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"À dada sur mon bidet", mais qui est ce "bidet" ?

Les comptines de notre enfance comportent souvent un vocabulaire ancien, qui nous plonge dans des abîmes de perplexité. Tenez, quel est ce "bidet" sur lequel nous montons "à dada" ? Réponse avec Muriel Gilbert.

Un dictionnaire
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Crédit : Pixnio/pics_pd
"À dada sur mon bidet", mais qui est ce "bidet" ?
03:02
Muriel Gilbert
Muriel Gilbert
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Ce dimanche, amis des mots, on continue à se pencher sur des mystères qui remontent à notre enfance. Les comptines, les chansons que nous chantons à nos petits, tout cela fait partie des premiers contacts que nous avons avec notre langue maternelle. 

Ces chansonnettes sont souvent très anciennes, et parfois utilisent un vocabulaire ou des tournures qui nous surprennent. Hier, nous avons résolu un mystère grammatical (pourquoi dans Gentil coquelicot, on chante : "j’ai descendu dans mon jardin" et non "je suis descendu dans mon jardin"). Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur une question de vocabulaire. Parce que je viens d’apprendre pourquoi on chante "à dada sur mon bidet".

Pourquoi dit-on "à dada", d’abord ? "À dada", c’est "à cheval", bien sûr. Dada est considéré par les dictionnaires comme une onomatopée enfantine, c’est à peu près aussi pertinent que toutou, minou et coin-coin. Mais c’est surtout ce bidet qui m’a toujours étonnée, pas vous ? D’abord, aujourd’hui, un bidet, c’est surtout, selon la définition du Robert, une "cuvette oblongue et basse, sur pied, servant à la toilette intime". Un mot qui vient de l’ancien verbe d’ancien français bider, qui a disparu depuis longtemps de notre vocabulaire, et qui signifiait "trotter".

De multiples étymologies

J’ai appris cela et tout ce qui va suivre dans un formidable petit livre qui s’appelle Bizarre, vous avez dit bizarre ?, écrit par Françoise Nore (éditions de l’Opportun). Donc au XVIe siècle le verbe bider, "trotter", a donné le nom bidet, désignant assez logiquement un petit cheval. "Deux siècles plus tard, explique Françoise Nore, bidet prend le sens métaphorique de meuble de toilette, et en effet : pour utiliser un bidet on s’assoit dessus comme sur un cheval."

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Le plus rigolo, c’est que ce mot est aussi de la même famille que la "bidoche" que vendent les mauvais bouchers. Comment passe-t-on du bidet à la bidoche ? Au XIXe, le mot bidoche, dérivé de bidet, commence à désigner un cheval de bois. Et rapidement, bidoche "prend le sens de viande", et de "mauvaise viande", en particulier. Pourquoi ? Parce que, "durant la première partie du XIXe siècle, la consommation de viande de cheval a très mauvaise réputation car, dans l’esprit du peuple, elle est associée à la pauvreté. Une mauvaise viande ne peut donc être qu’une bidoche, c’est-à-dire du cheval" - et même une viande dure comme un cheval de bois !

L'origine du mot boucher

Et tenez, puisqu’on en est à la viande, j’ai appris également dans le livre de Françoise Nore pourquoi le boucher s’appelle "boucher". C’est vrai, celui qui vend du poisson s’appelle "poissonnier", celui qui vend du fromage, "fromager", celui qui vend de la viande devrait être un "viandier". Mais, à l’origine, le boucher était celui qui abattait les boucs, puis l’acception du terme s’est élargie, et dès le XIIIe siècle, le mot s’est mis à désigner les marchands de viande, quelle qu’elle soit. D’ailleurs, à l’époque, le mot viande, qui vient du latin vivanda, "ce qui sert à vivre", désignait non la viande mais la nourriture en général. Bon appétit, amis des mots !

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