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Transports, végétalisation, sécurité : le bilan des nouveaux maires écolos

DÉCRYPTAGE - Trois mois après la "vague verte" qui a porté les écolos dans les mairies de plusieurs grandes villes françaises, RTL enquête sur leurs premières mesures plus ou moins réussies.

Yves Calvi_ 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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Transports, végétalisation, sécurité : le bilan des nouveaux maires écolos Crédit Image : GUILLAUME SOUVANT / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Marie-Bénédicte Allaire
Marie-Bénédicte Allaire et Philippe De Maria

À Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Tours, Besançon, Grenoble, Annecy, les Verts ont désormais les clefs de la ville. 90 jours après leurs prises de fonction, quel premier bilan peut-on en tirer ? 

On les attendait sur la réduction de la place de la voiture en ville, qu’en est-il ? Partout, on crée des pistes cyclables. À Tours, le pont Wilson est livré aux vélos. Dans la métropole lyonnaise, un réseau de 450km devrait voir le jour à terme. L'autre levier de cette politique, ce sont les transports publics gratuits, comme à Strasbourg pour les jeunes et pour tous les habitants lors des pics de pollution.

Les villes sont-elles plus végétales ? Pas encore. À Besançon, où les arbres ont beaucoup souffert des sécheresses successives, Anne Vignot attend un diagnostic du sous-sol, avant de commencer à replanter. Les potagers éphémères surgis cet été sont qualifiés de démagogie par le droite. À Poitiers, Léonore Moncond’huy va planter un arbre pour chaque naissance. 

Alimentation, égalité et finances

Et l'alimentation ? Les circuits courts sont le credo des maires écolos mais à Annecy, François Astorg cherche encore le biais juridique pour parvenir à bloquer l’installation d’un McDo. Autre marqueur écolo, l'égalité entre les femmes et les hommes. À Lyon, c’est une adjointe qui détient le poste crucial des finances. 

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Tandis qu’un homme s’occupe de la petite enfance. Le prochain budget municipal sera bâti pour promouvoir systématiquement la place des femmes. Exemple : des cours d'écoles aménagées pour que les garçons n’accaparent pas tout l’espace avec le foot.

Quid des capitaux privés ?

Les maires écolos se méfient des capitaux privés. Jeanne Barseghian refuse que Strasbourg devienne capitale européenne de la démocratie, faute de connaître l'origine des fonds venant du privé. À Tours, la ville va arrêter de subventionner Ryan Air. À Bordeaux, à l'inverse, Pierre Hurmic voudrait bien arrêter de financer le club des Girondins avec l'argent public, mais le peut-il ?

Donc trois mois après leur élection quels sont les premiers enseignements ? Tous ces maires ont voulu frapper les esprits pour qu'on ne doute pas de leur volonté de changement. Mais il faut du temps pour modifier en profondeur les choses et de la diplomatie pour le faire accepter. À vouloir parfois faire leurs preuves trop vite, certains ont pris le risque de l'incompréhension et de se faire traiter par leurs adversaires de "khmers verts".

Focus sur Bordeaux

À Bordeaux, le nouveau maire Pierre Hurmic s'est fait connaître pour avoir renoncé au sapin de Noël. En 90 jours, a-t-il fait autre chose que de créer des polémiques sur les arbres morts ? Cette expression le poursuit. C'est un peu aussi grâce à ses mots qu'il a émergé dans le débat public. Pierre Hurmic assume cette décision et il tente de passer à autre chose. Photovoltaïque, verdissement de Bordeaux, il doit rapidement dérouler son programme. 

Enjeu majeur, les déplacements. Sur les boulevards de nombreux tronçons sont désormais réservés aux bus et aux vélos. Ce dossier fait bondir Nicolas Florian, l'ancien maire LR. "Les pistes cyclables, ça été dur à faire accepter à nos concitoyens pendant le confinement", ajoute-t-il. 

Une écologie pragmatique

Pierre Hurmic, maire de Bordeaux
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La nouvelle municipalité est attendue sur la sécurité. Depuis des mois, des agressions violentes au couteau et à la machette ont lieu la ville, notamment le quartier populaire de Saint-Michel. Un quartier populaire devenu une zone rénovée mais gangrenée par le trafic de drogue. "Ce sont des bagarres, cinq cambriolages en dix ans, des dealers qui viennent se faire soigner de coups de couteau (...). Dans un état républicain comme la France, c'est inconcevable, il y a un vrai ras-le-bol", dénonce Sabine Immer, pharmacienne dans le secteur.

Amine Smihi, adjoint au maire à la sécurité, assure que la municipalité prend des mesures : "Nous créons une brigade VTT, nous renforçons la brigade motard, nous nous dotons d'une brigade cynophile car c'est important de sécuriser les interventions de nos agents". Le maire lui-même assume ce positionnement : "Je suis favorable à une écologie pragmatique (...) qui permet aux gens de vivre en sécurité". Mais embaucher des policiers municipaux est un casse-tête pour les communes, d'autant plus dans une municipalité qui ne veut toujours pas armer ses agents, pour ainsi garder son ADN verte.

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