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De l'annonce du foyer d'hantavirus au confinement à l'hôpital : toujours à l'isolement, un couple de Français cas contacts raconte leur périple sur RTL

Julia et Roland Seitre sont confinés à l'hôpital Bichat à Paris depuis environ 30 jours et doivent y rester 42 jours. Ils regrettent de ne pas avoir pu faire leur confinement chez eux, comme c'est le cas dans d'autres pays européens.

Julia et Roland Seitre, passagers du MV Hondius.

Crédit : RTL

Julia et Roland Seitre, passagers du MV Hondius en quarantaine, se confient sur leur confinement "excessif" à l'hôpital

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Marine Langlois

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Ils font partie des cinq Français encore confinés à l'hôpital Bichat à Paris. Julia et Roland Seitre ont été rapatriés en France en mai après qu'un foyer d'hantavirus se soit déclaré sur leur bateau, le MV Hondius. Au micro de Marc-Olivier Fogiel sur RTL ce mercredi 10 juin, le couple raconte tout son périple qui a commencé le 1ᵉʳ avril, au début de leur croisière. Cette dernière devait se terminer le 4 mai mais entre-temps, l'hantavirus a frappé sans que les deux Français ne soient vraiment au courant.

"On apprend que c'est un foyer d'hantavirus, que le 2 mai, pendant toute la croisière, tout le mois d'avril, on n'a pas vu que c'était un foyer d'hantavirus. On a vu qu'il y avait un mort, un homme de 70 ans pendant une petite épidémie de grippe, mais la mort ça arrive, surtout à des gens âgés", raconte Roland alors que Julie ajoute : "L'hantavirus a été identifié le 2 mai au soir. On était déjà au bout de la croisière. Et jusque-là, ce que des gens ont beaucoup de mal à comprendre, la croisière s'est déroulée normalement parce qu'il n'y avait pas un phénomène épidémique majeur."

"On est plutôt rassurés" sur le bateau

Après ce premier mort, une autre femme décède lors d'un transit aérien à Johannesburg, il s'agit de la femme de la première victime. "Dans le même temps, on évacue d'urgence un malade mais on ne sait pas de quoi il est malade. Il y a encore toute une batterie d'examens qui est mise en place et personne ne trouve ce qu'il a", raconte Roland.

Puis le 2 mai, les passagers sont enfin informés qu'un foyer d'hantavirus a été détecté. "On se dit 'ok, il y a un truc grave à bord'. Là encore, on encaisse, mais on n'est pas paniqué parce que si c'était plus grave que ça (…) ce n'est pas quelques personnes à bord qui auraient été contaminées et malades. Ça aurait été la moitié du bateau? Donc, qu'est-ce qu'on fait tous ? On prend nos ordinateurs et on regarde et qu'est-ce que c'est que l'hantavirus", continuent le couple.

Julia et Roland Seitre l'affirment : sur le bateau, l'ambiance reste bonne loin de la panique générale imaginée. "On est plutôt rassurés. On a plusieurs touristes à bord qui sont des médecins d'un peu partout dans le monde et tous disent que ça n'est normalement pas contagieux. Ça n'est contagieux que dans des phénomènes exceptionnels", expliquent-ils. Tous les passagers prennent commencent alors à respecter les normes de l'OMS : port du masque, distanciations aux repas, passer le plus de temps possible dans sa cabine, etc. 

Un confinement à l'hôpital "excessif"

Une fois arrivés en France, Julie et Roland doivent passer 42 jours à l'isolement. Ils ont déjà fait une trentaine de jours pour le moment dans une et même chambre à l'hôpital Bichat à leur demande. "C'est quelque chose qu'on a revendiqué très très haut dès le départ. Quand on a débarqué de l'avion et qu'on nous a dit 'chacun une ambulance', moi j'ai tout de suite exprimé 'va pour l'ambulance, mais dans l'hôpital, c'est non'. Et on n'a pas l'habitude de se séparer", assure Julia Seitre. 

"Tout ce que l'on risquait pour les autres ce n'est rien puisqu'on est ensemble dans la chambre. Les seuls risques qui étaient inhérents à nous-mêmes, c'était qu'on se contamine l'un l'autre. Or, ça faisait déjà cinq semaines qu'on était sur le bateau ensemble, donc ça ne changeait strictement rien", ajoute Roland de son côté. 

Si les deux Français ne peuvent sortir qu'une heure par jour et reste confinés dans la même pièce le reste du temps, ils l'assurent : "Ce n'est pas la prison". Néanmoins, ils ne comprennent pas pourquoi leur confinement n'a pas pu se faire chez eux. "On est les seuls au monde à être confinés dans ces conditions. Dans tous les pays européens, les gens qui étaient sur le bateau sont confinés à la maison depuis le départ. Ils ont fait deux ou trois jours à l'hôpital maximum. Les médecins ont vérifié qu'ils n'étaient pas porteurs du virus, ils sont rentrés chez eux", dénonce Roland qui trouve le traitement qu'ils subissent "excessif". 

Ajoutant : "C'est ce qu'on nous a dit quand nous, on est arrivés. Le ministre, très gentiment, nous a appelés en nous disant 'bon, vous serez trois jours à l'hôpital et après vous serez confinés chez vous'. On ne l'a jamais discuté." Les deux Français ont décidé de tenter de saisir le juge des Libertés avec une seule hâte : sortir de l'isolement pour serrer dans leur bras leur petite-fille.  

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