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Violences policières : pourquoi le gouvernement joue l'apaisement

ÉDITO - Après les rassemblements contre le racisme et les violences policières de ces derniers jours, le gouvernement ne veut pas rajouter de l'huile sur le feu.

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Violences policières : pourquoi le gouvernement joue l'apaisement Crédit Image : Francois Mori / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Youen Tanguy

Après la manifestation illégale contre les violences policières à Paris, le gouvernement a parlé d’apaisement. Pourquoi ces mots ? Parce que nous ne pouvons pas ouvrir un nouveau front de contestation. Parce qu’après les "gilets jaunes", après les grèves contre la réforme des retraites, après le Covid-19, le pays a déjà assez souffert de la chienlit en moins de trois ans. Il serait pas mal que le quinquennat ne se résume pas à une suite de crise. Que le gouvernement en soit à l’origine ou pas. 

Ni Christophe Castaner ni son secrétaire d’état Laurent Nunez ne s’attendaient à une telle mobilisation. Ils ont sous-estimé la force des événements. Ce qui s’est passé aux États-Unis, même si nos situations sont très différentes, ravivent la colère chez nous. Et le fait de nier des violences policières ne fait pas disparaître le sujet. Au contraire même, ça alimente les plus contestataires.

Autre élément : après trois mois de discipline avec le confinement, la privation de libertés, les injonctions, les interdictions de manifester, tout cela est plus difficile à imposer. 

Du réalisme de la part du gouvernement ?

Si la manifestation portait contre les violences policières mardi, elle agrège potentiellement diverses sources de protestations. Des ministres s’inquiètent, depuis longtemps, d’un possible soulèvement dans les quartiers ou les banlieues. Les premières lignes pendant la crise du Covid-19 et ceux qui perdent leur travail les premiers habitent en périphérie. 

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La jeunesse est aussi particulièrement sensible aux questions de discriminations. Enfin, les mauvais rapports avec la police, le maintien de l’ordre à coups de LBD, tout cela réveille les souvenirs des "gilets jaunes". Quartiers, jeunesse, "gilets jaunes" : c’est un cocktail qu’il ne faut surtout pas allumer. 

Éviter le départ d'incendie

Christophe Castaner, mercredi, a pris la mesure du risque d’embrasement. Après sa réaction à chaud, mauvaise comme d’habitude, lui qui refusait de parler de violences policières a promis une sanction pour chaque faute, chaque mot raciste. Certains vont dénoncer la faiblesse de l’exécutif, ses petits arrangements avec des minorités. Des syndicats de police estiment qu’avec ce rappel à la loi, ils sont lâchés par leur ministre. 

Mais si le pays s’embrase à nouveau, ils diront quoi ? Qu’après avoir joué les pyromanes ils sont de très bons pompiers ? Et sur le plan politique ? C’est aussi facteur de division et d’inquiétude ? 

Instrumentalisation du racisme

Il y a ceux qui la violence excite : Jean-Luc Mélenchon dans un texte sur les réseaux sociaux s’est réjoui de ce qui se passe aux États-Unis. Le leader de la France Insoumise y voit "une gilet-jaunisation de l’Empire, première saison de l’après Covid-19 qui ouvre la crise sociale monstrueuse qui va déferler". Rien de moins. 

Marine Le Pen lui a répondu , déplorant ceux qui expriment le souhait "d’importer ces guerres raciales sur le territoire national". "Guerre raciale" pour la présidente du Rassemblement National, c’est l’autre danger de ce qui se passe. 

Une instrumentalisation du racisme, de part et d’autre. Les indigénistes contre l’extrême droite. L’un servant les intérêts des autres et inversement.Tout cela ne fait qu’attiser les haines. Les pompiers pyromanes ont besoin que ça brûle.

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