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Barbara, les Barbares et le barbarisme

Qu'appelle-t-on un barbarisme ? Y a-t-il un rapport avec les Barbares ? Et avec le prénom Barbara ? Muriel Gilbert répond...

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Crédit : towfiqu-barbhuiya/unsplash
L'INTÉGRALE - Barbara, les Barbares et le barbarisme (02/10/22)
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Muriel Gilbert

À la suite d’un récent “Bonbon sur la langue” au sujet des traces des invasions barbares dans la langue que nous parlons aujourd’hui, j’ai reçu un message de Barbara, de Paris XIXe, qui "trouve étonnant qu’on qualifie de barbares des peuples comme les Francs : puisqu’ils se sont finalement installés chez nous, ils sont nos ancêtres, au même titre que les Gaulois, ou même les Romains", m'écrit-elle.

Elle a tout à fait raison : ils sont nos ancêtres eux aussi. Je me suis tout de suite demandé si le fait qu’elle soit aussi sensible à cet adjectif, barbare, n’était pas lié à son prénom : Barbara ! Voyons cela… Le premier sens que donne le Larousse aujourd’hui pour barbare, est "D’une grande cruauté ; inhumain", avec l’exemple "Un tyran barbare". Deuxième sens, "Contraire à l’usage et au bon goût" – d’aucuns qualifieraient de "barbares" les airs préférés de Valérie Quintin, par exemple. Donc vous voyez, déjà, l’adjectif barbare a un sens très fort, violent, et un sens beaucoup plus léger : entre la barbarie d’un régime politique et celle (qui se discute !) de notes de musique, il y a un gouffre.

Mais le plus intéressant, c’est l’étymologie du mot barbare. Il vient du grec barbaros, qui signifie tout simplement quoi ?… "étrange". Barbaros, c’est le nom que donnaient les Grecs à tous les non-Grecs. Donc les Romains, par exemple, étaient des barbares pour les Grecs. Ce qui est rigolo, c’est que barbaros est une onomatopée : barbarbarbarbar : c’est ainsi que les Grecs entendaient (et imitaient) la façon de parler de ceux dont ils ne comprenaient pas la langue. En Français, on pourrait dire blablabla. En somme, l’étranger, barbaros, c’est celui que l’on ne comprend pas.

Par la suite, les Romains ont appelé Barbares tous ceux qui ne faisaient pas partie de la civilisation gréco-romaine. Enfin, les historiens ont nommé Barbares les peuples – qu’ils soient Goths, Vandales, Burgondes, Huns ou Francs – qui ont envahi l’empire romain (dont la Gaule), à partir du IIIe siècle après J.-C.

Le barbarisme, une faute de langage

À écouter aussi

À noter que le fait que l’on parle de barbarismes, en matière de langue française, a évidemment un rapport avec cette histoire. Les Romains eux-mêmes employaient l’adjectif barbarus au figuré, "pour rude, grossier, inculte", selon le Dictionnaire historique de la langue française. Barbarisme, quant à lui, arrive dans notre langue au XIIe siècle, issu du latin barbarismus, désignant une "expression vicieuse". Une définition proche de celle que donne le Petit Larousse aujourd’hui pour barbarisme : une "faute de langage consistant à employer un mot qui n’existe pas ou à déformer un mot".

Quant au prénom, naturellement Barbara n’a rien de barbare, au sens moderne du terme ; Barbara, c’est tout simplement l’"étrangère". Et un bien joli prénom ! (J’aurais bien aimé m’appeler Barbara, moi. C’est mystérieux… Barbara Gilbert, ça sonne bien, non ?)

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