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Facebook papers : 4 choses à retenir des nouvelles révélations qui ébranlent Facebook

De nouvelles révélations mettent en lumière l'incapacité de Facebook à contrôler ses algorithmes et à modérer les contenus haineux et de désinformation dans certaines langues étrangères. Cela n'empêche pas l'entreprise de continuer à engranger des profits.

Le réseau social Facebook (illustration)
Le réseau social Facebook (illustration)
Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

Les jours se suivent et se ressemblent pour Facebook. L'empire de Mark Zuckerberg fait face depuis plus d'un mois à une pluie de critiques basées sur la fuite de milliers de documents internes transmis à la presse américaine et à l'autorité boursière américaine par Frances Haugen, une ancienne ingénieure du groupe américain devenue lanceuse d'alerte. 

Ces révélations accablantes dressent le portrait d'une entreprise cynique, consciente de son influence toxique pour les adolescents et la démocratie, mais qui choisit de ne pas remettre en cause son modèle afin de préserver ses profits.

En proie à la crise de réputation la plus importante de son histoire, quatre ans après l'affaire Cambridge Analytica, Facebook a de nouveau été la cible d'une série d'accusations dans la presse américaine ces derniers jours, mettant en lumière le rôle de la plateforme dans la polarisation des sociétés et l'incapacité des dirigeants de l'entreprise à contrôler la créature qu'ils ont enfantée.

1 - Facebook ne contrôle plus ses algorithmes

Facebook dépassé par ses propres algorithmes, tel est le sentiment qui se dégage à la lecture des nouvelles révélations qui visent le réseau social ces derniers jours. S'appuyant sur des documents internes de l'entreprises, Le Monde révèle ce mardi 26 octobre que des ingénieurs du géant technologique avouent leur incompréhension face aux effets imprévus du code informatique de la plateforme. 

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"En Inde, ce sont des vidéos pornographiques soft qui se retrouvent subitement mises en avant dans l’onglet Watch, sans que personne ne comprenne pourquoi. Aux Etats-Unis, des ingénieurs s’arrachent les cheveux pour comprendre pourquoi certains groupes politiques continuent d’être recommandés aux utilisateurs alors qu’ils ne devraient plus l’être", écrit le quotidien du soir. 

Une ancienne ingénieure de Facebook souligne que ces imprévus se produisent "à chaque fois que les ingénieurs de l'entreprise mêlent personnalisation du contenu et amplification algorithmique, comme dans le fil de Facebook". Interrogé à ce sujet, Facebook admet que ses algorithmes sont devenus "des outils très complexes" mais souligne les efforts entrepris pour les améliorer à la faveur de nombreux sondages effectués régulièrement auprès des utilisateurs pour repérer les problèmes.

2 - Facebook pousse les utilisateurs modérés à la radicalisation

Ce week-end, des médias américains ont également pointé du doigt l'entreprise pour sa propension à exacerber la polarisation politique. D'après des chercheurs employés par la firme, des utilisateurs américains et indiens, aux vues politiques a priori modérées, sont surexposés à des contenus extrémistes ou conspirationnistes.

Dans un rapport interne intitulé "Le voyage de Carol vers Qanon", un chercheur de Facebook a montré comment le réseau social avait poussé un faux compte d'une mère de famille conservatrice à la radicalisation en lui suggérant de rejoindre des groupes dédiés au mouvement extrémiste et complotiste Qanon. 

Même sans suivre ces groupes, son fil d'actualité s'est rempli en à peine une semaine de contenus enfreignant les propres règles de Facebook contre la désinformation. En cause: des algorithmes cherchant à maximiser l'attention des consommateurs, moteur essentiel de la croissance du groupe.

3 - Facebook ne sait pas modérer les contenus en arabe

Lundi, d'autres articles ont accusé le réseau social de céder à la pression des censeurs au Vietnam ou encore de ne pas être capable de réguler les discours haineux dans des pays à haut risque, comme l'Inde, l'Afghanistan ou la Birmanie, faute de connaissances linguistiques nécessaires. 

Selon les documents, le réseau social consacre l'essentiel de son budget modération aux plateformes occidentales et ne met pas les moyens nécessaires pour modérer les contenus publiés en langue arabe, troisième lange la plus parlée sur la plateforme avec plus de 220 millions d'utilisateurs en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. 

Le réseau social manque de modérateurs capables de comprendre les principaux dialectes des pays arabophones. Ils n'en connaissent ni la culture, ni l'histoire et modèrent les contenus venant par exemple du Yemen, d'Irak, ou d'Arabie Saoudite depuis Casablanca au Maroc, voire depuis l'Allemagne. Cette politique de modération plus faible rend Facebook plus vulnérable aux abus dans les pays concernés.

4 - "Nous continuons à faire de l'argent, tout va bien"

Le Washington Post a publié le 22 octobrele témoignage sous-serment auprès de la SEC d'un nouveau lanceur d'alerte qui révèle les mêmes problématiques que celles qui ont été mises en lumière par Fances Haugen dans les arbitrages réalisés par Facebook au profit de sa rentabilité. 

Le quotidien américain raconte que cet ancien membre de l'équipe "intégrité" du réseau a entendu le responsable de la communication de l'entreprise déclarer en 2017, alors que la question de l'ingérence russe dans la présidentielle américaine faisait débat, qu'il ne s'agissait que "d'un feu de paille", que "certains parlementaires vont s'énerver" mais que "dans quelques semaines, ils passeront à autres choses" et "pendant ce temps, nous continuerons à faire de l'argent en coulisse".

Niés par l'intéressé, ces propos font échos à d'autres révélations selon lesquelles les dirigeants de Facebook ont régulièrement sapé les efforts de lutte contre la désinformation et les discours haineux pour ne pas perdre l'attention de ses utilisateurs et altérer sa croissance.

Facebook continue de dégager des milliards de profits

En attendant, la révélation des secrets de Facebook n'empêche pas l'entreprise de continuer à engranger des profits et à satisfaire les investisseurs. Le géant des réseaux sociaux a annoncé lundi 25 octobre qu'il avait dégagé 9,2 milliards de dollars de bénéfices nets au troisième trimestre, soit 17% de plus qu'il y a un an. Mark Zuckerberg a profité de cette communication pour défendre la position de l'entreprise auprès de ses investisseurs.

"Nous assistons à un effort coordonné pour utiliser de façon sélective des documents internes afin de peindre une fausse image de notre entreprise", a déclaré le patron de la plateforme lors d'une conférence téléphonique aux analystes lundi. "La réalité, c'est que les réseaux sociaux ne sont pas les principaux responsables de ces problèmes et ne peuvent pas les réparer tous seuls", a-t-il assuré, soulignant de nouveau les investissements massifs de sa société dans la sécurité, avec 40.000 personnes dédiées et un budget parti pour atteindre les 5 milliards de dollars cette année.

Mark Zuckerberg doit donner jeudi lors de sa conférence annuelle Facebook Connect plus de détails sur la vision de l'entreprise dans le métavers, sa future plateforme de connexion à Internet accessible à l'aide d'un casque de réalité virtuelle ou des lunettes de réalité augmentée, projet dans lequel Facebook compte investir des milliards de dollars dans les prochaines années. Un nouveau nom pourrait être donné à la holding chapeautant les différentes activités de Facebook à cette occasion. Ce nouvel horizon inquiète les détracteurs du réseau social qui y voient une tentative de diversion et craignent que Facebook ne gagne encore plus de contrôle sur les vies de ses 3,5 milliards d'utilisateurs.

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