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Safer Internet Day : le gouvernement lance un site pour protéger les enfants du porno

Le gouvernement va lancer mardi le site jeprotegemonenfant.gouv.fr pour mieux protéger les enfants de la pornographie en ligne. Le portail centralise des ressources pour permettre aux parents de mieux appréhender cette problématique.

Un homme et un enfant sur un ordinateur
Un homme et un enfant sur un ordinateur
Crédit : Marko Geber / GETTY
Benjamin Hue & AFP

Le gouvernement s'attaque à l'exposition des mineurs à la pornographie. A l'occasion du Safer Internet Day, journée annuelle de sensibilisation en faveur d'un Internet plus sûr, les autorités lancent ce mardi 9 février une plateforme en ligne pour aider les parents à mieux protéger leurs enfants face aux contenus porno et leurs conséquences. 

Baptisé jeprotegemonenfant.gouv.fr, le portail vise à informer les parents des risques liés à l'exposition de leur progéniture à la pornographie et à centraliser les ressources pour y remédier. Il s'adresse aux parents d'enfants à partir de 6 ans. 

Ces derniers trouveront sur le portail des informations détaillées pour bien utiliser les outils de contrôle parental proposés par les fournisseurs d'accès à Internet. Le site propose aussi des éléments pour déconstruire les clichés véhiculés par les films X qui peuvent influencer la sexualité des adolescents.

Cette plateforme gouvernementale aiguille les parents vers les bons comportements à adopter pour limiter l'exposition des mineurs au porno en  ligne
Cette plateforme gouvernementale aiguille les parents vers les bons comportements à adopter pour limiter l'exposition des mineurs au porno en ligne
Crédit : Capture d'écran

La création de cette plateforme d'information s'inscrit dans le cadre d'un protocole adopté il y a un an par le gouvernement, le CSA, les principaux acteurs des télécoms et de l'internet, ainsi que des associations de protection de l'enfance.

Une exposition précoce a des conséquences

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La campagne de communication déployée sur internet repose sur un spot vidéo mettant en scène une petite fille qui demande à ses parents "comment on fait les bébés?". Au grand désarroi des parents, c'est son grand frère, âgé de 10 ou 11 ans, qui lui répond: "Bah c'est simple! La femme, elle est à quatre pattes. L'homme lui tire les cheveux, et elle crie très fort".

Selon un sondage de 2018, près d'un tiers des jeunes ont déjà vu du porno avant 12 ans, plus de 60% avant 15 ans et 82% avant 18 ans. Et une telle exposition précoce a des conséquences: plus de la moitié des mineurs avouent avoir été "choqués" la première fois qu'ils ont été confrontés à des contenus pornographiques.

En outre, 44% des adolescents ayant déjà eu des rapports sexuels déclarent avoir essayé de reproduire des pratiques vues dans des films X, et près d'un quart disent être complexés à cause du porno.

"Certains ados pensent que pour donner du plaisir à leur petite copine, il faut lui taper sur les fesses et la prendre par les cheveux", déplore Thomas Rohmer, président de l'association OPEN (Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique). "Penser que ça ne fonctionne que comme ça, c'est problématique", ajoute M. Rohmer, convaincu que "sur ces sujets, on a le droit de ne pas être à l'aise mais pas d'être fuyant".

Pour le secrétaire d'État Adrien Taquet, interrogé par l'AFP, la plupart des parents n'ont "pas conscience" de l'ampleur du phénomène. "Ils ont besoin d'aide sur ces questions, car certains se sentent démunis" et il faut donc leur "proposer des solutions, mais sans les culpabiliser".

Un simple clic suffit pour prouver sa majorité

À l'heure actuelle, la loi impose aux acteurs de l'industrie du X de faire en sorte que leurs contenus ne soient pas accessibles aux mineurs. L'exposition à la pornographie est passible de trois ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende pour les sites contrevenants. Mais la plupart du temps, il suffit d'un clic pour certifier sa majorité. 

Un dispositif insuffisant aux yeux de la loi qui a doté récemment le CSA du pouvoir d'intervenir en la matière, en bloquant des sites. Saisi en novembre par trois associations, le gendarme de l'audiovisuel pourrait prendre "des décisions dans le mois qui vient" sur ce dossier qui vise notamment trois déclinaisons du site français Jacquie et Michel, emblème du porno amateur, ainsi que le géant du porno Pornhub.

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