2 min de lecture Terrorisme

Une nouvelle loi antiterroriste… pour surveiller tout le monde

ÉDITO - En quatre ans, 36 projets d'attaques terroristes ont été déjoués. Cette nouvelle loi antiterroriste devrait permettre de pérenniser des mesures qui relevaient jusqu'ici de l'état d'urgence.

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Une nouvelle loi anti-terroriste...pour surveiller tout le monde Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Marie Gingault

Une nouvelle loi antiterroriste sera présentée en Conseil des ministres ce mercredi matin par Gérald Darmanin, le ministre de l’intérieur. La tentation est grande de se dire ce matin : encore une loi antiterroriste, une, tous les un an et demi, en moyenne. Les dernières dataient de 2017 et de 2020. 

La tentation est grande de se dire que c’est "encore" une loi antiterroriste, de l’agitation politique. Sauf qu’il ne faut pas oublier de regarder ce qu’il y a dedans et se demander à quoi ça sert. Rappelons que nous en sommes à plus d’une vingtaine de lois antiterroristes en 30 ans. En effet, c’est une double course : l’émotion énorme se transforme en pression sur le politique au pouvoir. "Mais enfin, que faites-vous pour nous protéger ?".

Et cette pression pousse, ou offre l’opportunité de pousser, un peu plus loin à chaque fois l’arsenal de lutte contre le terrorisme. Un arsenal qui peut servir, au passage, à d’autres choses. C’est une course sans fin, puisque la lutte antiterroriste n’est jamais récompensée politiquement. Puisque, plus elle est efficace, moins elle se voit.

Toutes les données des Français stockées pendant un an

Au total, 36 projets d’attaques ont été déjoués ces quatre dernières années, mais ce sont les attentats que nous retenons. Concernant la loi présentée ce mercredi, ce sont surtout des mesures, qui relevaient de l’état d’urgence, qui vont être pérennisées. Il y a les perquisitions administratives, c’est-à-dire qui ne sont pas décidées par un juge d’instruction. Elles avaient été mises en place, initialement, au lendemain du 13 novembre 2015 et ce, pour une durée de trois jours. 

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Même chose pour les assignations à résidence. La surveillance des islamistes qui sortent de prison va être rallongée d'un à deux ans. Une autre mesure vise les lieux de radicalisations, pas seulement les mosquées. Tout cet arsenal doit prévenir de nouveaux attentats. Sauf que les derniers commis à Rambouillet, Conflans-Sainte-Honorine, Nice, Romans-sur-Isère, n’avaient jamais été repérés par les services de renseignements. 

La dérive islamiste de ces terroristes isolés, sans aucun lien avec Daesh, était perceptible sur les réseaux sociaux. D’où l’idée d’utiliser des algorithmes, des analyses, qui vont tenter de détecter, par la consultation de sites, par les messages échangés, des comportements suspects. Mais pour ça, il faut surveiller tout le monde. 

Toutes vos consultations internet, les traces de vos appels téléphoniques, les activités sur votre téléphone portable, tout est collecté en permanence et stocké. Tout, pour tous les Français, pendant un an. La France a défendu cette exception qui fait tiquer l’Europe, au nom de sa sécurité nationale. Les services antiterroristes, comme les services d’enquêtes, sont devenus complètement accros à ces données massivement collectées. Nous ne nous habituerons heureusement jamais au terrorisme, nous nous habitions malheureusement très bien à la surveillance généralisée

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