3 min de lecture Féminisme

De 2010 à 2016, les prémices d'une révolution féministe

DANS LE RÉTRO (1/3) - Pendant la décennie 2010, la parole des femmes s'est libérée dans un élan féministe cristallisé par le mouvement #MeToo. Première partie d'un récit de dix années de lutte pour l'égalité.

Le 3 juin 2015, les femmes argentines manifestaient pour la première fois contre les féminicides.
Le 3 juin 2015, les femmes argentines manifestaient pour la première fois contre les féminicides. Crédit : JUAN MABROMATA / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

#YesAllWomen, #NiUnaMenos, #BalanceTonPorc : la décennie 2010 a vu fleurir des centaines de hashtags encourageant les femmes à prendre la parole sur les injustices et violences qu'elles subissent. Partout dans le monde, elles se sont saisies des réseaux sociaux et rassemblées IRL (In real life, NDLR) pour protester contre les inégalités. Un combat féministe commencé aux quatre coins du monde, bien avant l'affaire Weinstein et l'aura de #MeToo.

Dans le monde arabe, les femmes se sont révoltées dès le début des années 2010. En Tunisie, en Lybie, ou encore au Yémen, elles se sont emparées de l'opportunité du Printemps Arabe pour faire valoir leurs voix. "Elles ont manifesté pour un changement de régime, pour en finir avec la répression, pour qu’on relâche leurs proches", écrivait Courrier International en 2011. Et même si le journal souligne l'opportunité manquée d'une véritable révolution féministe, leur participation aux manifestations a permis aux femmes de faire leur entrée dans l'arène publique.

En décembre 2012, la lutte féministe gagne l'Inde. Les femmes sont des milliers à manifester après la mort d'une étudiante victime d'un viol collectif dans un bus de New Dehli. "Elles réclament la liberté. Celle de s'instruire, de tomber amoureuse, de mener leur vie sans être jugées, de vivre sans la peur d'être agressées", résume Le Monde en janvier 2013. En 2017, quatre des six accusés dans cette affaire ont été condamnés à la peine de mort.

Une femme Yéménite montre son poing sur lequel apparaît les drapeaux des pays ayant participé au Printemps Arabe sous le slogan "Nous vaincrons" le 26 octobre 2011.
Une femme Yéménite montre son poing sur lequel apparaît les drapeaux des pays ayant participé au Printemps Arabe sous le slogan "Nous vaincrons" le 26 octobre 2011. Crédit : MARWAN NAAMANI / AFP

De l'autre côté du globe, en Amérique Latine, un autre fléau cristallise le combat pour les droits des femmes : celui des féminicides. Dès 2015, celles-ci se mobilisent sous le slogan #NiUnaMenos. Quatre ans après les débuts du mouvement, des milliers de femmes se sont encore données rendez-vous en juin dernier pour dénoncer les violences machistes, rapporte Courrier International. La mobilisation s'est même exportée jusqu'en France où le slogan traduit "Pas une de plus" illustre le combat contre les violences conjugales.

Les prémices d'une révolution mondiale

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C'est finalement sur les États-Unis que se concentre l'attention. Après la tuerie d'Isla Vista (six morts), dont l'auteur visait spécifiquement les femmes, naît le hashtag #YesAllWomen pour dénoncer les violences sexuelles et misogynes. S'en suit le Gamer Gate ou encore l'affaire Bill Cosby qui posent les jalons d'une ère où les femmes osent de plus en plus dénoncer les viols, le harcèlement et les agressions sexuelles dont elles sont victimes. 

Entre temps, l'autrice nigériane Chimamanda Ngozi Adichie tient sa fameuse conférence Ted "Nous devrions tous être féministes". Emma Watson devient reine de l'égalité femmes-hommes à l'ONU. En 2015, Viola Davis (Murder, 2014) devient la première femme noire à remporter l'Emmy Award de la meilleure actrice dans une série dramatique. Et la même année, aux Oscars, l'actrice Patricia Arquette s'insurge des inégalités salariales à la tribune.

En 2016, l'élection de Donald Trump arrive comme un tremblement de terre. Le nouveau président des États-Unis est mis en cause par des dizaines de femmes pour des faits de violences sexuelles. Il est connu pour ses propos misogynes et sexistes. Dès le lendemain de sa prise de fonction, le 21 janvier 2017, est organisée la première Marche des Femmes (Women's March), devenue un rendez-vous annuel pour la défense des leurs droits. C'est sur ces bases déjà solides que le 5 octobre 2017 l'indignation autour de l'affaire Harvey Weinstein éclate. 

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