4 min de lecture Sexo

Orgasme : 3 idées reçues sur l'éjaculation et la jouissance masculine

PODCAST - L'éjaculation est souvent considérée comme l'orgasme masculin par excellence et comme fin du rapport sexuel. Voici pourquoi c'est faux.

Les Français au lit Les Français au lit RTL Originals iTunes RSS
>
Saison 2 - 4. La recherche de l'orgasme Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL Originals | Durée : | Date : La page du podcast
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

Que se passe-t-il lorsqu'on a un orgasme ? Dans l'épisode 4 des Français au lit, un podcast adapté d'un documentaire Téva, Florian (30 ans), Jérémy (36 ans) et Laurent (57 ans) racontent cette sensation de plaisir intense qui les envahit pendant un rapport sexuel... et démontent au passage quelques clichés sur l'éjaculation et la jouissance masculine.

L'orgasme agit comme "un régulateur" selon le sexothérapeute Alain Héril. Il libère des endorphines, les "hormones du bonheur" et peut, chez les hommes comme chez les femmes, apaiser les douleurs. Dans un article scientifique publié en 2013, des neurologues d'une université allemande on par exemple montré les bienfaits de la jouissance sur les épisodes migraineux. 

Longtemps considéré comme l'apogée du rapport sexuel, après la caractérisation du cycle sexuel par les sexologues William Master et Virginia Johnson, la place et la nature de l'orgasme masculin dans les ébats est peu à peu remis en question. Voici trois idées reçues sur ce moment d'extase.

1. L'éjaculation est le but du rapport sexuel

Lorsque Laurent a découvert le tantra il y a 20 ans, il a déconstruit son rapport à l'orgasme. D'un coup, celui-ci n'est plus devenu un objectif. "Il y a juste le fait de se présenter dans le temps, de faire l'amour avec l'autre, dans le partage de cette forme d'intimité, sans a priori, sans attente", explique-t-il. "Aujourd'hui, quand je fais l'amour, avant de commencer, je ne sais pas si je vais éjaculer ou pas, mais c'est devenu un choix. Ce n’est plus un objectif principal."

À lire aussi
La série "Sex Education" est disponible depuis le 11 janvier sur Netflix Sexo
Pourquoi l'éducation sexuelle actuelle n'est pas suffisante

C'est aussi en découvrant le tantra que Florian a arrêté de placer l'orgasme et plus précisément l'éjaculation au cœur de ses rapports sexuels. Une pratique, qui, comme l'abandon de la pénétration à tous prix, le libère. "Je peux avoir des rapports plus longs, explique-t-il. Et qui ont pas vraiment de début et de fin. J'aime bien me dire bah 'peut être que là on fait l'amour, et ça dure", résume-t-il.

Dans son cabinet de sexothérapie, Alain Héril interroge cette pratique de l'orgasme indispensable. Ce qui est important selon lui, c'est ce qui se déroule après l'orgasme. "Une fois qu'on l'a eu, qu'est ce qu'on fait ?" Il insiste sur la nécessité de s'attarder et d'accorder de l'attention à son partenaire. Sinon, "on obtient à deux ce qu'on peut obtenir seul", résume-t-il.

2. L'éjaculation est synonyme d'orgasme

Florian insiste aussi sur une chose : ce n'est pas parce qu'il éjacule qu'il a un orgasme. "Quand c'est juste une éjaculation comme ça, presque un peu mécanique, ou c'est de l'ordre du réflexe parce que je suis allé très vite, le pic est un peu mou et un peu petit", explique-t-il. 

À l'inverse, "après une éjaculation avec un orgasme, j'ai quand même pendant un bon temps, une sensation de légèreté et de connexion avec ma partenaire." Le mieux reste quand ce sentiment est partagé. "Si on a réussi à avoir l'orgasme en même temps, c'est assez magique carrément. Tout se mélange."

Plus qu'éjaculer, ressentir un orgasme nécessite d'être détendu. "Pour ressentir un orgasme, il faut quand même être présent à son orgasme, décrit Alain Héril. Il faut être attentif. Il faut se préparer. Il faut sentir que ça monte. Et puis laisser monter, puis laisser ouvrir. Et là, il y a des sensations d'agréabilité."

3. L'éjaculation est l'unique orgasme masculin

Avec le tantra, Laurent a appris à "délocaliser sa sexualité" et parvient à l'orgasme sans éjaculer. "Quand on arrive à s'approcher du point de non-retour de l'éjaculation, mais sans l'atteindre, et qu'on reste longtemps et qu'on a une respiration ample, qu'on fait des sons à ce moment là, qu'on se détend autour de ce point de non-retour, à ce moment là, il y a des phénomènes d'orgasme longs qui peuvent advenir pour les hommes", décrit-il.

Florian s'est aussi attardé à explorer son anus pour atteindre l'orgasme prostatique. Celui-ci s'obtient par pénétration anale et non pas par "des coups" mais par un massage de la prostate. Une expérience qui l'a fasciné. "Ça m'a fait un peu la sensation que je peux avoir quand je mange quelque chose de nouveau mais qui est hyper bon", décrit-il.

Abonnez-vous à ce podcast

Jérémy, lui, a été dérouté par sa première expérience d'orgasme prostatique. Il le décrit comme une chute... mais une chute agréable. "On est vraiment dans une espèce de cocon. Et moi, j'ai une impression de tomber, de tomber ou d'être dans un escalator qui descend, qui descend, qui descend, qui descend..."

Malgré cette sensation d'extase incomparable, l'orgasme prostatique reste tabou. "Beaucoup d'hommes pensent que tout ce qui est en lien avec la zone anale, le périnée et le fait d'être touché, d'être léché, d'être pénétré à cet endroit là, c'est forcément de l'homosexualité refoulée, explique Alain Héril. Il y a des hommes qui ne supportent pas ça". Pour autant, Jérémy recommande de ne pas se précipiter pour l'essayer. "Il faut y aller que si on a envie d'y aller, tout simplement", conseille-t-il.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Sexo Sexualité Amour
Pour ne rien manquer
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants