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Présidentielle américaine : le pire des scénarios se joue sur Facebook et Twitter

Malgré les multiples mesures prises pour éviter la propagation de fausses informations et garantir l'intégrité du scrutin, les résultats de l'élection sont déjà contestés sur les réseaux sociaux.

Donald Trump compte près de 90 millions d'abonnés sur Twitter
Donald Trump compte près de 90 millions d'abonnés sur Twitter Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Le pire des scénarios pour la démocratie est en train de se jouer aux Etats-Unis. Malgré une forte participation, l'élection présidentielle américaine est bien partie pour se terminer sans vainqueur. Le scrutin devrait se jouer devant les tribunaux, ouvrant la voie à des jours, voire des semaines de polémiques et contestations susceptibles de provoquer des flambées de violence à travers un pays plus que jamais en proie aux divisions. 

S'engouffrant dans cette brèche, Donald Trump a accusé mardi soir sur les réseaux sociaux le camp démocrate de "voler" l'élection, avant de revendiquer la victoire lors d'une allocution et de remettre en cause la fiabilité du vote par correspondance, alors que de nombreux bulletins restent à dépouiller. Le président sortant réagissait à la brève allocution de son rival Joe Biden, qui avait estimé un peu plus tôt être "en bonne voie" pour l'emporter. Les démocrates se sont aussi dits prêts à combattre en justice.

En première ligne dans la campagne électorale, les réseaux sociaux s'étaient préparés à une telle éventualité. Inquiets du risque de troubles à travers le pays et soucieux de ne pas sortir aussi discrédités de l'élection qu'il y a quatre ans, Facebook et Twitter ont multiplié les mesures pour limiter les tentatives de manipulation de l'opinion. Les deux plateformes se sont notamment engagées à interdire les accusations non fondées de fraude électorale et les revendications prématurées de victoire. Les déclarations du président sortant les ont contraint à activer leurs garde-fous.

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Une dizaine de minutes après la publication du message de Donald Trump, Twitter, où le milliardaire républicain compte près de 90 millions d'abonnés, a mis en garde ses utilisateurs contre le contenu potentiellement "trompeur" du tweet, indiquant qu'"une partie ou tout du contenu partagé dans ce tweet est contesté et peut induire en erreur sur une élection". Le message n'est désormais plus visible dans l'immédiat, il faut cliquer dessus pour l'afficher.

Adepte d'une politique moins stricte, Facebook n'a pas censuré les déclarations polémiques de Donald Trump. La plateforme, où le président sortant compte 32 millions d'abonnés, a ajouté un commentaire pour préciser que le dépouillement des urnes n'était pas terminé et que l'affirmation du candidat républicain n'était pas fondée.

"Les résultats définitifs peuvent différer des premiers décomptes de voix, étant donné que le dépouillement des bulletins continuera pendant des jours, voire des semaines", a écrit le réseau social, ajoutant que "le décompte des voix est en cours. Il n'y a pas encore de candidat donné gagnant". 

Cet avertissement a aussi été appliqué à un autre message de Donald Trump indiquant qu'il allait faire une déclaration pour proclamer "une grande victoire", pour lequel Twitter n'a pas encore réagi. Tous les messages passés et présents des deux candidats sont désormais assortis de ce type de mention.

Les règles des réseaux sociaux sont déjà bafouées

En dépit de ces bonnes intentions, les règles mises en place par les plateformes ont rapidement volé en éclat après le discours télévisé en direct de Donald Trump. Facebook et Twitter n'ont pas pu empêcher les messages revendiquant la victoire ou mettant eu cause l'intégrité du scrutin de se propager. Les barrières érigées par les réseaux sociaux n'ont finalement pas pesé bien lourd face à la force de frappe du locataire de la Maison blanche.

La proclamation de la victoire de Donald Trump dans plusieurs états clés, où le décompte des voix est pourtant toujours en cours, a été massivement relayée par des dizaines de milliers de comptes sur Facebook et Twitter. Idem pour le message dans lequel il accuse les démocrates de voler l'élection. Un compte officiel de la campagne du candidat républicain a également proclamé la victoire en Pennsylvanie, un "swing state" dont le résultat, crucial pour l'issue du scrutin, s'annonce particulièrement contesté. 

Facebook a indiqué dans la matinée qu'il avait "commencé à publier des notifications sur Facebook et Instagram pour rappeler que des votes sont encore en cours de dépouillement et qu'aucun vainqueur n'est encore déterminé." A voir si cela sera suffisant pour empêcher la situation de virer au chaos alors que les résultats définitifs prendront probablement plusieurs semaines à être finalisés. 

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