de vous avoir fait attendre. J'ai tout juste reçu un appel d'Hillary Clinton. Elle nous a félicités pour notre victoire et je l'ai félicitée pour s'être battue jusqu'au bout dans cette campagne", déclare-t-il à ses militants, avant d'ajouter qu'il sera le "président de tous les Américains".

Une victoire applaudie par l'extrême droite française

Les Américains anti-Trump sont paniqués. Le site d'immigration du Canada sature. En France, la bourse de Paris s'inquiète. Le CAC 40 affiche une baisse de 2,83% (4.350,07 points) à l'ouverture. Dans le même temps, Francfort perd presque 3%. 

Les politiques de tous les bords réagissent. L'extrême droite française, plutôt pro-Trump que pro-Hillary, se félicite. Marine Le Pen n'attend pas les résultats officiels pour saluer le nouveau locataire de la Maison Blanche et qualifie le peuple américain de "libre". Jean-Marie Le Pen, sur RTL, estime que cette victoire, de plus en plus certaine, "montre que la diabolisation est une foutaise". "C'est une suite du Brexit, réagit à son tour Florian Philippot. Je le vois comme le signe que les peuples reprennent leur liberté. Le peuple a choisi Donald Trump", estime le vice-président du Front national de l'époque.

De son côté, Ségolène Royal a une pensée pour "l'immense tristesse" des électeurs démocrates. Celle qui est alors ministre de l'Écologie ne croit pas à une remise en cause de l'accord de Paris par le futur chef d'État américain. "Il ne peut pas empêcher sa mise en oeuvre", s'avance-t-elle. Moins d'un an plus tard, les États-Unis affirment qu'ils se retireront bien de l'accord signé quelques mois avant la victoire de Donald Trump.

Pour Alba Ventura, éditorialiste de RTL, cette victoire de Trump, "c'est comme si on réunissait le vote Le Pen, le vote Mélenchon et aussi, d'une certaine manière, le vote Sarkozy". Il y a donc, selon elle, des "ressemblances avec le vote protestataire qui s'exprime chez nous". L'argument du candidat anti-système aura d'ailleurs inspiré nombre de candidats à la présidentielle en France en 2017, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon en passant par Emmanuel Macron. Il aura même fonctionné pour l'un d'eux.

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2017-11-09 06:29:00
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