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Omegle : pourquoi ce chat vidéo prisé des ados est dans le viseur des autorités

Cette plateforme de messagerie vidéo américaine très prisée des adolescents a été signalée à la justice par le gouvernement après une enquête dénonçant l'exposition des jeunes utilisateurs à des comportements sexuels.

La plateforme Omegle est accusée de favoriser les comportements exhibitionnistes
La plateforme Omegle est accusée de favoriser les comportements exhibitionnistes
Crédit : Omegle
Benjamin Hue
Benjamin Hue

La promesse de ce site de chat vidéo laissait présager ses futures dérives. La plateforme américaine Omegle est dans l'œil du cyclone dans l'Hexagone depuis la publication d'une enquête du site français Koolmag qui a montré que ses jeunes utilisateurs y sont confrontés à des pratiques exhibitionnistes, à des contenus pornographiques voire à des comportements prédateurs de la part d'utilisateurs d'âge mûr. Si bien que le site est aujourd'hui dans le viseur du gouvernement qui a annoncé par la voix du secrétaire d'État en charge de l'Enfance et de la Famille Adrien Taquet qu'il allait saisir la justice sous la pression des associations de protection de l'enfance.

À l'instar du site "Chatroulette", très populaire au début des années 2010, Omegle propose de mettre en relation ses utilisateurs avec des inconnus. Lancée début 2009, à peu près au même moment que son célèbre cousin, la plateforme se présente sous la forme d'une messagerie instantanée à partir de laquelle il est possible d'échanger avec des personnes choisies de manière aléatoire par texte ou par webcams interposées. L'idée derrière ce site est de "parler à des inconnus" de manière anonyme avec la possibilité de cliquer sur un bouton "Next" pour passer à la personne suivante à tout moment.

Dix ans après son lancement, Omegle a connu un regain d'intérêt durant le confinement où de nombreux utilisateurs l'on utilisé pour rompre l'isolement. Il est aujourd'hui très prisé des adolescents, notamment en France où nombre de 10-15 ans s'y connectent pour faire des rencontres depuis le confinement. Un million d'internautes français s'y rendraient chaque mois, selon le site Koolmag. La popularité du site a aussi été fortement boostée par des YouTubeurs, comme Squeezie ou JustRiadh, qui ont invité leurs fans à les retrouver sur la plateforme au milieu de milliers d'inconnus pour échanger avec eux quelques minutes. Une pratique également observée chez plusieurs influenceurs aux États-Unis. Sauf qu'avant de croiser leurs idoles, les jeunes doivent généralement passer par de nombreuses vidéos explicites car la plateforme n'est pas pensée pour filtrer ces contenus à un public adolescent.

Beaucoup de vidéos explicites

Premier grief : censé être réservé aux plus de 13 ans, avec autorisation parentale, ou plus de 18 ans, Omegle est en réalité accessible à tous les internautes. De la même manière que sur les sites pornographiques qui sont aujourd'hui dans le viseur des autorités, il suffit d'un simple clic pour attester que l'on a l'âge adapté, sans autre vérification. En outre, alors que les conditions d'utilisation du site bannissent la nudité, la pornographie et les comportements sexuellement explicites, on y croise facilement des adultes dans des positions suggestives, voire carrément en train de se masturber ou des vidéos de couples pornographiques.

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Les dérives épinglées dans l'enquête de Koolmag ne sont pas nouvelles. Omegle a déjà fait l'objet de plusieurs mises en garde aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni ces dernières années. 

Contacté par RTL, le fondateur d'Omegle, un Américain nommé Leif K-Brooks, qui avait 18 ans au moment de la conception du site, renvoie à la politique d'utilisation de la plateforme qui interdit sa consultation par les mineurs de moins de 13 ans sans autorisation parentale. Il explique que "Omegle prend la sécurité des utilisateurs au sérieux, bien qu'ils soient les seuls responsables de leur comportement lors de l'utilisation du site". Il souligne les efforts mis en œuvre par la plateforme pour modérer les échanges vidéo mais insiste sur le fait qu'aucune modération n'est parfaite. Dans un entretien publié en 2016, Leif K-Brooks avait déjà déclaré que "Omegle n'est pas fait pour les enfants" et insisté sur la nécessité pour les parents de superviser les activités de leurs enfants sur Internet.

Ce n'est pas la première fois que des dérives de ce type sont observées sur des plateformes utilisées par des adolescents. Outre Chatroulette, des réseaux sociaux comme TikTok ou Yubo et même Instagram ont eux aussi été confrontés à ces comportements à un moment ou un autre de leur croissance, les contraignant à mettre en œuvre des mesures de sécurité et des moyens supplémentaires pour modérer leurs contenus. D'une manière générale sur Internet, aucun système n'est en mesure de garantir une sécurité totale au jeune public. Charge aux parents de bien appréhender ces dangers en amont pour en parler avec leurs enfants.

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