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Rachat de SFR : Montebourg joue avec les nerfs des marchés en dévoilant des informations confidentielles

Le ministre du Redressement productif a annoncé que Vivendi avait choisir Numericable pour reprendre SFR avant l'annonce officielle. Une déclaration qui fait immédiatement réagir le marché.

Arnaud Montebourg réaffirme sa volonté de faire baisser l'euro
Arnaud Montebourg réaffirme sa volonté de faire baisser l'euro
Crédit : AFP / Kenzo Tribouillard
Marie-Pierre Haddad

Vivendi a "décidé coûte que coûte de vendre SFR à Numericable". Quelques heures avant l’annonce officielle de négociation exclusives entre les deux sociétés, Arnaud Montebourg ministre du Redressement productif lâche une bombe sur la planète des télécoms.
 
Bouygues Télécom était parti grand favori dans le rachat de son concurrent en difficulté, d’où l’importance de l’information divulguée par le ministre. Les réactions des marchés boursiers se font quasi automatiquement. Et l’effet ne cesse de se prolonger sur toute la journée. À 16 heures, l’action Bouygues perd 5,35% à 29,75 euros. Free avec le groupe Iliad encaisse une chute de 4,88% à 199,70 euros tandis que Numericable décolle de 13,26% à 29,90 euros.

Après l’annonce de devin d’Arnaud Montebourg, les internautes réagissent sur Twitter et remettent en cause la phrase d'Arnaud Montebourg. Délit d'initié ou déclaration anodine ?

Un cas de délit d'initié ?

Un délit d'initié consiste à disposer d'informations dont n'ont pas connaissance les autres. Elles peuvent l'avantager lui ou ses proches lors d'une transaction financière.

Ce cas ne peut pas s'appliquer à Arnaud Montebourg qui ne possède pas de participations financières personnelles dans les groupes Vivendi, Numericable Bouygues ou Iliad. Le déclaration de patrimoine du ministre ne montre aucune participation dans ces entreprises, rapporte le Huffington Post, L’État non plus n'est pas actionnaires de ces sociétés.

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Les motivations financières reprochées dans un délit d'initié ne s'appliquent pas dans cette configuration.

Des ministres qui ont affiché leur préférence

Depuis que Vivendi a annoncé vouloir se séparer de SFR, Arnaud Montebourg s'est investi en poussant l'offre de Bouygues Télécom. Sur l'antenne de RTL, le ministre du Redressement productif avait notamment révélé le contenu d'une correspondance avec Martin Bouygues. Il s’est montré favorable à un rachat de SFR par Bouygues.

"La concurrence par la destruction s'arrêtera si nous revenons à trois opérateurs mobile tout en maintenant des prix bas. Elle ne s'arrêtera pas si Numericable conquiert SFR, puisque la concurrence restera à quatre dans le mobile. Au final, soit Free soit Bouygues, sera à ramasser à la petite cuillère avec des milliers d'emplois perdus", a-t-il expliqué dans un entretien au Parisien.
 
Autre intervention profitable à Bouygues : Pierre Moscovici, le ministre de l’Économie, a souligné que l’emploi et l’intérêt du consommateur seraient au centre de la bataille, sur BFMTV. Or, Numericable propose une offre de rachat tandis que Bouygues propose un projet de fusion en soulignant qu’aucun licenciement n’est prévu.

L'action d'Arnaud Montebourg n'a rien d'illégal à proprement parler, mais le marché boursier étant volatile et dans l'incertitude face à la décision de Vivendi, ses propos ont évidemment eu un écho.

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