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Sexualité et cancer de la prostate : comprendre les liens
Crédit : RTL
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Plusieurs études ont observé moins de cancers de la prostate chez les hommes qui déclaraient éjaculer souvent. Par exemple, une étude américaine par la Harvard School of Public Health, ayant suivi près de 32.000 hommes, a constaté une réduction du risque de plus de 20% chez ceux rapportant 21 éjaculations ou plus par mois, par rapport à ceux n’en déclarant que 4 à 7.
L’étude, comme les autres d’ailleurs, a mis en évidence une association entre la fréquence des éjaculations et la survenue du cancer de la prostate, mais elle n’a pas démontré de lien de cause à effet. On ne peut donc pas affirmer que le seuil de 21 éjaculations est optimal. Et on ne sait pas non plus si augmenter sa fréquence aujourd'hui change son risque demain.
Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’il y a peut-être un bénéfice à éjaculer souvent, mais pas de protection garantie. Dans les études, les questionnaires incluaient les rapports sexuels, la masturbation et les émissions nocturnes.
La prostate fabrique une partie du liquide séminal, qui une fois mélangé aux spermatozoïdes, va former le sperme. Une des hypothèses serait qu’éjaculer souvent permet d’évacuer régulièrement le liquide prostatique et les substances irritantes et potentiellement cancérigènes qui s’accumulent dans la prostate. Cependant cette idée d'une prostate qu'il faudrait "nettoyer" pour éviter le cancer n’a pas été confirmée.
L’étude comportait aussi des biais pouvant fausser les résultats : les hommes rapportaient eux-mêmes le nombre d’éjaculations qu’ils avaient eu chaque mois et devaient remonter jusqu’à des périodes anciennes. Certains ont très bien pu gonfler leur chiffre. Par ailleurs, leur santé, leurs habitudes ou leur recours au dépistage ont pu influencer les résultats.
Par conséquent, le meilleur conseil à donner aux hommes, ce serait plutôt de garder une sexualité choisie et agréable, sans objectif chiffré ni pression sur les hommes et leur partenaire. Personne n'a à tenir un calendrier sexuel pour sa prostate ! En France, selon l’enquête Inserm publiée fin 2024, les hommes font en moyenne l’amour 6 à 7 fois par mois, et les spécialistes rappellent qu’il n’existe pas de "norme idéale".
En conclusion, on peut dire qu’éjaculer moins souvent ne signifie pas qu'on va développer un cancer. Éjaculer souvent ne dispense pas d'un suivi médical. La question du dépistage, avec un dosage du PSA dans le sang, doit se discuter avec son médecin, selon l'âge, les antécédents familiaux et les autres facteurs de risque.
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