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Peine de mort : Julien Clerc raconte ce qui l'a décidé à chanter "L'assassin assassiné"

A l'occasion des 40 ans de l'abolition de la peine de mort, Julien Clerc revient dans "Bonus Track" sur l'histoire de sa chanson, "L'assassin assassiné". Un tube inspiré d'un procès que le chanteur a suivi en compagnie de Robert Badinter.

Julien Clerc au Trianon, le 9 novembre 2004 à Paris
Julien Clerc au Trianon, le 9 novembre 2004 à Paris
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
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Thibaud Chaboche

Il y a 40 ans était abolie la peine de mort en France. Une réforme historique, votée en 1981, et portée par un homme, devenu figure emblématique de ce combat : Robert Badinter. Mais aux côtés des personnalités politiques et judiciaires, le monde de la culture s'est aussi mobilisé. 

Invité d'Eric Jean-Jean dans Bonus Track ce lundi 4 octobre 2021, Julien Clerc revient sur l'histoire d'un de ses titres, L'assassin assassiné. Un tube en faveur de l'abolition de la peine de mort, sorti en 1980 et longtemps resté dans les tiroirs, avant d'être diffusé. Pourquoi ?  C'est un procès qui va marquer le chanteur et le convaincre d'inclure cette chanson dans Entracte

Ce procès, c'est celui de Norbert Garceau, meurtrier récidiviste, condamné une première fois à mort, avant que sa sentence soit finalement révisée en 1980, pour "vices de procédure". Dans la salle, un certain Robert Badinter, alors avocat, prend la défense de l'accusé. "Il (Robert Badinter, ndlr) prenait des cas difficiles et plaidait plus généralement contre la peine de mort", explique Julien Clerc, présent au procès.

Il m'a dit que les choses devaient changer, qu'un jour, il y aurait des drames

Julien Clerc

À l'intérieur, l'ambiance est électrique, violente. "Ce qui m'a marqué, c'est que la barre où se trouvait Badinter était un peu descellée. Il le savait, et quand il parlait, il agrippait cette barre, scandait les choses horribles qu'impliquait la peine de mort en tapant avec cette barre".
   
Alors qu'ils sont nombreux au sein de la société à s'exprimer en faveur de la peine de mort, Robert Badinter, lui, souhaite son abolition. "A la fin des séances, il était exfiltré par la petite porte, et plaçait sa famille en sécurité 15 jours avant chaque procès", continue Julien Clerc. Et c'est un soir, en rentrant en train de nuit depuis Toulouse, que Julien Clerc va faire la rencontre du futur homme politique. "Nous n'avons presque pas dormi de la nuit", confie-t-il au micro de RTL. 

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Pendant le voyage, les deux hommes discutent du procès qu'ils viennent de vivre. "Je lui disais que je trouvais ça dingue le nombre de personnes dans la salle, presque assises sur les bancs des accusés, qui criaient, continue l'artiste. Lui me répondait que les choses devaient changer, qu'un jour, il y aurait des drames. Cette ambiance violente m'a poursuivi toute ma vie". 

Cet épisode va faire réagir Julien Clerc. En rentrant, il compose avec Jean-Loup Dabadie L'assassin assassiné. "J'ai reçu de nombreuses réactions, parfois inappropriées (...) il y a deux lettres qui me restent en mémoire : l'une écrite par Robert Badinter, qui me remerciait (...) et une autre, d'une gentille dame, m'expliquant longuement que ce n'était pas bien cette chanson, car on se servait de l'émotion pour défendre une thèse qui était mauvaise selon elle. Mais les artistes se battent avec les armes qu'ils ont, et l'émotion en fait partie".

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