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Comment le mot "banalité" est cousin du mot "banlieue"

Muriel Gilbert se penche sur l’étonnante fertilité de la famille du "ban” médiéval…

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Crédit : johann-walter-bantz/unsplash
Comment le mot "banalité" est cousin du mot "banlieue"
00:03:21
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Muriel Gilbert

Je vous parlais la semaine dernière, amis des mots, de l’origine de l’expression "c’est la croix et la bannière", une expression qu’on emploie pour insister sur le fait que quelque chose est extraordinairement compliqué à obtenir ou à organiser, genre "Pour avoir un bon petit café et croissant, dans ce studio, c’est la croix et la bannière !" Et j’expliquais qu’au Moyen Age, la bannière était l’enseigne d’un ban, ce ban désignant l’ensemble des vassaux convoqués par un seigneur…

On parle même parfois de "convoquer le ban et l’arrière-ban", c’est-à-dire "appeler tout le monde à la rescousse", l’arrière-ban représentant à l’origine les vassaux des vassaux, les arrière-vassaux, quoi. Ce ban, arrivé en français au XIIe siècle, s’est ensuite mis à désigner le territoire soumis à la juridiction du seigneur, et d’ailleurs c’est pour cela que l’on parle de four banal ou de moulin banal, ceux qui sont utilisés par tout le village mais appartiennent au seigneur (dans banal, il y a ban). Rappelons au passage que banal, dans ce sens-là, donne banaux au pluriel (des fours banaux), tandis que lorsque banal veut dire “ordinaire” le pluriel est banals avec un S (des spectacles banals, des livres banals).

Et les deux adjectifs viennent du mot ban. Ce moulin et ce four banaux, qui sont à la disposition de tout le monde, eh bien en plus de banaux, par extension, ils deviennent banals, ordinaires.

Du ban à la banlieue

Sur Facebook, une auditrice du nom de Pierrette a attiré mon attention sur l’incroyable fertilité de cette racine, ban, qui a également donné naissance au verbe bannir, à l’abandon et même… à la banlieue, figurez-vous.

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Banlieue, ça va de soi quand on y pense, est un mot construit sur ban et sur cette ancienne mesure de distance, la lieue. La ban-lieue c’est, à l’époque médiévale, l’espace d’environ une lieue autour d’une ville sur lequel s’étendait la juridiction du seigneur local. Quant à bannir, depuis le XIIIe siècle, c’est exclure du ban, tandis que le mot forban a d’abord désigné le bannissement, puis un pirate, un bandit, et même, dans les années 1980, au pluriel, un boys-band de rock qui encourageait la jeunesse à chanter, danser et mettre ses baskets : les Forbans ! Oui, bon, ça, c’est un peu pour la blague.

Quoi qu’il en soit, amis des mots, je vous attends cet après-midi au Salon du livre de Noël de Saint-Quentin, dans l’Aisne. Je commence, à 14 heures, par une dictée à ma façon, c’est-à-dire une dictée rigolote où l’on a le droit de copier sur son voisin et où l’on ne ramasse pas les copies, mais on peut aussi juste venir bavarder des bonnes blagues de la langue française… ou faire dédicacer ses cadeaux de Noël, bien sûr !

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