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Prédire les chances de survie de personnes atteintes d’un cancer avec une simple photo est-il devenu possible grâce à l'IA ?

Et si une photo du visage apportait des indices sur l’état de santé général ? C’est la piste explorée par des chercheurs américains grâce à l’intelligence artificielle. Ils ont développé un outil pour estimer les chances de survie de patients atteints de cancer. Explications.

Une personne atteinte d'un cancer en consultation

Aline Perraudin

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L’intelligence artificielle est de plus en plus utilisée en médecine. Des chercheurs viennent de développer une IA capable d’estimer les chances de survie de patients atteints de cancer. C’est sérieux et prometteur, même si des recherches supplémentaires sont nécessaires avant d’utiliser cette technologie en pratique courante. Le modèle, baptisé FAHR-Face, a d’abord été entraîné sur plus de quarante millions de photos de visages. Ensuite, les chercheurs américains l’ont affiné en s’appuyant sur des photos de patients, suivis en radiothérapie.

À partir d’une seule photo, le système est capable d’estimer l’âge biologique d’une personne qui, contrairement à l’âge inscrit sur la carte d’identité, reflète l’état de santé réel. Et il peut prédire les chances de survie d’un patient atteint de cancer. Les résultats de ces travaux viennent d’être publiés dans la revue The Lancet Digital Health.

Comment fonctionne exactement ce modèle d’IA ?

Il analyse des zones précises du visage : le front, les tempes, et les sillons nasogéniens, ces plis qui relient le nez aux coins de la bouche, pour évaluer l’âge biologique. Et pour estimer la survie des patients atteints de cancer, il s’intéresse à la région située sous les yeux et autour de l’arête du nez. Les chercheurs ont précisé que la chirurgie esthétique et le maquillage n’affectaient pas la performance de l’outil.

"En consultation, les médecins repèrent déjà des signes de fragilité, souligne le Dr Julien Vibert, oncologue médical à Gustave Roussy, mais l’intérêt de cet outil, c’est d’apporter une mesure potentiellement plus objective et plus fiable".

Si ce modèle est validé de façon prospective, en pratique clinique, il pourrait devenir un outil supplémentaire pour identifier les patients très fragiles, à risque de mal supporter des traitements lourds. Selon le cancérologue, "ce modèle d’IA pourrait aider à adapter l’approche thérapeutique. Il pourrait s’inscrire dans une panoplie d’outils déjà utilisés pour évaluer la robustesse des patients et chercher à savoir si les malades seront capables de surmonter la toxicité des traitements".

Un outil qui pose des questions de confidentialité

Avec des photos analysées par IA, on peut vraiment prédire le risque de mortalité des patients ? L’outil donne une estimation. Il n’est pas fiable à 100%. L’IA évalue le risque à partir de ce qu’elle a appris sur des groupes de patients. Elle ne lit pas un destin individuel sur un visage. Un score défavorable ne devrait jamais, à lui seul, conduire à écarter un traitement.

Cette technologie pose également des questions de confidentialité : une photo du visage permet d’identifier une personne et, ici, sert à déduire des informations sur sa santé. Son utilisation soulève donc des enjeux éthiques et de sécurité. Il faut informer les patients, protéger les images et encadrer leur utilisation.

Et redisons-le, l’objectif de ce modèle, c’est d’aider le médecin et le patient à décider ensemble, pas de laisser une photo décider à leur place.

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