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Attestations de sortie sur smartphone : pourquoi le gouvernement a fait marche arrière

Depuis que le formulaire était obligatoire pour quitter son domicile en période de confinement, les arnaques se sont multipliées en ligne pour profiter de la confusion. Seules les attestations imprimées ou reproduites sont désormais autorisées.

Les Français doivent présenter une attestation imprimée ou écrite à la main pour quitter leur domicile en période de confinement
Les Français doivent présenter une attestation imprimée ou écrite à la main pour quitter leur domicile en période de confinement Crédit : AF¨
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Changement de cap au gouvernement. En quelques heures, le ministère de l'Intérieur a fait volte-face sur la question de l'attestation dérogatoire de sortie, obligatoire depuis mardi midi pour justifier tout déplacement de son domicile en période de confinement, quitte à rajouter un peu plus de confusion à la crise sanitaire actuelle. 

Mise à jour du 2 avril : le gouvernement a finalement annoncé le lancement d'une application permettant de présenter le document sur son smartphone à compter du 6 avril.

Contrairement à ce qu'affirmaient le ministère de l'Intérieur et la gendarmerie nationale mardi, les seuls formulaires valables sont ceux qui sont imprimés ou reproduits sur papier libre. Comme nous l'a expliqué le ministère de l'Intérieur, ce changement de ton a été motivé par la prolifération des arnaques en ligne essayant de surfer sur les inquiétudes de la population en cette période de confinement.

Mardi soir, de nombreux internautes ont partagé des outils proposant de générer facilement ce fameux sésame d'une dizaine de lignes sans avoir à l'imprimer ou le coucher sur papier libre. Certains d'entre eux sont en réalité des aspirateurs à données, hébergés dans des paradis fiscaux, qui recueillent des informations personnelles comme le nom, l'adresse, la date de naissance et une signature numérique qui peuvent être utilisées ensuite pour monter des tentatives de phishing et usurper des identités. 

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La Commission nationale informatique et libértés (Cnil), qui veille au respect des libertés et de la vie privée en ligne, a mis en garde mercredi matin contre ces outils et conseillé d'imprimer ou de recopier l'attestation pour s'en prémunir. La gendarmerie des Yvelines a également alerté les internautes contre un site faisant payer jusqu'à 100 euros une attestation de déplacement.

Le développement d'une application finalement écarté

Le Premier ministre Christophe Castaner a confirmé mercredi soir les trois raisons qui ont motivé le rétropédalage du gouvernement. Outre le risque pour les données personnelles et la volonté de ne pas inciter les citoyens à sortir de chez eux, le chef du gouvernement a également invoqué les risques de contamination pour les policiers qui auraient dû contrôler les attestations sur des appareils qui peuvent faire office de vecteur de transmission du virus.

Pour ces raisons, le ministère de l'Intérieur écarte finalement la possibilité de lancer une application officielle, contrairement à ce qu'il nous affirmait ces derniers jours. "Il ne s'agit pas de faciliter la vie des Français qui veulent sortir le plus librement possible, voire même de quelqu'un, qui serait un peu geek et qui pourrait prendre son téléphone, voyant le policier, et vite télécharger l'application pour faire une déclaration rapide", a expliqué le ministre. Le gouvernement veut rendre ces démarches fastidieuses pour limiter les déplacements.

Pour les autorités, le bon respect des restrictions de déplacements en période d'urgence sanitaire, et la protection des données des citoyens, priment donc sur l'impact écologique des formulaires et le confort des personnes qui ne disposent pas d'une imprimante.

Depuis mardi 17 mars, le confinement est la règle pour tous les Français. Une attestation dérogatoire de sortie doit désormais être remplie pour justifier une sortie de son domicile et effectuer des déplacements essentiels, comme des achats alimentaires dans des commerces de proximité. Les contrevenants s'exposent à une amende de 135 euros pouvant être majorée jusqu'à 375 euros. 

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