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Lens-Lille : quel est le plus grand club du Nord ?

ÉCLAIRAGE - C'est l'un des classiques du championnat de France : le derby du Nord opposant Lens à Lille. À quelques heures du 113e duel, samedi 18 septembre (17h) au stade Bollaert-Delelis, coup de projecteur sur les deux clubs.

Zeki Celik avec Lille face au Lensois Seko Fofana le 7 mai 2021 à Bollaert
Zeki Celik avec Lille face au Lensois Seko Fofana le 7 mai 2021 à Bollaert
Crédit : FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Samuel Duhamel

Lens ou Lille ? Le Racing ou le Losc ? Le club ouvrier du Pas-de-Calais ou l'écurie bourgeoise du Nord ? S'il n'y a que 30 km de distance entre les deux villes, un monde sépare les deux clubs et leurs supporters. 

De l'extérieur, difficile de départager ces deux places fortes du football français. Pour établir une hiérarchie, nous nous sommes intéressés à l’histoire des deux clubs des Hauts-de-France et à la ferveur qu’ils génèrent. Palmarès, confrontations directes, qualité des installations, popularité, réputation dans l’Hexagone... Chaque club a de sérieux arguments à faire valoir.

Globalement, si le Losc dispose d’un avantage incontestable en matière de palmarès et au vu des confrontations directes, le Racing fait au moins aussi bien en termes d’infrastructures, de ferveur populaire et de réputation dans l’Hexagone. Tour d'horizon des deux rivaux nordistes.

Palmarès : avantage Lille

S’il y a bien un domaine où le Losc a de l’avance sur son rival, c’est en matière de palmarès. Récents vainqueurs du Trophée des champions face au Paris Saint-Germain (1-0), les Lillois ont été sacrés champions de France à quatre reprises (1946, 1954, 2011 et 2021). 

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Ils ont également gagné six Coupes de France (1946, 1947, 1948, 1953, 1955 et 2011) et cinq championnats de deuxième division. De manière plus prosaïque, il faut remonter à la saison 2003-2004 pour voir Lens terminer devant Lille au terme d'un championnat. Sur la scène européenne, les Lillois sont également plus réguliers avec sept participations à la Ligue des champions contre seulement deux pour les Sang et Or.

Les Lensois n’ont remporté qu’un titre de champion de France, en 1998. Ils ont gagné la Coupe de la Ligue en 1999 ainsi que quatre championnats de deuxième division. Leur meilleure performance en coupe d’Europe remonte à 2000, année durant laquelle ils ont atteint les demi-finales de la Coupe de l'UEFA. Le Losc n’est jamais allé aussi loin sur la scène continentale mais dispose d’un avantage conséquent lorsque l’on compare les armoires à trophées. 

Confrontations directes : avantage Lille

Depuis la création des deux clubs (en 1906 pour le Racing Club de Lens, en 1944 pour le Losc), 112 derbys ont été disputés, la majorité en première division. Là encore, les Lillois sont devant. Avec 44 victoires pour 34 nuls et 34 défaites, ils ont pris la mesure de leur voisin du Pas-de-Calais. 

Mais cela n’a pas toujours été le cas. Jean-Baptiste Allouard, journaliste et co-auteur du livre L’histoire des derbys raconte : "Il y a eu un basculement au début des années 2000. Lille est devenu une équipe européenne avec l’arrivée de Michel Seydoux à la direction du club. Dans le même temps, Lens n’a pas su garder son avantage acquis depuis la fin des années 1970, la faute à des choix stratégiques discutables en matière de transferts de joueurs ou d’entraîneurs. L’arrivée de Guy Roux comme coach était par exemple une fausse bonne idée".

Avec trois relégations en Ligue 2 ces 15 dernières années, Lens a vécu l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Conséquence : les Sang et Or n’ont plus battu les Dogues en championnat depuis avril 2006. Lors des 12 derniers derbys, les Lillois sont restés invaincus avec neuf victoires (parfois retentissantes comme celles de la saison dernière, 4-0 à l’aller et 3-0 au retour) et trois matchs nuls. Cette domination s’explique notamment par un écart en termes de moyens financiers : avec un budget de 150 millions d’euros, le Losc dispose d’une manne économique trois fois supérieure à celle du RC Lens.

Infrastructures : match nul

Disposant tous deux de centres d’entraînement dernier cri (la Gaillette, inaugurée en 2002 à Avion pour le Racing, le Domaine de Luchin, inauguré en 2007 à Camphin-en-Pévèle pour le Losc), les deux clubs nordistes évoluent dans des stades prestigieux. 

À Lens, Bollaert-Delelis peut accueillir plus de 38.000 spectateurs dans une enceinte à l’anglaise qui fleure bon le football d’antan. Inauguré en 1932, le stade sang et or était le plus grand de France dans les années 1980 avec 50.000 places à disposition. Rénové en 2016 juste avant l’Euro, il dispose désormais d’une capacité inférieure à celle du stade Pierre-Mauroy, l’antre du Losc. 

Sortie de terre en 2012, l’enceinte lilloise compte 50.000 sièges et peut également accueillir des concerts et d’autres événements sportifs majeurs (finales de Coupe Davis, championnat d’Europe de basket, mondial de handball...). "C’est un lieu social, facile d’accès, moderne dans toute sa splendeur", détaille Williams Nuytens, sociologue à l’université d’Artois et auteur de La popularité du football - Sociologie des supporters à Lens et à Lille. "Il tranche avec les anciens stades du club qui n’accueillaient parfois que 2 ou 3.000 personnes par match dans les années 1980".

Un stade historique mais rénové situé en plein centre-ville d’un côté, une enceinte ultra-moderne avec toit rétractable mais sans véritable âme de l’autre. Choisir entre Bollaert-Delelis et Pierre-Mauroy, c’est un peu comme choisir entre les Classiques et les Modernes : c’est avant tout une histoire de goût. 

Ferveur populaire : avantage Lens

"La Lensoise" avant le match, "Les Corons" pendant la mi-temps, les "Merci Lensois !" après les victoires, et entre-temps, des chants à tue-tête à n’en plus finir. L’ambiance de Bollaert est une des plus chaudes de l’Hexagone. Considérés par beaucoup d’observateurs comme "le meilleur public de France", les supporters lensois savent donner de la voix pour encourager leurs joueurs. 

Cette saison, ils sont environ 35.000 à venir encourager leur équipe, soit environ 6.000 de plus que les fans lillois à Pierre-Mauroy. La moyenne lensoise devrait encore augmenter car le derby va -évidemment- se disputer à guichets fermés. Une ferveur impressionnante dans une ville de... 30.000 habitants. Mais cela s’explique, d’après Williams Nuytens : "à Lens, la transmission générationnelle est un phénomène plus ancien. L’assise populaire sur les 50 dernières années est supérieure à celle existant autour du Losc. C’est un phénomène incontestable, mais qui a tendance à se réduire grâce aux bons résultats de Lille ces dernières années". 

Le nombre de sections de supporters indique également le degré d’implication des fans des deux clubs : "Il y en plus de 50 dans toute la France pour le RC Lens contre seulement une vingtaine à Lille. Les pratiques des supporters sont clairement plus engagées autour du Racing que du Losc", abonde le chercheur. "Sommairement, à Lille, on est plus spectateur, à Lens, on est plus supporter, même si évidemment le Losc compte de nombreux fans".

Réputation : match nul

Dans la dernière enquête du Statista European Football Benchmark, le Losc est classé quatrième club le plus populaire de l’Hexagone derrière le PSG, Lyon et Monaco mais devant Marseille... et Lens. Grâce à ses succès récents (Ligue 1 et Trophée des champions), Lille a élevé sa côte de sympathie dans tout le pays et est considéré par les suiveurs du football comme un club "bien géré" (deuxième derrière Lyon) et "passionnant" (deuxième derrière Paris). 

Le Losc est aussi le deuxième club qui séduit le plus hors de sa base de fans (derrière Monaco). Une réputation flatteuse que les Lensois n’envient pas forcément. Dans cette même étude, le club artésien était en tête dans la catégorie du club le plus familial et le plus accueillant. 

Dans un dossier datant de décembre 2020, le magazine France Football a par ailleurs classé Lens troisième ville "la plus foot de France" (derrière Saint-Étienne et Lyon mais devant Lille, cinquième). Pour créer son classement, l’hebdomadaire a utilisé neuf critères parmi lesquels l’affluence en fonction de la population locale, le nombre de saisons en Ligue 1 ou les performances européennes.

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