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La "cour suprême" de Facebook va juger le retrait d'une vidéo de soutien au professeur Raoult

L’instance de supervision de Facebook a 90 jours pour juger si le réseau social a eu raison de dépublier ou non cette publication qui faisait la promotion de l’hydroxychloroquine. La structure s'est saisie de cinq autre litiges parmi plus de 20.000 réclamations.

Le professeur Raoult à Marseille, le 26 février 2020.
Le professeur Raoult à Marseille, le 26 février 2020. Crédit : Gérard JULIEN / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

La "cour suprême" de Facebook s'est saisie de ses premiers dossiers. Le Conseil de surveillance de Facebook, une instance interne mise en place en mai dernier pour statuer de manière indépendante sur les problématiques liées à la modération des contenus sur la plateforme, a annoncé mardi 1er décembre qu'elle allait examiner ses six premiers cas pour juger sous trois mois si le réseau social a eu raison de dépublier des contenus litigieux.

Deux de ces six premiers cas sont relatifs à la France. Le premier concerne le Covid-19 et la controverse sanitaire sur le traitement à l'hydroxychloroquine lors du premier confinement. Il s'agit d'une publication dans un groupe Facebook s'indignant de la décision des autorités de ne pas autoriser le remède promu par le professeur Raoult pour traiter l'infection au coronavirus. 

"La vidéo et le texte décrivent un prétendu scandale touchant l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, qui aurait refusé l’utilisation d’hydroxychloroquine et d’azithromycine contre le COVID-19, mais autorisé l’envoi d’e-mails promotionnels sur le remdesivir. L’utilisateur critique l’absence de stratégie sanitaire en France et déclare que "le remède de [Didier] Raoult" est utilisé ailleurs pour sauver des vies", indique le communiqué publié sur le site de l'instance.

Facebook a supprimé le contenu pour infraction à ses règles en matière de violence. Selon le réseau social, la vidéo a été vue environ 50.000 fois et partagée près d'un millier de fois. Contacté par RTL, Facebook n'a pas souhaité préciser si le groupe sur lequel elle a été diffusée avait été fermé par la suite. Facebook a lui-même soumis cette affaire au Conseil de surveillance car il estime que ce cas est symbolique "des défis rencontrés lors de la gestion des risques de préjudices hors ligne pouvant être causés par la désinformation sur la pandémie".

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Les autres cas font suite à des signalements par des internautes. On retrouve parmi eux, la publication de l'ancien premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad qui avait affirmé fin octobre que les musulmans étaient en droit de se venger des Français au regard du passé colonial de la France. Les autorités françaises avaient lu ce message comme un appel à la violence contre les ressortissants français. La publication avait été supprimée de Facebook et de Twitter quelques heures plus tard. 

Les autres cas touchent à la publication de photos de poitrines de femmes montrant des symptômes de cancer du sein retirés par Facebook pour "nudité", une affaire concernant la publication d'une photo d'un enfant décédé et un commentaire sur le sort infligé par la Chine aux Ouïghours, un message contenant une citation présumée de Joseph Goebbels et des photos litigieuses dans le cadre du conflit du Haut-Karabakh.

Au total, plus de 20.000 litiges ont été soumis ces derniers mois au Conseil de surveillance qui a privilégié des cas "pouvant potentiellement toucher de nombreuses personnes à travers le monde, ayant une importance cruciale pour le débat public ou soulevant des questions majeures sur les règles de Facebook".  

Les verdicts rendus par le Conseil d'ici au mois de mars auront valeur de test pour la structure qui doit prouver son indépendance à travers sa capacité à inverser des décisions prises par le réseau social. Cette juridiction particulière est composée de vingt personnalités, dont la présidente de l'ONG Save the Children et ex-première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt et la lauréate du Prix Nobel de la paix Tawakkol Karman.

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