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Comment le gouvernement souhaite réduire la facture environnementale du numérique

Favoriser les achats d'occasion et la location, donner plus d'information au public, réduire la consommation d'énergie des centres de données... En réponse aux préoccupations de la convention citoyenne, le gouvernement a présenté sa feuille de route pour faire converger l'exigence environnementale et le développement du numérique.

100 millions de téléphones dorment dans les tiroirs des Français
100 millions de téléphones dorment dans les tiroirs des Français Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Le gouvernement a présenté mardi 23 février sa feuille de route "numérique et environnement" conçue par les cabinets du secrétaire d’État au Numérique Cédric O et de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili après plusieurs mois de concertation avec les acteurs du secteur.

Après la présentation d'une première série de mesures cet automne, le document liste les actions à travers lesquelles le gouvernement entend faire converger le numérique avec l’exigence environnementale conformément aux attentes formulées par la convention citoyenne pour le climat en juin 2020.

"Le numérique fait partie notre quotidien : il a beaucoup à apporter à la transition écologique, mais il a aussi une empreinte environnementale qu’il faut maîtriser, dans un contexte de forte hausse des usages. La feuille de route du Gouvernement vient définir un cadre d’action concret pour répondre à cet enjeu, qui a été notamment exprimé par la Convention citoyenne pour le climat", souligne Barbara Pompili dans un communiqué.

Les autorités ne comptent pas agir directement sur le terrain de la réglementation. À travers une quinzaine de mesures, l'idée est plutôt d'informer le public en mesurant plus précisément l'impact du numérique et d'inciter les acteurs de la filière et les consommateurs à favoriser des usages plus durables.

Un baromètre pour mesurer l'impact réel de la filière

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Le gouvernement souhaite d'abord mesurer l'impact environnemental réel de la filière afin de dispose de données suffisamment précises pour l'objectiver. Cette évaluation passera par une analyse de l'intégralité du cycle de vie des produits et la constitution d'une base de données partagées. 

Dans cette perspective, la création d'un baromètre environnemental des acteurs du numérique sera confiée à l'Arcep en lien avec l'Agence de la transition écologique pour assurer une transparence rapide sur les effets réels des stratégies environnementales des acteurs de la filière du numérique. 

La base sera alimentée par une collecte annuelle obligatoire de données environnementales auprès des opérateurs télécoms et des fabricants de produits. Une étude va aussi être lancée sur le développement des objets connectés dans notre quotidien.

Favoriser l'achat de seconde main et la location

Le gouvernement entend réduire l'empreinte environnementale du numérique en soutenant l'émergence de pratiques plus sobres. Il s'agit par exemple de continuer de favoriser le développement du secteur du reconditionnement, pourtant sous la menace d'une nouvelle taxe, en poussant les opérateurs à inciter les Français à donner une seconde vie à leurs appareils usagés. Les autorités vont aussi soutenir la filière par des commandes publiques. Un objectif d’achat de 20% de téléphones fixes et portables et de matériel informatique reconditionnés ou de seconde main dans les services de l’État sera imposé.

En parallèle, l’Arcep va être saisie pour réfléchir à l’impact des pratiques commerciales des opérateurs télécoms, comme l’achat subventionné qui incite à changer plus souvent d’appareil. L’idée serait de privilégier à la place des pratiques vertueuses comme la location, qui impliquerait de restituer son téléphone en cas de changement de modèle.

Le gouvernement souhaite aussi lancer une campagne de sensibilisation à destination des Français pour mettre en avant les pratiques numériques moins polluantes. Les consommateurs seront également orientés vers des modèles plus durables à la faveur de l'indice de réparabilité, mis en place en début d'année pour indiquer avant l'achat à travers une note sur 10 si un appareil électronique sera facilement réparable ou non.

Plus d'environnement dans les futures enchères 5G

La réduction de la facture environnementale liée aux usages passe aussi par l'allègement de la consommation énergétique des centres de données français, qui engloutissent environ 10% de la production électrique du pays, avec un objectif de -40% d’ici à 2030, -50% en 2040 et -60% à horizon 2050.

La France entend également soutenir les entreprises green tech à fort potentiel avec un fonds d’aide de 300 millions d’euros alloué au développement de solutions innovantes au service de la transition écologique autour de la 5G et des réseaux du futur, dans le cloud notamment.

Enfin, le gouvernement va adresser une lettre de cadrage à l’Arcep lui demandant de prendre en compte les enjeux environnementaux, comme la consommation énergétique des antennes, dans les critères d’attribution des fréquences 5G de la bande 26 GHz, les plus prometteuses pour les nouveaux usages de la 5G, encore au stade de l’expérimentation pour l’heure.

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