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Langue française : faut-il écrire "des vals" ou "des vaux" ?

Curiosité de notre langue : certains mots ont deux pluriels, s'amuse Muriel Gilbert...

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Crédit : shubham-butola/unsplash

Muriel Gilbert

C'est le Bonbon sur la langue de dimanche dernier qui inspire celui de ce matin, amis des mots. Nous posions la question de savoir pourquoi certains mots en "al" font leur pluriel en "aux" (comme un cheval, des chevaux ; un journal, des journaux ; un animal, des animaux) tandis que d’autres font leur pluriel en "als" (comme un festival, des festivals ; un carnaval, des carnavals ; un bal, des bals ; un régal, des régals).

Pour résumer, c’est une question d’histoire, d’antériorité de certains mots par rapport aux autres. Mais au-delà de ces termes au pluriel en "als" ou en "aux", il y en a d’autres qui, curieusement, admettent les deux pluriels.

C’est le cas du val, par exemple. Val dans le sens de vallée, comme dans Le dormeur du val d’Arthur Rimbaud, "un petit val qui mousse de rayons". Ce val-là donne au pluriel des vaux, comme dans l’expression "par monts et par vaux". Mais figurez-vous qu’on peut aussi dire des vals, et j’ai même eu la surprise de découvrir que c’est le premier pluriel indiqué par les dictionnaires.

C’est ce qui m’a donné envie d’aller voir quels autres mots en "al" proposaient eux aussi un pluriel "bigoût". D’abord, il y a le nom et adjectif idéal qui peut faire idéals ou idéaux : "Je recherche les livres idéals" ou "Je cherche les livres idéaux". Il y a également l’adjectif final, qui autorise les deux terminaisons : des résultats finals ou finaux. Et encore l’adjectif glacial : des hivers glacials ou glaciaux. Moins usité, l’adjectif pascal, qui vient de Pâques, celui de l’agneau pascal et du week-end pascal. Et bien, il peut lui aussi faire son pluriel de deux façons : des agneaux pascals ou des agneaux pascaux. Enfin, pour fermer la troupe des pluriels bigoûts des mots en "al", ajoutons le sympathique jovial : des journalistes jovials, ou joviaux.

Cousins des mots en "al", il y a ceux en "ail"

Il y a encore l’adjectif banal, qui peut donner au pluriel banals ou banaux. Mais là, on n’a pas vraiment le choix car chaque pluriel correspond à un sens différent. Au sens courant, c’est banals : "Les pulls de Valérie ne sont jamais banals". Le pluriel banaux ne s’applique que dans un sens historique : les fours banaux, les moulins banaux, ceux qui étaient à la disposition de tout un village à l’époque médiévale.

Cousins des mots en "al", il y a ceux en "ail". Eux, en règle générale, font leur pluriel en "ails" : un chandail, des chandails ; un épouvantail, des épouvantails. Une petite liste de récalcitrants fait quand même exception à cette règle : bail, corail, émail, soupirail, travail, ventail et vitrail font leur pluriel en "aux". Un bail, des baux ; un corail, des coraux ; un vitrail, des vitaux, etc. Et parmi les mots en "ail", n’oublions pas l’ail tout court, qui, lui, vous donne le choix au pluriel : des ails ou des aulx (celui-là n’est pas très courant mais très précieux au Scrabble, avec sa finale en X à 10 points).

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