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Coronavirus : comment vont fonctionner les QR codes à l'entrée des lieux publics

ÉCLAIRAGE - Le gouvernement veut pouvoir suivre la formation des clusters à la réouverture des salles de sport et des restaurants via TousAntiCovid. Le scan de QR codes ne sera pas obligatoire mais les clients des lieux les plus à risque devront au moins se signaler sur les cahiers de rappel.

De nombreux restaurants proposent de flasher un QR code pour accéder à une version numérique de leur menu
De nombreux restaurants proposent de flasher un QR code pour accéder à une version numérique de leur menu Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Le gouvernement prépare la prochaine phase de la cohabitation avec le coronavirus, lorsque la situation épidémique autorisera la réouverture des salles de sport, des restaurants et des autres lieux appelés à accueillir du public mais que la couverture vaccinale ne sera pas encore suffisante pour immuniser une part satisfaisante de la population. 

Un projet de décret est en cours d'examen par le Conseil d'Etat pour apporter des modifications à l'application TousAntiCovid. Révélé par l'agence de presse APM News, le texte ouvre la voie à l'installation de QR codes à l'entrée de certains lieux publics considérés comme à risque par les autorités. 

L'objectif est de permettre aux utilisateurs de TousAntiCovid d'y enregistrer leur présence en scannant ces codes-barres avec la caméra de leur téléphone pour être avertis par la suite s'ils ont été au contact d'une personne infectée par le coronavirus durant leur visite. Ce dispositif est déjà utilisé par différents pays pour lutter contre l'épidémie, notamment au Royaume-Uni et à Singapour.

Une alternative aux cahiers de rappel

Joint par RTL, le cabinet du secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O indique que la mesure vise en particulier les bars et les restaurants, dont la réouverture n'est pas envisagée avant plusieurs semaines, mais aussi les salles de sport, qui pourraient à nouveau accueillir du public d'ici un mois avec des masques dédiés, comme l'a annoncé la ministre des Sports Roxana Maracineanu sur RTL mardi. 

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Cette nouvelle fonctionnalité de l'application TousAntiCovid doit être entérinée dans les prochains jours en vue d'une publication au Journal officiel avant la fin du mois de janvier, rapporte Le Monde. L'objectif est que les QR codes puissent être disponibles dès que les lieux publics à risque seront en situation de rouvrir.

Le gouvernement présente ce système comme une alternative aux cahiers de rappel mis en place dans les restaurants cet automne, dans lesquels les clients étaient invités à renseigner leurs coordonnées pour être contactés si une personne ayant visité l'établissement aux mêmes heures venait à se déclarer malade les jours suivant.

Les QR codes seront mis à disposition de tous les lieux accueillant du public qui le souhaitent mais ils ne seront pas obligatoires. Les lieux considérés les plus à risque auront l'obligation de recueillir le signalement de leurs clients. Mais ils pourront aussi le faire avec les cahiers de rappel physiques ou numériques. "Ce n'est pas l'application qui sera obligatoire mais le fait de se signaler", explique le cabinet de Cédric O.

Le gouvernement fera cependant la promotion des QR codes "plus faciles à utiliser pour les restaurateurs et pour les gens et plus respectueux de la vie privée". "Ce n'est pas une mesure contraignante supplémentaire mais un outil au service de la réouverture des restaurants. C'est quelque chose qui est discuté depuis longtemps avec les syndicats de l'hôtellerie et de la restauration", assure le secrétariat d'Etat au Numérique.

Deux degrés d'alerte : risque modéré et risque élevé

Cette nouvelle fonctionnalité représente une évolution importante de l'application de traçage de contacts gouvernementale lancée début juin lors du premier déconfinement pour maîtriser la progression de l'épidémie. 

Le système repose sur le même protocole centralisé que le traçage de contacts en Bluetooth. En scannant un QR code, un utilisateur s'enregistre dans l'application d'un établissement visité sous la forme d'un identifiant pseudonymisé avec une date et une heure approximative de sa visite. 

Si un autre utilisateur se déclare malade dans l'application après avoir visité le même lieu dans la même plage horaire, les autres identifiants enregistrés durant cette période seront envoyés vers le serveur central pour prévenir les utilisateurs présents à ce moment-là. 

Deux degrés d'alerte sont envisagés. Le risque sera dit "modéré" si une seule personne se déclare malade dans l'application pour un lieu et une plage horaire donnée. Les autres utilisateurs seront alors invités à surveiller leurs symptômes. 

A partir d'un certain nombre de personnes se déclarant malades sur une même période en revanche, le risque sera considéré comme "élevé" et les autres utilisateurs recevront une notification classique de contact tracing les invitant à se faire dépister. 

La liste des lieux à risque pas encore finalisée

Le gouvernement n'a pas encore arrêté la liste des établissements concernés par cette mesure. La définition des lieux considérés les plus à risque, comme les salles de sport, les restaurants et les bars, et ceux présentant un risque moindre est en train d'être finalisée en lien avec Santé Publique France sur la base de différents critères comme la capacité d'accueil, la superficie et la ventilation.

"On ne va pas traiter de la même manière un restaurant de 30m2 et un établissement de 3.000 m2 comme la Felicita de Station F qui peut être assimilée à un grand magasin dans lequel les gens ne portent pas toujours le masque", explique le cabinet de Cédric O.

Le projet de décret, publié dans le dernier avis du comité de contrôle et de liaison de TousAntiCovid début janvier, évoque "les espaces clos" et les lieux "accueillant plusieurs personnes comme un établissement recevant du public ou dans un moyen de transport". Mais les QR codes ne devraient pas être utilisées dans les transports en commun où le gouvernement s'en remet au système de traçage initial en Bluetooth de TousAntiCovid.

Le public sera sensibilisé aux risques de piratage

Le gouvernement se veut rassurant en matière de protection des données et assure qu'il ne sera pas possible de remonter jusqu'à l'identité d'un utilisateur car seul des identifiants cryptographiques seront stockés sur les serveurs. La Cnil aurait déjà évalué le projet sans réserves. Jointe par RTL, la commission indique qu'elle publiera son avis lorsque le décret sera publié au Journal officiel.

En lien avec l'ANSSI, le gouvernement surveille aussi de près le risque de piratage inhérent aux QR codes. Les experts ont démontré que l'explosion des usages liés à cette technologie suscitait la convoitise des cybercriminels qui cherchent à en tirer profit en remplaçant des codes légitimes par des codes malveillants. Il est en effet quasiment impossible de repérer un code piraté avant de l'avoir ouvert. Le cabinet de Cédric O promet que le public sera sensibilisé à ces dangers.

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