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Miss France : dans les coulisses du concours de beauté

Le concours de beauté, qui s'apprête à célébrer ses 100 ans, a bien changé depuis sa création. Les méthodes de Sylvie Tellier, à la tête de Miss France depuis 2010, ne font pas l'unanimité.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Miss France : dans les coulisses du concours de beauté Crédit Image : VALERY HACHE / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Isabelle Choquet
Isabelle Choquet édité par Marie Gingault

Ce matin, on se glisse dans les coulisses de Miss France. Un concours qui a bien changé depuis l'époque de Geneviève de Fontenay, elle-même miss Élégance 1957. Le bon vieux concours de beauté à l'ancienne est devenu un business qui tourne bien, sous la houlette de Sylvie Tellier, Miss France 2002. Dès le soir de son élection, le ton était donné : "C'est une jolie plante dans une belle peau de vache", voilà ce que disait Geneviève en coulisses. C'est à lire cette semaine dans Marianne.
 
Depuis, la dame au chapeau a vendu son bébé à Endemol, puis elle a été poussée vers la sortie. Les comités Miss France régionaux ont dû choisir leur camp. Certains sont restés chez Miss France, et aujourd'hui, ils le regrettent amèrement. "Ça a commencé l’an dernier", explique Jean-Jacques Sabourin, président du comité Centre-Val de Loire et Auvergne. 

"Sylvie m’a dit : 'Tu sais, Jean-Jacques, l’année prochaine, la licence pour pouvoir utiliser le logo Miss France sera de 1.800 euros'. Avant, il n’en avait jamais été question. De la même façon, les 29 délégués régionaux étaient bénévoles. Sylvie Tellier les a peu à peu remplacés par des jeunes loups qui travaillent souvent dans l’événementiel. Eux, ils gagnent de l’argent grâce à leur miss régionale, dit Sabourin, mais moi...". 

Une élection régionale à plus de 10.000 euros

Grosse pression financière aussi pour Robert Sebas, le président du comité Guyane : "Pour la première fois, on nous a imposé la présence de Miss France en personne lors de notre élection régionale. Cela implique de la faire venir en avion, en première classe s’il vous plaît, elle et son accompagnateur, il faut un hôtel 4 étoiles... En plus, on m’a demandé un cachet de 5.000 euros pour sa prestation ! Si vous ajoutez la licence, on arrive à une dépense de 10.000 à 12.000 euros, plus du double des années précédentes !", rapporte-t-il.
 
Là-dessus est arrivée la crise du coronavirus. Mais la société Miss France a voulu malgré tout organiser des élections en province. Sauf que des élections sans public, ça ne rapporte rien, vu que la principale source de revenus ce sont les billets. Certains comités régionaux ont donc fait des propositions à Sylvie Tellier : envoyer la première dauphine de l’année passée, reconduire Clémence Botino, Miss France 2020, vu que son année a été largement massacrée, mais tout a été refusé. Jean-Jacques Sabourin a finalement jeté l’éponge en juillet.
 
Son collègue de Guyane, lui, a subi de plein fouet la crise de Covid-19. "Plus de 10.000 contaminations et 70 morts en juin. Un tissu économique à l’arrêt. Comment voulez-vous qu’en pleine épidémie, alors que les services publics sont débordés, on aille demander un surplus d’argent… pour faire la fête ?". Il a démissionné lui aussi, mais sa sortie était programmée de toutes façons, car trop contestataire. En effet, dans le nouveau système, les présidents régionaux n'ont une licence que pour un an. "Au moindre faux pas, on saute" dit Sebas.

Jamais de la vie je n'y retournerai, ça n'a plus d'âme !

Geneviève de Fontenay
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Ajoutez à cela une accusation d'élection arrangée en Franche-Comté, un soupçon de grossophobie générale, avec des robes commandées en 36 et 38 uniquement, ainsi qu'une rigidité inédite sur les tatouages ou la nudité. Il y a eu l'affaire de Miss Guadeloupe, éliminée parce qu'elle avait posé seins nus contre le cancer du sein. 

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Bref, Sylvie Tellier n'apparaît pas comme une tendre. Elle n'a pas souhaité répondre à Marianne, mais une proche explique : "L’époque de l’organisation familiale, cela avait du charme, mais maintenant, ce n’est plus possible. On ne peut plus se permettre d’être approximatif". Quant à Geneviève de Fontenay, 88 ans, elle vit aujourd'hui retirée dans son deux pièces de Saint-Cloud, avec ses 1.400 euros de retraite. Ça n'a jamais été une femme d'argent. Le centenaire de Miss France, samedi, elle le suivra à la télé : "Jamais de la vie je n’y retournerai, dit-elle, ça n’a plus d’âme !". 

"Miss France. Fini la bonne franquette !", à lire dans Marianne cette semaine. 

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